Bientôt 45 plaintes déposées en France contre le glyphosate

Les associations opposées au glyphosate continuent leur campagne contre la substance controversée du Roundup de Monsanto. Le 13 février, 45 plaintes seront déposées devant le tribunal de Toulouse (Haute-Garonne) pour "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée" ou encore "atteinte à l'environnement". En parallèle, la sortie du glyphosate, prévue pour 2021 en France, n'est plus si certaine à en croire le président Emmanuel Macron.

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Bientôt 45 plaintes déposées en France contre le glyphosate
Les associations opposées au glyphosate continuent leur campagne contre la substance controversée du Roundup de Monsanto.

Quarante-cinq nouvelles plaintes seront déposées le 13 février devant le tribunal de Toulouse (Haute-Garonne) dans le cadre d'une campagne contre différents fabricants et décideurs qui autorisent la mise sur le marché du glyphosate, principale substance du Roundup de Monsanto, a annoncé mardi 29 janvier l'association.

Ces plaintes nominatives pour "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée" et "atteinte à l'environnement" s'ajoutent à la centaine déjà enregistrées devant le tribunal de Foix (Ariège) où a démarré la campagne en juin 2018.

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Lancée au printemps 2018 par le collectif des Faucheurs volontaires, elle vise à rechercher le taux de glyphosate dans les urines des citoyens et à l'issue, à porter plainte contre les fabricants et décideurs qui autorisent ces produits.

Bayer-Monsanto, Adama France, Agrifar ou l'Anses visés

À Toulouse, 48 personnes avaient fait le déplacement le 21 décembre 2018 pour procéder à cette analyse devant huissiers. En moyenne, ce sont 1,113mg/litre de glyphosate, un composant du désherbant Roundup de Monsanto (désormais Bayer), qui ont été retrouvés dans les urines des participants, quand la réglementation fixe un seuil maximal de 0,1mg/l.

Comme les plaintes déposées à Foix, ces procédures vont viser des individus, PDG et membres des conseils d'administration des groupes qui fabriquent des pesticides à base de glyphosate comme Bayer-Monsanto, Barclay Chemicals, Adama France, Agrifar.

Elles vont aussi cibler les décideurs et organismes qui l'ont autorisé, comme les membres de la Commission européenne, la gouvernance de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) et l'Afsa, son homologue européen.

Le recul d'Emmanuel Macron

Les États membres de l'Union européenne ont voté en novembre 2017 en faveur d'une nouvelle autorisation pour cinq ans de cet herbicide, le plus utilisé au monde.

En France, alors qu'Emmanuel Macron s'était engagé à une sortie du glyphosate en 2021, les députés ont refusé en mai 2018 de l'inscrire dans la loi agriculture et alimentation. Depuis, le président de la République, en déplacement le 24 janvier dans la Drôme, semble également avoir fait machine arrière en déclarant que la France ne parviendrait pas à se passer "à 100%" de cet herbicide controversé d’ici trois ans.

"Nous sommes évidemment en colère contre cette promesse non tenue. Mais derrière le glyphosate, qui est une molécule emblématique, se cachent une dizaine d’autres tout aussi dangereux. Notre but est de montrer que les citoyens sont prêts à se lever pour leur santé et leur environnement et bien sûr d'obtenir l'interdiction immédiate du glyphosate et de tous les pesticides pour sortir du modèle agrochimique", a expliqué à Reuters Jacques Dandelot, membre de l'association Campagne glyphosate Toulouse Métropole.

Divisions sur le danger du glyphosate

Le 10 août 2018, un jury californien a considéré que le Roundup était à l’origine de la maladie d’un agent d’entretien de 46 ans souffrant d’un cancer en phase terminale, et a condamné Monsanto à lui verser 289 millions de dollars (253 millions d’euros).

L’agence américaine de protection de l’environnement a conclu en 2017 que le glyphosate n’était probablement pas cancérogène pour les humains. Dès 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour sa part classé la molécule parmi les produits "probablement cancérogènes pour les humains".

Avec Reuters (Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse)

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