Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Bigard, géant français mais petit européen

Publié le

L'industriel de la viande bovine représente plus de 40 % des abattages en France. Mais ne fait pas le poids face à ses concurrents néerlandais ou danois.

1. Vion Foods (Pays-Bas/All.) 9,04

2. Danish Crown (Danemark) 6,01

3. Bigard (Fr.) 4,5

4. Tönnies (All.) 3*

5. HK Scan (Finlande) 2,12

CHIFFRE D'AFFAIRES 2009 EN MILLIARDS D'EUROS SOURCE : INDUSTRIELS, SAUF* ESTIMATION UNIGRAINS

Jean-Paul Bigard est-il trop puissant ? Les éleveurs français, qui ont bloqué la semaine dernière neuf des principaux sites de production du leader de la viande, en sont persuadés. Créé en 1968 à Quimperlé (Finistère), le groupe s'est imposé en leader en entamant, à partir de 1995, une succession impressionnante de rachats (Arcadie en 1995, Charal en 2008 et enfin Socopa en 2009). Jean-Paul Bigard, le PDG, contrôle aujourd'hui 23 abattoirs, compte pour 40 à 45 % des abattages de viande bovine, et possède les trois principales marques du marché (Bigard, Charal et Valtero). Une position qui lui permet d'écraser les prix à la production, se plaignent les éleveurs, qui reprochent au « Napoléon de la viande » son côté dictatorial et son manque de dialogue.

« Il ne faut pas se tromper de cible, tempère Philippe Mangin, le président de Coop de France, la fédération des coopératives françaises. Que se passerait-il dans la filière viandes si Bigard n'avait pas été là pour reprendre Arcadie et Socopa lorsqu'ils étaient en difficulté ? » Selon Philippe Mangin, il faut même que Jean-Paul Bigard aille plus loin ! « Avec plus de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, il commence à avoir une taille intéressante, mais insuffisante au niveau européen face au géant Vion », juge le président de Coop de France. Leader de la viande bovine sur le Vieux Continent, Bigard ne fait pas le poids en viande porcine. Numéro deux français avec 20 % du marché, il pointe, dans cette catégorie, au septième rang européen.

RÉÉQUILIBRAGE DES POUVOIRS

Ailleurs, la question des leaders omnipotents semble poser moins de problèmes que dans l'Hexagone. « Créer un groupe comme le néerlandais Vion Foods en France, où on n'a pas la culture des "gros", est difficile. Mais il va falloir un jour ou l'autre assumer un certain volontarisme », juge Pierre Halliez, directeur général du Syndicat national des industries de la viande (Sniv).

« Aux Pays-Bas et au Danemark, certains transformateurs de porc et de lait ont des parts de marché nettement supérieures à celles de Bigard, constate Andrew Cookson, le PDG de Gira Food, consultant spécialiste du secteur. De même, personne ne s'étonne, aux États-Unis, que Smithfield ou Swift soient énormes, et en position favorable face aux distributeurs. Une grande taille permet un certain rééquilibrage des pouvoirs et de dégager de l'argent pour faire du marketing. Cela bénéficie à tout le monde, y compris aux éleveurs. »

Côté politique, on semble décidé à faire la promotion des champions nationaux. Dans un récent rapport sur la compétitivité de l'agroalimentaire, le délégué interministériel Philippe Rouault préconise aux dirigeants du secteur des viandes (mais aussi du secteur laitier) de poursuivre la concentration sur une base nationale et européenne. Les éleveurs français doivent se faire une raison : Bigard n'a pas fini de grossir. Et leur sort est lié au sien.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle