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Bilbo, le robot qui veut réindustrialiser la France

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Publié le , mis à jour le 24/02/2014 À 17H57

Tribune Pour cette nouvelle tribune, le président de la CFE-CGC Métallurgie Gabriel Artero prend le pari que la réindustrialisation peut se faire grâce à la montée en puissance de la robotisation à condition que celle-ci soit accompagnée. En n’opposant plus homme et robot dans les logiques industrielles.

Bilbo, le robot qui veut réindustrialiser la France © Philippe Schaff

Bilbo prend son poste dès potron-minet ce lundi matin. C’est un employé sans histoire. Il obéit aux exigences de son employeur sans rechigner : il passera l’aspirateur dans les moindres recoins, il repassera et surveillera les alentours de la maison. A l’usine, travailleur modèle, il agit avec dextérité et précision pour les travaux les plus exigeants et les plus difficiles. Il ne fait jamais grève, obéit aux ordres de son chef d’équipe et sait dire merci ! Bilbo n’est pas un humain, mais un humanoïde. Robot évolué, Bilbo est même capable "d’apprendre" de son environnement. La fiction, peu à peu, fait place à la réalité !

34 500 robots

Robin Rivaton, consultant au sein de la fondation Fondapol, dans son étude "Relancer notre industrie par les robots", indique que la France a connu une position très forte de son parc d’automatisation et de robotisation dans les années 1990.  Pourtant, elle n’a cessé, durant ces dernières années, de perdre du terrain.

Ses 34 500 robots avec une moyenne d’âge élevée sont à comparer aux 62 000 de l’Italie, aux 150 000 de l’Allemagne. Le Japon, la Corée du Sud, l’Allemagne et même l’Italie, eux, ont bien compris la nécessité de robotiser leur outil industriel. Cette approche, loin de fragiliser l’emploi comme on pourrait le penser à priori, peut, au contraire, si on le rapporte à la part de l’industrie dans le secteur marchand et à la densité de son parc de robotisation, le favoriser. Comme le note Etienne Dombres, directeur de recherche au CNRS, "la robotique figure parmi les secteurs d’activité qui vont le plus se développer dans les décennies à venir".

Des robots humanoïdes

Filière d’avenir mise en avant par le ministère du redressement productif à travers le plan France Robots initiatives, la robotique est au croisement des secteurs de l’électronique, du logiciel embarqué, de l’intelligence artificielle… et va s’emparer de tous les domaines de l’agriculture à la santé en passant bien sûr par l’industrie.

Nous sortons de l’ère de l’automatisation pour rentrer dans celle des robots intelligents, à l’image d’Airbus qui vient d’introduire le premier robot humanoïde collaboratif, dans son usine de Puerto Real près de Cadix (Espagne). Une robotique appliquée à l’industrie serait-elle alors le remède à la destruction des emplois ?  Homme ou robot, cette dualité n’est pas paradoxale pour autant.

Dans la filière automobile par exemple, la plateforme - qui a pour mission de définir et mener les actions contribuant au renforcement de la filière automobile française - fait de la robotisation l’une des voies d’amélioration et de la consolidation de la productivité du secteur de la sous-traitance.

Les PME-PMI n’auraient-elles pas, elles aussi, intérêt à s’équiper d’un parc robotique performant ? La faiblesse d’acteurs industriels en robotique constaté sur notre territoire ne doit pas être un frein pour se lancer ce défi. Bien au contraire, car les laboratoires français occupent le troisième rang mondial en termes de publications. Il faut donc renforcer les espaces de R&D afin de traduire l’excellence française des acteurs du domaine pour une technologie industrielle appliquée. En un mot, rapprocher l’académique du pratique.

Homme et robot réconciliés

La montée en puissance de la robotisation changera, à coup sûr, les logiques de production. Elle peut inquiéter par le risque de destructions d’emplois peu qualifiés. Mais n’est-ce pas là le pari d’une transition vers une industrie à plus forte valeur ajoutée ? Comme toujours, elle doit s’accompagner en douceur. Des formations de plus en plus qualifiantes ou une gestion des emplois et des compétences maîtrisée en sont les clés.

Dès lors que, sur l’autel de la ré-industrialisation, l’homme et le robot ne s’opposeront plus, alors nous pourrons franchir de nouveaux espaces. La "cobotique", cette robotique collaborative à la frontière entre les sciences cognitives (description du comportement), de la biomécanique (modélisation du comportement) et de la robotique (production de comportement) aura alors toute sa place.

Répondant ainsi à des solutions industrielles innovantes, pour des tâches difficiles et pénibles, nous pourrons alors voir cohabiter l’homme et le robot, dans un même environnement industriel.

Gageons que la France a le moyen de gagner ce pari !

Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie

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