Bilan, top, flop… Ce qu’il faut retenir de la 11e journée de la COP21, et attendre du dernier jour

Ce vendredi 11 décembre devait marquer la fin de la COP21. Mais en l’absence d’un accord, le président Laurent Fabius a repoussé à samedi la signature finale. Cette avant-dernière journée a été marquée par le retour des présidents américains et chinois sur le devant de la scène climatique et par une spectaculaire action de Greenpeace à Paris.

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Dans la zone onusienne, la COP21 était, ce vendredi matin, le festival des yeux cernés. Une version finale de l’accord devait être rendue publique jeudi en fin d’après-midi, puis dans la soirée puis vendredi matin. Mais à la sortie de la plénière de négociations nocturnes, c’est encore un texte non définitif qui est apparu.

Les derniers crochets à trancher continuent à porter sur les éternels sujets de l’ambition globale, de financement et de différenciations (qui paie quoi ?). Si la sagesse populaire veut que le plus difficile d’un voyage est le premier pas, dans le cas de la COP21, c’est bien le dernier pas qui est le plus ardu.

Laurent Fabius assure cependant : "Nous sommes presque au bout du chemin, je suis optimiste" et assure que le prochain texte "sera approuvé". Le Président de la COP, dont les efforts de diplomatie et de méthode ont été salués par le Secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon, peut être d’autant plus confiant que plusieurs chefs d’Etat sont revenus à la charge pour apporter, comme au premier jour, tout leur poids dans la balance des négociations.

Le retour des deux présidents

Ainsi, Xi Jinping et Barack Obama, se sont entretenus ce vendredi sur la COP21 et ont médiatisé leurs échanges. "A l'approche de la fin des négociations à la conférence de Paris, la Chine et les Etats-Unis doivent renforcer leur coordination avec toutes les parties et déployer des efforts communs pour s'assurer que la COP21 parvienne à un accord comme prévu", a résumé Pékin.

La Maison Blanche souligne : "Les deux dirigeants ont estimé que la conférence de Paris était un moment crucial pour galvaniser les efforts dans le monde entier afin de relever le défi du changement climatique".

Cependant, peut-être était-ce plutôt les dirigeants saoudiens, irakiens et vénézuéliens qu’il aurait fallu appeler, car ce sont ces trois pays, dont l’économie repose massivement sur le pétrole, qui sont encore les plus difficiles à convaincre pour un accord ambitieux.

Le beau coup de soleil de Greenpeace

Pour ce vendredi, qui aurait dû être le dernier jour de conférence, les ONG avaient sorti le grand jeu sur la zone onusienne au Bourget (Seine-Saint-Denis). Toute la journée, les manifestations se sont succédé avec des cosplay de Starwars, une ligne rouge géante déroulée dans l’allée principale symbolisant la limite de réchauffement à ne pas franchir, de faux puissants jouant avec le climat… Mais la palme du happening revient, comme souvent, à Greenpeace qui a transformé la place de l’étoile en soleil géant pour appeler à un monde 100 % renouvelables.

Une cinquantaine de militants ont déversé des centaines de litres de peinture que les voitures des parisiens ont, malgré elles, répandu sur la place et dans les boulevards qui en partent.

La ressemblance avec le disque solaire et ses rayons est frappante ! On pourra juste regretter que les militants se soient ensuite suspendus à l’Arc de Triomphe pour déployer des banderoles. Cela a forcé les policiers à des acrobaties vraiment dangereuses, dont ils auraient pu se passer en période d’état d’urgence.

Enfin l’accord final

Pour demain, c’est la remise du texte final de l’accord à 9h00, comme l’a promis Laurent Fabius, qui sera le grand moment de la journée. Il sera ensuite signé par les 196 parties du sommet, ce qui clôturera officiellement le sommet de Paris.

Pour ceux qui ne seront pas au Bourget, il sera possible d’assister, voire de participer, à un "rassemblement massif, pacifique et déterminé" sur le Champs de Mars à Paris lancé particulièrement à l’initiative des amis de la Terre. Cette manifestation citoyenne doit, en quelque sorte, remplacer les évènements festifs prévus pendant la COP et qui ont été annulé suite aux attentats du 13 novembre.

Ludovic Dupin

La Phrase du jour : Bertrand Picard, fondateur de Solar Impulse et Ambassadeur de bonne volonté pour l'environnement auprès des Nations-Unies

«Les techniques propres d’aujourd’hui ont transformé le problème coûteux du changement climatique en une opportunité profitable. Une économie mondiale propulsée par des énergies renouvelables, d’un haut rendement énergétique et productrice d’un minimum de déchets pourra non seulement s’attaquer au changement climatique, mais aussi favoriser la santé, produire des emplois et générer des profits dans les collectivités où ces techniques seront mises en œuvre»

Le TOP : Un label pour les fonds d’investissement les plus écolos

Le label "Transition énergétique et écologique pour le climat" pour les fonds d’investissement est officiellement lancé. Annoncé par Ségolène Royal en septembre dernier, le décret d’application est paru aujourd’hui, juste avant la fin de la COP21.

Il permettra de distinguer, tous les ans, les fonds orientant leurs investissements vers l’économie verte. Le club cleantech de l’Association des investisseurs pour la croissance (Afic) devrait faire une bonne moisson de labels !


LE FLOP : Les 1,5°C ne seront pas atteints

Les négociations pré-COP21 s’étaient calées sur l’objectif de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Mais à l’approche de l’évènement et durant les premiers jours de celui-ci, c’est le chiffre de 1,5°C qui avait émergé sous la pression de la quarantaine d’états insulaires menacés par la montée des eaux et relayé par de nombreuses ONG.

Cette limite de température a été inscrite dans les premiers brouillons de la COP. Mais finalement, le texte a pris une option intermédiaire entre les 1,5 et les 2°C. Il indique que le but de l’accord est de "tenir l'augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2° C (…) et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 ° C , en reconnaissant que cela permettrait de réduire considérablement les risques et les impacts du changement climatique".

Bref, le message des insulaires a été entendu par le monde, et le monde fera ce qu’il peut.

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