Biden et Merkel soulignent leur amitié malgré leurs divergences sur le gazoduc

par Jeff Mason et Andrea Shalal

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Biden et Merkel soulignent leur amitié malgré leurs divergences sur le gazoduc
Le président américain Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel ont reconnu jeudi leurs divergences concernant le projet de gazoduc Nord Stream 2 avant de réitérer leur engagement à faire front commun contre la Russie et la Chine. /Photo prise le 15 juillet 2021/REUTERS/Tom Brenner

WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel ont reconnu jeudi leurs divergences concernant le projet de gazoduc Nord Stream 2 avant de réitérer leur engagement à faire front commun contre la Russie et la Chine.

Joe Biden a loué "la vie exemplaire d’Angela Merkel qui a servi l’Allemagne et le monde entier" à l’occasion de ce qui sera probablement la dernière visite de la dirigeante allemande à la Maison blanche avant son retrait de la vie politique à l'issue des élections fédérales de septembre.

Joe Biden, 78 ans, et Angela Merkel, 66 ans, qui se connaissent et collaborent depuis des années veulent aussi renforcer les relations transatlantiques, mises à mal par l'ancien président américain Donald Trump qui s'en est régulièrement pris aux plus proches alliés des Etats-Unis.

"J’attache une grande importance à notre amitié", a déclaré Angela Merkel dans le Bureau ovale, soulignant le rôle joué par les Etats-Unis dans la construction d’une Allemagne libre et démocratique après la Seconde Guerre Mondiale.

Angela Merkel est la première dirigeante européenne à rendre visite à Joe Biden à la Maison blanche depuis sa prise de fonction en janvier.

Malgré la cordialité, certains désaccords étaient apparents. Joe Biden a réitéré ses préoccupations concernant le gazoduc Nord Stream 2, en cours de construction sous la mer Baltique entre la Russie et l'Allemagne ; les Etats-Unis craignent que Moscou ne s'en serve comme d'une arme contre l'Ukraine. Le projet de 11 milliards de dollars (9,31 milliards d'euros), qui devrait être terminé en septembre, contournera l'Ukraine, la privant potentiellement d’importantes recettes de transit.

Les deux dirigeants ont ensuite déclaré être unis dans leur conviction que la Russie ne devait pas utiliser l'énergie comme une arme.

"Nous sommes unis et nous continuerons de l'être pour défendre nos alliés du flanc est de l'Otan contre l'agression russe", a dit Joe Biden lors d'une conférence de presse commune.

DES OPINIONS DIVERGENTES SUR LA CHINE

Washington et Berlin ont aussi des opinions divergentes concernant la manière de faire des affaires avec la Chine.

"Nous convenons que la Chine, dans de nombreux domaines, est notre concurrent ; que le commerce avec la Chine doit reposer sur l'hypothèse que nous avons des règles du jeu équitables", a déclaré Angela Merkel.

Les deux pays ont dit qu’ils défendraient les principes démocratiques et les droits universels lorsqu'ils verraient la Chine, ou tout autre pays, s'efforcer de saper une société libre et ouverte.

"Nous sommes unis, unis dans notre engagement à lutter contre le recul démocratique, la corruption, le populisme dans l'Union européenne ou parmi les candidats à l'adhésion à l'UE, ou partout où nous le trouvons dans le monde", a déclaré Joe Biden.

John Emerson, qui a été ambassadeur en Allemagne sous l'ancien président Barack Obama, a déclaré que la relation reste "indispensable" pour Washington compte tenu du rôle de l'Allemagne en tant que première économie d'Europe et alliée de l'Otan, ainsi que de son importance en tant que bâtisseur de ponts dans les relations avec la Russie, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

L'Allemagne accueille quelque 36.000 soldats américains sur son sol.

Angela Merkel et son mari ont participé jeudi à un dîner organisé par les Biden à la Maison blanche. Parmi les invités figurent des parlementaires américains, les anciens secrétaires d'Etat Colin Powell et Hillary Clinton et les dirigeants républicains de la Chambre des représentants et du Sénat des Etats-Unis, a indiqué la Maison blanche.

(Andrea Shalal et Jeff Mason, avec la contribution d'Arshad Mohammed à Washington et d'Andreas Rinke et Joseph Nasr à Berlin; version française Camille Raynaud)

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