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Bilan morose du commerce extérieur agroalimentaire français

Adeline Haverland , , , ,

Publié le

L'agroalimentaire a beau être la première industrie de France et la troisième force du commerce extérieur français derrière l'aéronautique et la chimie, le secteur est confronté à des difficultés. Selon les derniers chiffres du Trésor, la France exporte moins vers l'UE. En cause: un déficit de compétitivité par rapport à nos voisins européens.

Bilan morose du commerce extérieur agroalimentaire français
Bilan morose des exportations d'agroalimentaire français
© flickr Aldan

A quelques jours de l'inauguration du SIAL (Salon International de l'Alimentation) dont l'un des principaux thèmes sera l'exportation, le commerce extérieur de l'agroalimentaire français fait triste mine. Selon les chiffres publiés par Agreste, un service du ministère de l'Agriculture, l'excédent commercial du secteur affiche un résultat de 514 millions d'euros en août 2018, soit un recul de 22 millions d'euros par rapport à août 2017. Pour le ministère, "la diminution des exportations est due à un déficit de compétitivité des produits français". Les importations ont également diminué, mais à un rythme moindre.

Un recul des exportations vers les pays de l'UE

Cette contraction des exportations est particulièrement forte avec nos voisins européens. Les données du ministère montrent en effet qu'avec les pays de l'UE, la France a réalisé un déficit commercial agroalimentaire de 132 millions d'euros, soit 28 millions d'euros de plus que sur l'exercice précédent.

Ce recul concerne pour près des deux tiers des produits bruts au premier rang desquels les fruits à pépins et noyau et les bovins. Les vins et les spiritueux, habituellement moteurs de la croissance du commerce extérieur, sont également en repli. Selon la note publiée par le ministère, "les ventes de vins reculent de 21 millions d’euros sur un an parallèlement à des achats chinois en baisse. De même, les ventes d’alcools et spiritueux régressent de 36 millions d’euros sur un an, pénalisées par une demande des Etats-Unis (premier débouché du Cognac)"

Déficit de compétitivité

Derrière ces résultats moroses se cache un déficit de compétitivité pour les produits français. "Le recul des parts de marché de la France vers les pays de l'UE dans le secteur agroalimentaire résulte surtout d'un déficit de compétitivité, qui expliquerait plus de 70 % de la réduction du solde", explique le ministère dans son communiqué.

Avec un tissu industriel agroalimentaire atomisé, composé à plus de 98% par des TPE et des PME, l'agroalimentaire français peine à faire face aux demandes des clients étrangers. Pour compenser cette faiblesse, le ministère suggère que les efforts de recherche et d'investissement soient davantage tournés vers "la montée en gamme de la production pour reconquérir le marché européen". 

Mais le ministère met en cause d'autres freins pour expliquer le manque de compétitivité du secteur, au premier rang desquels: le coût du travail. Selon Agreste, depuis l'année 2000, ce dernier a augmenté de 54% contre à peine 34% chez nos voisins allemands où le recours au travailleurs détachés venus d'Europe de l'Est est courant. Pour combler ce différentiel et dynamiser les exportations, le ministère compte désormais sur "les mesures récentes d'allègement du coût du travail". 

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