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L'Usine Santé

Best-of 2013 : l’affaire des pilules de 3ème et 4ème génération

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Publié le

En portant plainte contre le laboratoire Bayer, en décembre 2012, Marion Larat ouvre le dossier des pilules de 3ème et 4ème génération. Méliane, une pilule contraceptive de 3ème génération produite par le laboratoire Bayer, est accusés d'être responsable de son handicap. Suivront 14 autres plaintes, certaines visant d’autres laboratoires. L’affaire des pilules de 3ème et 4ème génération démontre que la remontée d’information, entre les laboratoires et les médecins, sur les effets indésirables des médicaments est encore insuffisante. Deux ans après l’affaire du Mediator, la pharmacovigilance est à nouveau pointée du doigt.

Best-of 2013 : l’affaire des pilules de 3ème et 4ème génération © Ceridwen - Wikimedia commons - c.c.

En 2006, Marion Larat, étudiante bordelaise de 25 ans, est victime d’un accident vasculaire-cérébral dont elle sortira handicapée. Le 14 décembre 2012, la jeune femme porte plainte contre Bayer, elle rend la pilule contraceptive de 3ème génération, produite par le laboratoire pharmaceutique allemand, responsable de la dégradation de son état de santé.

Son avocat recueille alors plus de 400 témoignages de jeunes filles qui, tout comme Marion Larat, s'étaient vues prescrire une contraceptif de 3ème ou 4ème génération et ont, rapidement, été victimes d'un accident grave. C’est le point de départ de l’affaire des pilules de 3ème et 4ème génération.

LES LABORATOIRES MIS EN CAUSE

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques ont été visés par des plaintes. En premier lieu le laboratoire incriminé par Marion Larat, Bayer, pour ces 5 contraceptifs oraux : Méliane, Moneva, Jasmine, Jasminelle et Melodia. L’allemand produit également Diane 35, un anti-acnéique détourné en pilule et à l’origine de plusieurs décès.

Le laboratoire Effik est également mis en cause pour ses pilules Désobel 20 et 30, Carlin 20 et 30. MSD France (groupe Merck) est visé pour ses pilules Mercilon et Varnoline. Biogaran, filiale de Servier, est également concerné par les plaintes pour la pilule Désogestrel. Enfin, Pfizer est lui pointé du doigt pour Harmonet.

COMBIEN DE VICTIMES ?

Le 26 mars 2013,  l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rendu les conclusions de son rapport sur le risque thromboembolique veineux attribuable aux contraceptifs oraux combinés (COC).

Vingt décès par an par embolie pulmonaire ont été attribués à l’utilisation des COC d'après le rapport. Six décès sont imputables aux COC de 1ère et de 2ème génération, et 14 attribuables aux COC de 3ème et de 4ème génération. Selon des chiffres de 2011, 4,27 millions de femmes utilisent des contraceptifs oraux combinés sur le territoire. La suspension de la vente du médicament Diane 35 imposée par l'ANSM le 30 janvier 2013 a été levée le 31 juillet 2013, bien que quatre décès aient été avérés comme liés à son utilisation.

Dans son avis publié le 30 juillet 2013, la Commission européenne juge que "le rapport bénéfice/risque (de Diane 35) est favorable". Cependant, Diane 35 ne doit ainsi être utilisée "qu'après échec d'un traitement topique ou de traitements antibiotiques systémiques" et "doit être contre-indiquée chez les patientes ayant des antécédents de ou une prédisposition héréditaire à la thrombose veineuse".

QUEL IMPACT SUR L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE ?

Suite au scandale des pilules de 3ème et 4ème génération qui enfle depuis le mois de décembre 2012, les chiffres des ventes de pilules contraceptives ont considérablement chuté. Depuis la prise de parole de Marion Larat en décembre 2012 accusant directement Bayer,  de nombreuses jeunes femmes, victimes d’accidents graves, ont porté plainte contre plusieurs laboratoires pharmaceutiques.

Les ventes de pilules contraceptives de 3ème et 4ème génération ne représentent désormais plus que 32% de l'ensemble des ventes de pilules, contre 68% pour les pilules de 1ère et 2ème génération, selon des chiffres fournis par l'agence du médicament (ANSM).

A QUI CELA PROFITE-T-IL ?

Cette affaire devrait toutefois profiter à quelques laboratoires : les fabricants de pilule de 1ère et 2ème génération. Ainsi, six laboratoires se partagent quasiment l’intégralité du marché des pilules contraceptives.

En effet, un seul un type de pilule existe en 1ère génération, il est commercialisé par Janssen Cilag et six pilules 2ème génération sont délivrées chacune sous une marque différente. Le grand gagnant ? Codepharma, le laboratoire français spécialisé dans la gynécologie,  exploite sept marques de pilules.

VERDICT

Finalement, le 11 octobre 2013, l'Agence européenne du médicament (EMA), saisie par la France pour rendre un avis sur les pilules contraceptives de 3ème et 4ème générations, a rendu un avis favorable.

L’instance européenne a jugé que "les bénéfices de tous les contraceptifs oraux combinés (COC) continuent d'être supérieurs aux risques". Ces pilules ne seront donc pas interdites.

Wassinia Zirar
 

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