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COP21

Bilan, top, flop… ce qu’il faut retenir de la neuvième journée et suivre aujourd’hui

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Ce neuvième jour de la COP21, les négociations climatiques sont retournées dans l’environnement feutré des tractations diplomatiques pour laisser plus de place aux évènements de la société civile et du secteur privé. Ainsi, les femmes étaient à l’honneur au Bourget pour leur rôle d’alerte. A Paris, les électriciens européens se sont réunis pour appeler à mettre en place un prix du carbone. A Bruxelles, on a même cru qu’une taxe sur les transactions financière allait voir le jour pour financer le climat.

Aujourd’hui, en marge des négociations climatiques au Bourget (Seine-Saint-Denis), ce sont les femmes qui étaient à l’honneur. Plusieurs conférences faisaient état de leur place et de leur rôle pour témoigner des effets néfastes du réchauffement et mobiliser les populations sur ce thème.

Loin de n’être que des mots, des intervenants témoignaient que dans les pays pauvres où les femmes sont en charge d’aller puiser l’eau et de cultiver des terres, le réchauffement est une réalité quotidienne.

A cette occasion, les Nations-Unies ont distingué quatre projets menés par des femmes pour lutter contre le changement climatique.

A savoir "Fostering Clean Production" en Colombie pour améliorer l’impact du secteur de la construction, "Harvesting Geothermal Energy" au Salvador pour apporter de l’énergie géothermique aux agricultrices, "Planting Trees to Save the Mangrove" en Guinée pour lutter contre la déforestation et "Solar Market Gardens" au Bénin pour apporter l’électricité dans des villages.

Un prix pour le carbone

Dans le même temps, c’est le groupe Magritte qui apparaissait sur le devant de la scène. Créé il y a deux ans à l’initiative d’Engie, ce regroupement de onze électriciens est venu plaider pour donner un prix au carbone afin de favoriser les énergies bas carbone.

Alors que le marché européen est défaillant, ces industriels appellent à remettre ce système en état de marché et à l’étendre dans le monde.

"Le secteur privé est désormais convaincu qu’une catastrophe écologique signifiera une catastrophe économique. Notre réaction est donc de lancer un appel unanime pour un prix du carbone. Même si ce n’est pas dans le mandat des négociateurs pour la COP21, nous espérons que ce sera quelque part dans l’accord final de Paris", a lancé Gérard Mestrallet PDG d’Engie.

Une R&D à développer

Preuve que ce qui se dit au Bourget n’est pas qu’une simple série de bonnes intentions, la France et l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a présenté aujourd’hui le détail de quelques initiatives prises par les pays qui ont rejoint la "mission innovation", une initiative conduite par Barack Obama. L’objectif est de de doubler les budgets de R&D dédiés aux énergies bas carbone. Ségolène Royal a ainsi annoncé que l’effort de la France se porterait à 400 millions d’euros par an jusqu’en 2020, un effort financier soutenu par les investissements d’avenir.

Le transport propre est présent de manière diffuse sur toute la COP, en particulier au Grand Palais à l’exposition Solutions COP21 où s’alignent de nombreuses voitures électriques et hydrogène. Mais mardi 8 décembre, a eu lieu la grande conférence sur le sujet, encore une fois à l’initiative de l’Agence Internationale de l’énergie (l’AIE).

"L’AIE a montré que pour limiter le réchauffement climatique à 2°C, il faudra au moins un cinquième de voitures électriques sur les routes en 2030”. L’objectif ne semble pas si irréaliste quand on regarde le quart de véhicules électriques en Norvège ou le remplacement des deux et trois roues urbains en Chine par des modèles électriques.

Sharon Dijksma, secrétaire d’Etat pour l’environnement aux Pays-Bas juge "qu’il est excitant de voir de plus en plus de fabricants automobiles développer des véhicules grand public zéro émission. La transition vers une mobilité zéro émission n'est plus stopable".

Enfin bonne nouvelle pour l’Afrique, le projet AREI (Africa Renewable Energy Initiative) qui vise le déploiement de 10 GW d’énergies renouvelables d’ici 2020 a reçu les 10 milliards de dollars nécessaires de la part de l’Union Européenne, de la Suède et du G7. Les principaux contributeurs sont l’Allemagne avec 3,25 milliards de dollars et la France avec 2,2 milliards de dollars.

Et demain…

Mercredi 9 décembre sera un nouveau rendez-vous important pour les négociations. Laurent Fabius, Président de la COP21, a demandé à "pouvoir disposer mercredi d’une première vision d’ensemble de l’accord final". Pour cela, il compte sur sa nouvelle organisation, "le comité de Paris", censée accélérer les négociations. Mais les ONG, réunis dans Réseau Action Climat, alertent sur cette volonté impérative de tenir les délais et préféreraient qu’un ou deux jours supplémentaires soient pris pour aboutir à un accord plus ambitieux.

En marge de ce rendez-vous, on pourra aussi entendre une voix qui s’est peu fait entendre jusqu’alors, celle du nucléaire. Sur l’espace Génération Climat, le groupement Nuclear for Climate viendra plaider pour l’intérêt environnemental de l’atome en raison de ses faibles émissions de CO2. Un débat qui pourrait être intéressant puisque tandis que les ONG parlent d’énergies renouvelables, les instances officielles parlent plutôt d’énergie bas carbone. Dans la zone grise entre ces deux notions, c’est bien la question du nucléaire qui se pose.

Ludovic Dupin

 

La phrase du jour : Fatih Birol, Directeur de l’Agence internationale de l’énergie

 

"Aujourd’hui en Europe, le prix du carbone est de 10 dollars la tonne. Dans le monde, chaque année, il y a plus de 500 milliards de dollars de subventions aux énergies fossiles, soit 110 dollars d’incitations par tonne de CO2 émises… Espérons que la plupart des pays s’engagera dans la voie de l’élimination des subventions".

 

 

Le TOP : 114 entreprises à l’écoute du GIEC

L’initiative Science Based Targets (Objectifs basés sur la science) annonce que trois nouvelles entreprises viennent de la rejoindre : Kellogg’s, NRG Energy et Enel. Ce sont ainsi 114 entreprises qui participent à ce mouvement. Le projet, lancé en mai dernier, dépasse son objectif de regrouper 100 entreprises fin 2015.

L’originalité de la démarche est que Science Based Targets aide  "les entreprises à établir des objectifs cohérents avec les trajectoires de décarbonisation de l’économie recommandées par le GIEC" afin d’être cohérent avec une hausse des températures limitées à deux degrés. Les calculs de réduction d’émissions se font secteur par secteur. Science Based Targets est une initiative du Carbon Disclosure Project (CDP), du World Resources Institute (WRI), du WWF et du United Nations Global Compact.

 

 

 

 

Le Flop : La taxe sur les transactions financières ne sera pas au rendez-vous de la COP

Au matin du 8 décembre, tout le Bourget parlait de la réunion à venir de onze pays européens à Bruxelles pour mettre en place une taxe sur les transactions financières. Un serpent de mer depuis plus de vingt ans. François Hollande avait promis que cette taxe permettrait de financer la lutte contre le réchauffement climatique. Mais à la mi-journée, les espérances ont été douchées car les onze états ne sont pas parvenus à s’entendre sur un texte commun. Ainsi, la taxe qui aurait pu être mise en place en janvier 2016 est désormais reportée à l’été 2016… au mieux.

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