BHP minimise l’étendue de sa responsabilité dans le désastre de Samarco

Données satellitaires à l’appui, le groupe minier BHP Biliton affirme que la rupture du barrage qui a provoqué une coulée de boue dévastatrice au Brésil a relâché moitié moins de déchets miniers que la quantité estimée initialement.

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Soixante jours après la coulée de boue qui a enseveli le 5 novembre le village de Bento Rodrigue au Brésil, BHP publie un rapport de suivi stipulant que les résidus miniers relâchés dans cet accident sont bien moins importants qu’initialement estimé.

Sur la base de données collectées au cours d’une campagne d’observation satellitaire, Samarco Mineraçao SA affirme que seulement 32 millions de mètres cubes de déchets miniers se seraient échappés du bassin de rétention de Fundão, plutôt que les quelque 55 millions précédemment évoqués. La filiale des groupes miniers brésilien Vale et anglo-australien BHP Billiton ajoute que 85% de ces déchets ont été contenus dans les 85 premiers kilomètres parcourus par la coulée de boue. Une précision qui prend tout son sens quand on sait que les 4,9 milliards d’euros réclamés par l'Etat brésilien à Vale et BHP ne comprennent pas l’évaluation, qui reste à faire, des dégâts provoqués dans l’océan par le déversement des boues charriées par le fleuve Rio Doce, situé en aval de l'accident. Les avoirs brésiliens des deux minières ont d’ailleurs été gelés.

Encore Des "poissons vivants"

Le groupe minier évoque enfin la présence de poissons vivants, "à la fois des individus et des bancs", repérés par sonar dans le Rio Doce. D’après Samarco, citant une étude réalisée en décembre par Acqua Consultoria, moins de 1% du fleuve a été affecté par la boue, dont la société minière dément la toxicité.

Cette boue ocre contient à la fois les déchets solides de la mine de fer et l’eau du bassin de rétention adjacent. Des prélèvements réalisés dans le Rio Doce par un groupe de chercheurs indépendant (Giaia) révèlent la présence de métaux dissous, fer, aluminium, manganèse et plomb mais également d’arsenic.

Défaut d’entretien

"Je suis persuadé que cet accident est directement imputable à la chute des prix des commodités, confie à l’Usine Nouvelle un dirigeant du secteur. Les sociétés n’investissent plus dans la sécurisation des infrastructures. Avec des marges tombées à 1% ou 2%, elles fonctionnent à flux très tendu."

De fait, Samarco a reconnu des risques de rupture de barrages voisins (Germano et Santarém), font l’objet de rénovations en urgence, à raison de respectivement 45 et 90 jours de travaux, pour éviter tout nouvel accident. Le barrage de Fundão, lui, ne sera a priori jamais reconstruit. Des rapports récents avaient pointé leur fragilité sans entraîner d’action urgente de la part de Samarco.

Les premières indemnisations versées

Début janvier, Samarco a versé les premières avances sur indemnisations financières aux victimes du désastre environnemental, à raison de 100 000 reais brésiliens (un peu moins de 23 000 euros) par membre de la famille disparu ou décédé et 20 000 reais (hors avance) pour leur relogement.

Ni l’accident, ni le surplus de fer ne découragent Vale

Après une révision à la baisse de son objectif 2015 de production de minerai de fer – de 376 millions de tonnes à 355 millions – due entre autres à l’impact de l’accident de Samarco sur les mines voisines de Fabrica Nova et Timbopeba, Vale entend bien restaurer ses marges avec la mise en production mi-2016 du projet S11D (Serra Sul), l’un des plus gros projets miniers dans le fer au niveau mondial.

Myrtille Delamarche

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