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Bien utiliser les moocs pour se former librement

Cécile Maillard , ,

Publié le

Des centaines de cours en ligne massifs et gratuits permettent d’apprendre ce que l’on veut quand on veut. Astuces pour ne pas lâcher en route.

Bien utiliser les moocs pour se former librement
Alberto Alemanno, professeur en droit européen à HEC , enregistrant une vidéo pour son mooc « Comprendre l’Europe », dispensé sur Coursera en février dernier.

Se former chez soi ou en déplacement, sur un sujet relevant ou non de son univers professionnel, est désormais possible grâce aux moocs, les cours en ligne gratuits proposés par de grandes universités. Face à ce savoir infini à portée de main, comment se donner toutes les chances d’aller jusqu’au bout ?

1 Savoir pourquoi on s’inscrit

Il est tentant de feuilleter les plates-formes de moocs en se demandant quel cours peut nous intéresser. Le choix est pléthorique. Le risque est donc de s’inscrire sans être vraiment motivé. Ce qui mènerait tout droit à un abandon rapide, chose très fréquente. « On ne bosse pas si on ne sait pas pourquoi… », rappelle Rémi Bachelet, professeur à l’École centrale de Lille, animateur du mooc Gestion de projet et chercheur en pédagogie. Les motivations sont nombreuses : mettre à jour ses connaissances métier (cours sur le photovoltaïque pour un ingénieur, sur le big data pour un informaticien), élargir ses connaissances à un métier qui n’est pas le sien (initiation au financement des entreprises pour un ingénieur, au développement durable pour un commercial), ou encore se pencher sur des sujets généralistes, utiles à de nombreux métiers, comme la gestion de projet ou les institutions européennes. Sans oublier l’envie de se former à titre personnel, pour enrichir sa culture sur l’histoire des religions ou sur les Beatles, par exemple, ou pour parfaire une langue étrangère.

2 Libérer le temps nécessaire

Les moocs ne sont pas – ou rarement – des cours mis à la disposition des internautes en permanence. Ils débutent un jour donné et se terminent quatre, huit, onze semaines plus tard. La durée est toujours indiquée, la date limite d’inscription aussi. Il est possible de démarrer en retard, mais les enseignants donnent des devoirs, les participants échangent sur un cours ou les travaux à faire, s’entraident en ligne, questionnent les profs. Tout est fait pour éviter le décalage. Donc mieux vaut intégrer cette activité dans son planning, pour toute la durée de la formation. Le temps à consacrer chaque semaine au cours est toujours précisé, mais il dépend généralement du niveau initial de la personne. Pour pouvoir suivre, certains doivent y consacrer quatre heures par semaine, d’autres deux fois moins. « Toutes les enquêtes montrent que le manque de temps est la raison principale de l’abandon d’un mooc », explique Rémi Bachelet. Il conseille de consacrer quinze minutes par jour à un cours, de ne pas attendre la fin de semaine pour tout faire en une fois. Beaucoup de cadres en déplacement occupent ainsi leurs soirées.

3 S’impliquer dans les échanges

La recherche l’a prouvé depuis longtemps : plus on s’implique, mieux on apprend. Pendant qu’on suit un mooc, il faut aller sur les forums, poser des questions, répondre à celles des autres stagiaires. Cela donne envie de revenir voir ce que les autres disent. Les enseignants le savent et incitent fortement leurs étudiants à répondre à une question posée en fin de cours. Il y a aussi des devoirs à rendre : parfois de simples quiz pour vérifier qu’un cours a été suivi, parfois de vraies analyses demandant des compléments de recherche et une lecture des ressources documentaires fournies. Certains cours vont encore plus loin et proposent aux apprenants de corriger mutuellement leurs devoirs. Quand on se lance dans un mooc, on en devient un acteur.

4 S’inscrire à l’examen dès le début

Ça y est, les moocs font leur apparition sur les CV, ou sur les réseaux sociaux comme LinkedIn, où les anciens auditeurs d’un cours se retrouvent dans des groupes. Un certificat de suivi du cours, ou mieux, un document validant la réussite d’un examen (surveillé par webcam, par exemple) est toujours gratifiant. Cet examen est souvent payant. Certaines entreprises ont décidé de le prendre en charge pour leurs salariés. Payer ces frais d’examen au moment de l’inscription représente une motivation comme une autre pour ne pas abandonner à quelques séances de la fin. Quelques moocs assurés par des établissements de l’enseignement supérieur donnent même droit, à certaines conditions, à un ou deux crédits universitaires européens (ECTS).

5 Et maintenant, à vous de choisir !

Quatre grandes plates-formes accueillent les cours. La pionnière, l’américaine Coursera, créée en 2012, donne accès aux cours des prestigieux MIT ou Stanford. L’offre y est immense : 700 cours gratuits sont proposés, dont une trentaine en français, signés HEC, Polytechnique, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)… Coursera fait payer certificats, examens et évaluation de compétences. FUN, créée par le ministère de l’Enseignement supérieur français, accueille les cours des universités et écoles hexagonales (Polytechnique, Sciences Po, les Écoles normales supérieures…). Parmi les dernières ouvertes, elle a mis en ligne 35 cours sur la première moitié de l’année 2014. EdX, créée par le MIT et Harvard, est engagée sur le logiciel libre. Totalement gratuite, elle dispense les cours d’universités américaines (et de quelques établissements francophones comme l’EPFL et l’Université de Louvain). Udacity, créée par trois anciens professeurs de Stanford, présente une particularité : ses cours sont en accès libre en permanence. Les examens passés dans des lieux physiques, payants, permettent de décrocher des certificats.

Pour structurer l’offre des moocs francophones, le portail Ocean propose, lui, une sélection parmi les cours qui sont proposés par des établissements prestigieux français (Normale Sup, Polytechnique), suisse (l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) et belge (l’université de Louvain), associés à des universités de Montréal. Les cours sont à suivre sur l’une des grandes plates-formes. Il s’agit juste, ici, de créer un label de qualité et, pour les établissements, de se distinguer du tout-venant. Si, malgré tous ces conseils, vous craquez avant la fin, tant pis, vous aurez tout de même beaucoup appris ! « Parmi les motivations des inscrits, il y a l’envie de picorer du savoir, d’aller voir, remarque Rémi Bachelet. Certains ne passent aucun quiz, ne rendent aucun devoir, mais suivent les cours jusqu’à la fin. C’est le principe même des cours massifs en ligne : une grande liberté d’usage. »

Des cours et des hommes

  • How to build a start-up, par Steve Blank, un ponte de Stanford. Le serial entrepreneur (neuf start-up à son actif) vous donne ses recettes. Accessible en permanence sur Udacity.
  • Physique des cellules solaires au silicium, par Bernard Drévillon, enseignant à Polytechnique. Disponible sur Coursera. Pour les ingénieurs ou les diplômés de licence en physique maîtrisant la mécanique quantique, la physique statistique.
  • Initiations à Python, Java…, sur Udacity qui propose une dizaine de cours pour les débutants.

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