Bienvenue hors du club

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Bienvenue hors du club

C’est un nouveau coup dur pour la fierté nationale. La France a perdu son 20/20. Sur trois agences qui font la pluie et le beau temps de la finance, il en est une qui considère que nous ne méritons plus notre label AAA. Bienvenue hors du club! Ce dernier, selon Standard and Poor’s, ne compte plus que douze membres actifs: l’Allemagne, l’Australie, le Canada, le Danemark, la Finlande, la Grande-Bretagne, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, Singapour, la Suède et la Suisse. Même si le choc est rude, on ne va pas jouer les étonnés. À "L’Usine Nouvelle", on se souvient par exemple que Stéphane Richard, le PDG de France Télécom, invité des Assises de l’industrie, déclarait le 19 octobre 2011 que l’affaire était pliée. Est-ce grave, en particulier pour l’industrie? Oui, bien sûr, mais pas dramatique. La rétrogradation par S&P des dettes française, espagnole, italienne et de cinq autres pays de l’euro risque, indirectement, de rendre le crédit plus cher et plus rare. Mais là n’est pas le danger le plus immédiat, ni le plus effrayant.

Le premier danger, c’est la contradiction à la limite de la schizophrénie dans laquelle S&P nous entraîne. Moins de dette, donc moins de dépenses publiques, moins de déficits, et plus d’impôts… mais dans le même temps, plus de mesures favorables à la croissance ! Qui a des idées ?

Le deuxième danger, c’est l’instabilité dans laquelle la zone euro s’est installée depuis l’été, et dont elle ne parvient pas à se désincarcérer. Rarement les chefs d’entreprise n’auront autant réclamé de leurs gouvernements qu’ils agissent et s’entendent. Ce dont l’Europe a besoin, c’est d’avancer vers le fédéralisme, comme le démontre Michel Aglietta dans son dernier livre(1). Mais cela prendra du temps. Or les mécanismes de sauvetage de l’euro (à commencer par le Fonds européen de stabilité financière) sont compromis à court terme par l’abaissement de la note française. Il faut donc trouver de nouveaux outils. Qui a des idées ?

Il faut espérer que la perte du triple A fonctionne comme un électrochoc. Pour ceux qui nous gouvernent, l’heure est venue de se montrer créatifs, qualité que l’on reconnaît généralement à l’esprit français. Maintenant que nous avons été évincés du club des Seigneurs, nous sommes condamnés à trouver des solutions à faible coût et à fort retour sur investissement. Fini l’état d’esprit CAC 40. Il faut passer au style start-up.

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