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BIENS DE CONSOMMATIONUnilever France poursuit son grand chambardement industrielAlors que la réorganisation d'Unilever France s'intensifie, le groupe anglo-néerlandais cède une nouvelle série de marques et plusieurs usines pour obtenir sans délai l'accord de Bruxelles sur la fusion avec le géant ...

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BIENS DE CONSOMMATION

Unilever France poursuit son grand chambardement industriel

Alors que la réorganisation d'Unilever France s'intensifie, le groupe anglo-néerlandais cède une nouvelle série de marques et plusieurs usines pour obtenir sans délai l'accord de Bruxelles sur la fusion avec le géant américain Bestfoods.



Décidément, les 10 500 salariés français d'Unilever n'en n'ont pas fini avec les restructurations. De peur que Bruxelles ne retarde la fusion avec Bestfoods, le géant anglo-néerlandais a pris les devants. Il s'est ainsi engagé à céder six marques (les mayonnaises Lesieur, Royco, Bla Band, Oxo, Bachelors et McDonnells) et les usines qui y sont rattachées. Au total, le " paquet " mis en vente par Goldman Sachs représente près de 400 millions d'euros de chiffre d'affaires. La vente devant être effective d'ici à neuf mois. Un administrateur indépendant sera nommé début octobre. En France, cette décision concerne une poignée de commerciaux aux sièges parisiens d'Unilever et de Bestfoods, ainsi que deux sites industriels. Le cas le plus simple à résou-dre : l'activité " soupes déshy- dratées " de l'usine Royco, à Dissay (Vienne), étant déjà transférée vers Utrecht, aux Pays-Bas, la cession de la marque n'aura de conséquences ni sur le plan social en cours ni sur le contrat de sous-traitance accordé au repreneur du site, le spécialiste du thé Indar. Les 102 salariés du site de Lesieur, à Grande-Synthe (Nord), ont plus de soucis à se faire. Dans cette usine appartenant à Bestfoods, d'où sortent 29 000 tonnes de ketchup, de mayonnaise et de sauces par an, un tiers de la production est fabriquée pour les marques Bestmann's, Knorr et pour la chaîne de restauration rapide Quick. " Si nous sommes vendus, nous perdons un tiers de notre activité ", s'inquiète un salarié. Selon un analyste français, les condiments Lesieur représenteraient environ 1 million d'euros de chiffre d'affaires.

Qui achètera Royco et les mayonnaises Lesieur ?

Contrairement à Royco, cette vente s'annonce complexe. La marque Lesieur appartient à Eridania Béghin Say (EBS). En 1995, le groupe franco-italien avait cédé le site de Dunkerque et une licence de sa marque pour vingt ans sur les condiments. Une fois un acquéreur trouvé, " Unilever devra donc nous demander notre avis ", avertit Carlo Tarsia In Curia, porte-parole d'EBS. Reste à savoir qui achètera Royco et les mayonnaises Lesieur. " Campbell Soup, Heinz, Crédit agricole, Paribas Affaires industrielles (PAI)... ", suggère-t-on chez Unilever. " Ce ne sera pas difficile de trouver des acquéreurs. Dans le contexte actuel de consolidation, tous les acteurs font leurs courses ", souligne Hugues de la Presles, analyste chez Standard & Poors. Outre les industriels, les investisseurs financiers sont aussi alléchés par ces belles marques. Pour Arnaud Langlois, analyste chez JP Morgan, " les investisseurs, notamment britanniques, seront très intéressés par ces fleurons d'Unilever ". Le français PAI pourrait aussi être tenté de réitérer le succès de la reprise d'Amora, brillamment redressée avant d'être vendue à Unilever fin 1999. " Pourquoi pas ?, commente son président, Amaury-Daniel de Sèze. L'agroalimentaire reste très fragmenté, et nous sommes prêts à participer à sa consolidation. Néanmoins, dans ce genre d'affaires, on essaie d'acheter au meilleur coût. " Est-ce pour cela que, selon un proche du dossier, PAI n'est pas l'investisseur qui s'apprête à acheter Bénédicta à Unilever ? La divulgation du nom du financier est imminente et ne dépend plus que du feu vert de Bruxelles. " Aucun des 167 emplois du site de Seclin (Lille) ne disparaîtra " , promet déjà la direction d'Unilever France. Ce n'est pas le cas dans d'autres sites du groupe. Chez Unilever ou dans les cinq usines nationales de Bestfoods, les droits d'alerte se multiplient, et la liste de réunions en octobre pour discuter de plans sociaux s'allonge de jour en jour. Dans le Nord et dans la Vienne, les salariés ont même inventé une nouvelle forme de grève : ils vident les rayons des hypermarchés des produits Unilever. Et remplissent les chariots de lessives Skip, Omo, Persil, Sun, de produits d'entretien Cif ou encore de dentifrices Sanogyl, Signal et shampoings Timotei. " Nous voulons que les consommateurs réalisent ce que représente Unilever en France ", explique un représentant des salariés. Les quatre syndicats du conglomérat ont aussi réuni 25 000 signatures au bas d'une pétition réclamant l'ouverture " d'une commission d'enquête parlementaire sur les agissements de la multinationale Unilever en France ".

Incertitudes dans les glaces

La situation sociale devient explosive. Mais, pris en étau entre Bruxelles et la concentration de la grande distribution, le groupe anglo-néerlandais n'a pas d'autres choix que d'intensifier son plan d'économies. Certes, Bénédicta, Boursault, le pôle boulangerie industrielle et Royco auraient de toute façon été vendus pour manque de rentabilité. Mais, pour les autres marques et sites, la chasse aux coûts s'est rouverte cet automne. A Haubourdin (Nord), la vente du site de l'activité lessive à l'espagnol Bilore piétine. Dans les glaces (Miko, Carte d'or, Magnum...), un secteur où Unilever souffre de surcapacités industrielles en Europe, le site d'Argentan (Orne), spécialiste des marques de distributeurs, n'est officiellement plus rentable. " Même si notre volume est important et si le marché des glaces en MDD se développe, les marges sont trop faibles. Argentan n'a que trois solutions : fermer, redevenir profitable pour être vendu ou pour rester chez Unilever ", regrette une salariée. A 440 kilomètres plus à l'est, à Saint-Dizier (Haute-Marne), l'un des quatre sites européens de glaces d'Unilever, la rentabilité se révèle au contraire excellente. Les embauches se multiplient, et le volume de production de glaces en bacs devrait bondir de 84 à 120 millions de tonnes en 2001. Mais le retrait total du groupe dans la distribution de crèmes glacées inquiète. Unilever France vient de mettre en vente ses 26 derniers entrepôts réfrigérés. Il en avait 96 en 1994. " En six ans, l'effectif est passé de 2 000 à 100 personnes. Aujourd'hui, 65 sup-pressions de postes administratifs à Saint-Dizier sont à prévoir ", avertit Luc Pierron, secrétaire du comité d'entreprise. Mais les restructurations ne s'arrêtent pas aux frontières de l'Hexagone. Si la suppression de 25 000 postes et la fermeture de 100 sites d'ici à 2002 concernent surtout l'Europe, Unilever vient aussi d'annoncer la fermeture de son usine de shampoings et de crèmes de beauté à Chicago : 600 emplois supprimés.



Un an de bouleversements dans les sites français d'Unilever

Réalisés

Novembre 1999, achat d'Amora-Maille à Paribas Affaires industrielles.

Juin 2000, Boursault cédé à Bongrain.

Juin 2000, rapprochement d'Astra-Calvé et de Fralib (Lipton, Royco).

Juillet 2000, Vente des activités de boulangerie au néerlandais CSM.

En cours

L'usine de soupes Royco de Poitiers (Vienne) vendue à Indar.

Le site de lessives Omo d'Haubourdin (Nord) cédé à l'espagnol Bilore.

Une vingtaine d'entrepôts de glaces sont en cours de vente.

Imminents

Cession des usines Bénédicta de Seclin (Nord) et Lesieur de Dunkerque (Nord) sur injonction de Bruxelles.

Restructurations dans l'usine de glaces d'Argentan (Orne).

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