Besoin d’une leçon d’aérodynamisme ? Suivez les Ibis

Ces oiseaux migrateurs s’adaptent en permanence pour profiter au mieux des vols en formation. Des chercheurs britanniques l’ont démontré in situ, en bardant les oiseaux de capteurs avant de les accompagner en ULM.

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Besoin d’une leçon d’aérodynamisme ? Suivez les Ibis

C’est l’ULM qui menait la petite troupe de 14 jeunes Ibis, pendant un vol de 43 minutes au-dessus de l’Autriche. Les oiseaux avaient été entraînés à suivre l’aéronef, qui a bien sûr filmé l’événement et qui a surtout permis de recueillir des masses de données sur le comportement des Ibis pendant le vol. Chaque oiseau était localisé par un GPS très précis, tandis que des accéléromètres détectaient ses mouvements, particulièrement le moindre de ses battements d’ailes. Plus de 180 000 battements d’ailes ont été analysés…

Les chercheurs du Royal Veterinary College de Londres ont démontré et mesuré avec précision ce qui était jusqu’ici considéré comme impossible : les oiseaux perçoivent leur environnement aérodynamique complexe pendant le vol en formation, et adaptent dynamiquement leur vol pour en profiter au maximum.

Ainsi, quand les Ibis adoptent la formation en V, les mesures effectuées montrent que les battements d’ailes sont en phase, de manière à maximiser la capture des déflexions de l’air vers le haut. Mais quand ils volent en ligne, les uns derrière les autres, les battements d’ailes de deux oiseaux consécutifs sont au contraire en opposition de phase, pour éviter des effets aérodynamiques négatifs. Ce qui démontre que les volatiles ont une perception fine et immédiate de leur environnement aérodynamique, et qu’ils ont appris à en tirer parti.

Pour réussir leur expérimentation, les chercheurs ont mis au point une électronique embarquée ultra-légère : 27 grammes en tout, soit moins de 5% du poids du plus léger des Ibis sélectionnés pour l’opération. Les oiseaux ont tout de même subi des mois d’entraînement pour s’habituer à cette charge supplémentaire sur leur dos. La partie électronique du projet (matériels et logiciels d’analyse) pourrait s’avérer utile pour développer le vol de groupes de drones.

Thierry Lucas

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