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L'Usine Maroc

"Bientôt un repositionnement du Maroc dans le secteur de l'offshoring", selon Lotfi Riffi

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Publié le , mis à jour le 23/05/2014 À 13H08

Le secteur de l'offshoring marocain a enregistré en 2013 une croissance nulle. L'Usine Nouvelle a rencontré à Paris Lotfi Riffi, directeur général d' Omnishore et vice-président de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) à l’occasion d'une mission BtoB TIC organisée par l' APEBI et Maroc Export . Il fait le bilan de ce secteur de l'outsourcing informatique et annonce un nouveau plan pour bientôt, en liaison avec les pouvoirs publics marocains.

Bientôt un repositionnement du Maroc dans le secteur de l'offshoring, selon Lotfi Riffi
Lotfi Riffi, directeur général d'Omnishore et vice-président de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI)
© DR

L'Usine Nouvelle : Quelle est la situation de l'offshoring au Maroc ?

Lotfi Riffi : Je dois d'abord préciser que notre fédération, l'Abepi, se rapporte à l'activité "Information Technology Outsourcing" ou ITO de l'offshoring et pas de la relation clients qui dépend d'autres fédérations. Sur notre métier, le Maroc est bien positionné. En l'espace de 5 ou 6 ans, il est entré dans la vingtaine de destinations privilégiées dans le monde.

L'offshoring a pourtant marqué le pas au Maroc avec globalement une croissance nulle en 2013...

C'est vrai que notre secteur ne connait plus la croissance à deux chiffres des années passées. Il faut noter que ce ralentissement est mondial. L'Europe traverse une période de crise qui a fortement impacté les budgets des donneurs d'ordre. Malgré tout, nous restons dans une logique de croissance. Et sommes en train d'atteindre près de 10 000 consultants dans notre secteur.

Comment réagir ?

Nous sommes dans la phase dans laquelle nous faisons un état des lieux, de l'activité ITO notamment. Cela fait suite à la nouvelle impulsion donnée au plan Emergence par notre ministre de tutelle [Moulay Hafid Elalamy NDLR]. À ce titre, plusieurs chantiers sectoriels sont en cours. Nous sommes en train de redéfinir la vision Maroc Numeric qui est arrivée à terme et celle de l'offshoring. Nous allons bientôt disposer d'une nouvelle feuille de route avec un contrat cadre qui sera signé avec le ministère de tutelle, une question de mois tout au plus. Le même processus est engagé concernant le plan Maroc Numeric qui s'est terminé en 2013 et va se projeter 6 ans en avant.

Qu'en est-il des ressources humaines dans votre métier ?

Il y a 5 ou 6 ans, on parlait beaucoup de pénurie de compétences. Aujourd'hui, cela est derrière nous. Les profils juniors jusqu'à 5 ans d'expérience sont disponibles et commencent à être expérimentés. Nous continuons de recevoir chaque mois de nouvelles entreprises qui viennent s'installer au Maroc dans les sites dédiés comme Rabat Technopolis ou Casanearshore qui a accueilli IBM.

Il y a donc eu des actions de formation...

Le plan de départ avait déjà défini des établissements de formation qui ont vu leur capacité augmenter. Il y a eu aussi des plans de formation dédiés pour des profils bac+2, bac+3 qui répondaientt aux attentes des sociétés d'offshoring.

Et en matière de localisation ?

Casablanca et Rabat restent les villes les plus dynamiques. Mais on peut citer aussi, Fès, Tétouan et Oujda.

Quelles actions sont-elles menées pour améliorer l'attractivité de ces localisations ?

Il y a eu notamment des efforts faits pour rendre ces sites plus attractifs en améliorant les conditions commerciales. Certains sites sont au stade du réajustement de la stratégie commerciale comme les zones d'offshoring de Fès ou Tétouan pour se mettre au niveau de Casablanca et de Rabat.

N'êtes-vous pas confrontés à une concurrence accrue d'autres pays ?

Aujourd'hui la concurrence est réelle. Il y a celle en provenance des pays de l'Est et même d'Europe de l'ouest comme l'Espagne. Nous avons à ce niveau à faire le bilan pour repositionner notre offre dans les grandes lignes et faire évoluer notre contrat cadre signé il y a 4 ou 5 ans.

Que faut-il faire ?

Il faut repositionner le Maroc, être peut-être plus agressif et savoir mieux attirer les investisseurs. Nous avons à revoir le cadre global. Il faut que nos sites proposent le meilleur de la technologie en termes de liaisons télécoms où il faut baisser les tarifs. Les trois opérateurs marocains [Maroc Telecom, Méditel et Inwi NDLR) se sont d'ailleurs engagés sur ce terrain à baisser le coût de leurs prestations [-25% comme révélé lors des assises de l'industrie le 2 avril NDLR]. Il y a aussi les incitations à revoir. Les accompagnements de l'Etat en termes de formation complémentaire. Ce sont les points sur lesquels nous sommes en train de plancher.

En définitive, le Maroc n'est-il pas devenu trop cher aujourd'hui ?

Vous trouverez toujours un pays mieux positionné que le vôtre à un moment donné ou dans un secteur précis. La stratégie du Maroc ne doit pas être uniquement basée sur le coût journalier d'occupation. Nous avons d'autres atouts à faire valoir comme la proximité par exemple. Nous sommes à une heure de décalage horaire avec nos principaux donneurs d'ordre.

Quel positionnement adoptez-vous à l'égard de la Tunisie qui possède aussi une bonne expérience en matière d'offshoring avec des coûts sensiblement inférieurs à ceux du Maroc?

Nous voyons la Tunisie comme un marché complémentaire au nôtre. Il permet aux donneurs d'ordre de diversifier leur risque en s'implantant dans les deux pays. Au cours de ces cinq dernières années, nous avons fait le tour des 100 premiers donneurs d'ordre français. Beaucoup d'entre eux sont venus s'installer au Maroc.

Aujourd'hui, dans le cadre de notre réflexion, nous devons élargir cet horizon en associant les SSII locales au secteur de l'offshoring comme la fait la Tunisie justement. Au Maroc, nous avons pris le chemin inverse. Nous réfléchissons à compléter cette démarche en créant des joint ventures avec des entreprises françaises qui aujourd'hui sont confrontées à une exigence de baisse de leur coût. Cet aspect sera probablement développé dans le nouveau programme en préparation. C'est d'ailleurs un exemple concret de ce qui peut être fait en termes de co-localisation.

Quelle est l'étape suivante ?

Une fois installé, les donneurs d'ordre français notamment peuvent utiliser le Maroc comme un hub pour attaquer le marché sub-saharien. C'est une des idée qui était évoqué lors du Forum partenariat France-Maroc organisé par la CFCIM en partenariat avec Ubifrance cette semaine à Casablanca.

Au vu de la crise, quels sont les points forts qui font défaut à l'offshoring marocain et sur lesquels vous comptez mettre l'accent ?

Le premier point est la communication et le marketing du savoir-faire marocain. Nous ne pouvons vendre notre success story qu'à travers les projets que nous avons réalisés. Parce qu'elles rassurent, nous avons intérêt à mettre en avant les réalisations existantes.

Nous avons dans notre pays des équipes capables de monter et de développer des systèmes d'informations dans plusieurs secteurs d'activité. J'ai le sentiment que le secteur IT marocain est méconnu de la majorité des PME  françaises. Le deuxième point consiste à revoir les conditions d'attractivité de la destination Maroc. Il faut les mettre à jour. Une part du tassement de la croissance à laquelle vous avez fait allusion vient de l'insuffisance d'adaptation de l'offre du Maroc aux conditions de marché qui évoluent vite. Le troisième point revient au développement que j'ai évoqué du concept de co-localisation.   

Propos recueillis à Paris par Nasser Djama

L'APEBI compte plus de 180 adhérents, dont des entreprises internationales comme HP, IBM, Capgemini ou Bull. Les métiers des membres couvrent notamment les technologies de l’information (SSII & intégrateurs, éditeurs de logiciels...), les services professionnels liés aux télécoms ou le KPO (knowledge process outsourcing).

nb : par suite d'une erreur technique cet entretien est paru initialement dans une version tronquée. Celle-ci est complète

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