Total annonce que l'armée birmane ne recevra plus de versements liés à l'exploitation d'un gazoduc

Accusé de financer la junte militaire birmane, Total a annoncé mercredi 26 mai la suspension des versements de dividendes aux actionnaires d'un gazoduc qu'il exploite. Le groupe pétrolier a précisé qu'il allait continuer ses opérations en Birmanie, mais qu'il respecterait les sanctions internationales si elles venaient à être prises.

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Total annonce que l'armée birmane ne recevra plus de versements liés à l'exploitation d'un gazoduc
Total est accusé d'avoir opéré un montage financier en Birmanie. /Photo prise le 8 février 2021/REUTERS/Sarah Meyssonnier

Les actionnaires d’un gazoduc exploité par Total en Birmanie, parmi lesquels figure une entreprise contrôlée par l’armée du pays, vont cesser de percevoir des dividendes. « Compte tenu du contexte instable au Myanmar, suite à une proposition conjointe par Total et Chevron lors de l’assemblée générale de Moattama Gas Transportation Company Limited (MGTC) du 12 mai dernier, toutes les distributions aux actionnaires de cette société ont été suspendues », explique le groupe dans un communiqué publié mercredi 26 mai.

Un montage financier

MGTC est propriétaire du pipeline qui achemine le gaz provenant du gisement de Yadana jusqu’à la frontière entre le Myanmar et la Thaïlande. Détenant 31,24 % du capital, Total est le premier actionnaire de cette société en plus d'être l'opérateur du gisement. Les autres actionnaires de MGTC sont l’américain Chevron (28,26%), le thaïlandais PTTEP (25,5%), et l’entreprise publique birmane MOGE (15%), contrôlée par les militaires.

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Début mai, le journal Le Monde affirmait que la MGTC, basée aux Bermudes, se trouvait au cœur d'un montage financier complexe utilisé par le groupe pétrolier et ses partenaires depuis les années 1990. Il aurait permis aux militaires au pouvoir en Birmanie de détourner des caisses de l’Etat des centaines de millions de dollars provenant des ventes du gaz produit dans le pays.

Une électricité « indispensable aux populations »

Total a réfuté ces accusations et réitéré mercredi son souhait de poursuivre son activité dans le pays, malgré le coup d'Etat de la junte militaire qui réprime violemment le mouvement pro-démocratie. « Total continue d’opérer le champ de Yadana de façon responsable, en maintenant la production de gaz dans le cadre des lois en vigueur, afin de ne pas interrompre la fourniture d’électricité qui est indispensable aux populations du Myanmar et de la Thaïlande », détaille le communiqué.

Le groupe affirme condamner « la violence et les abus des droits humains » et assure qu’il respectera toute décision qui pourrait être prise par les organisations internationales ou nationales compétentes, « y compris les sanctions applicables imposées par les autorités européennes et américaines ».

Deux jours avant l'assemblée générale

De nombreuses organisations avaient demandé en mars à Total de suspendre ses paiements à l'État, contrôlé par l'armée depuis le 1er février. En avril, le PDG Patrick Pouyanné avait annoncé que le groupe avait décidé de verser à des associations qui travaillent pour les droits humains en Birmanie l’équivalent des taxes qu'il serait amené à payer à l’État birman à l'avenir.

La date choisie pour suspendre les dividendes versés à la junte militaire ne semble pas le fruit du hasard : l'assemblée générale de Total se tiendra le 28 mai. Celle-ci devrait faire l'objet de vives tensions, plusieurs actionnaires ayant déjà annoncé qu'ils voteraient contre la stratégie climatique du groupe, jugée insuffisante.

Avec Reuters (Hayat Gazzane)

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