Bertrand Faurele " Siège d'automobile évolutif "

Le nouveau siège électrique de Bertrand Faure, qui combine une infinité de réglages, anticipe les besoins futurs des constructeurs d'automobiles.

 

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Toujours plus de simplification : tel a été le leitmotiv des ingénieurs de Bertrand Faure qui ont travaillé sur l'Edra, le nouveau siège électrique de l'équipementier. Un siège simple à régler et offrant des possibilités d'évolution, dont la mise au point a mobilisé une dizaine d'électroniciens, d'ergonomistes et de designers pendant plusieurs mois. Le concept aujourd'hui finalisé, l'entreprise a profité du Mondial de l'automobile pour le présenter à ses donneurs d'ordres. Réglages en hauteur, en profondeur, en inclinaison, en proximité du volant..., la plupart des sièges électriques de voiture savent le faire aujourd'hui. Mais au prix de manipulations généralement compliquées. " Les boutons sont souvent nombreux. Le conducteur n'arrive pas toujours à les atteindre. Pour s'y retrouver, il doit presque ressortir la notice du véhicule ", ironise Jean-Marc Judic, ingénieur de recherche chez Bertrand Faure. Pour l'équipementier, le défi était clair : se démarquer de ses concurrents en misant sur la facilité d'utilisation. L'entreprise parie donc sur une commande tactile installé dans le flanc du siège, à portée de main (gauche) du conducteur. Pour changer de position, il suffit de tâtonner sur le côté du siège. Un écran apparaît, sur le pare-brise, selon le principe de la vision " tête haute ". Trois dessins, qui symbolisent un oeil, une main et un pied, se mettent en place. " En position de conduite, il faut être dans les bonnes conditions pour voir la route, atteindre le volant et les pédales. C'est pourquoi nous avons retenu ces trois symboles ", souligne Patrick Van Effenterre, directeur " recherche produit ". Si le conducteur a l'impression de n'agir que dans trois directions, ce sont en vérité une combinaison infinie de mouvements qui vont se mettre en place. Attention, donc, aux apparences ! L'Edra n'est pas si simple qu'il en a l'air. Lorsqu'il effleure son écran - sa main agissant comme une souris d'ordinateur -, le conducteur met en route un calculateur qui combine plusieurs réglages. Dès qu'il modifie sa proximité par rapport au volant, par exemple, un algorithme adapte le siège en conséquence et cherche la position idéale du dossier, son inclinaison, la hauteur d'assise. Dommage de cantonner cette électronique au seul réglage, pense-t-on chez Bertrand Faure ! Les ingénieurs envisagent alors d'enrichir leur siège de fonctions " mémoire ", " position d'accueil " ou " système relaxant ". " Sans coût supplémentaire, il est possible d'y rajouter une quantité d'autres fonctionnalités ", insiste Jean-Marc Judic. En avoir plus pour le même prix, c'est très bien, mais avoir tout cela pour un prix inférieur aux sièges électriques classiques, ce serait encore mieux. S'ils reconnaissent aujourd'hui que leur produit n'est guère meilleur marché que ses concurrents (il faut compter environ 5 000 francs de plus par véhicule pour avoir un siège " intelligent "), les ingénieurs de Bertrand Faure misent sur un effet de volume pour baisser leurs étiquettes. Comprenez : le système de réglage électronique peut facilement s'adapter d'un véhicule à l'autre. Il suffit de reprogrammer le logiciel pour que le siège puisse être installé dans un autre habitacle de véhicule. Plus besoin de recalculer tous les mécanismes et toutes les cotes, l'adaptation se fait par une mise à jour de quelques données ! A frais et temps réduits ! Un argument de poids qui - les hommes de Bertrand Faure l'espèrent - convaincra les constructeurs. A la clé : l'ouverture du marché grâce à une réelle démocratisation du siège électrique. Les études clientèles l'ont confirmé, ce marché existe. Fidèle à ses habitudes, l'équipementier a en effet mené de front études subjectives et calculs sophistiqués. Tous les salariés du site d'Etampes, des ingénieurs de recherche aux secrétaires, en passant par les opérateurs de production ont ainsi été invités à essayer l'Edra. Leurs avis étant minutieusement recueillis et analysés. Fidèle à sa démarche volontariste, Bertrand Faure n'a pas non plus attendu les constructeurs pour lancer son produit. " Les temps de développement des véhicules sont aujourd'hui tellement courts que ce n'est pas à ces moments-là que l'on peut mettre au point ce type de produit. Il faut l'avoir fait avant ", souligne Gaston Jacques, directeur " produit recherche-développement " du groupe.

L'enjeu

· Ouvrir le marché du siège électrique avec un produit facilement adaptable d'un modèle de véhicule à l'autre.

le défi

· Faire un siège facile à régler par l'utilisateur alors même que ses coussins sont bardés de la dernière technologie électronique.

Les moyens

· Une dizaine de personnes, organisées en équipe de projet, y ont travaillé pendant un an.

L'avis de l'expert

Jean-Pierre Verriest
, directeur de recherche au laboratoire " ergonomie, santé confort " de l'Inrest.

"Chercher à simplifier les modalités de réglage des sièges va dans le bon sens. Il y a un réel besoin de synthétiser toutes les commandes mises à la disposition des conducteurs, mais je serais plus réservé sur le choix d'un système à vision "tête haute". Certes, ce type de réglage, hérité de l'aviation, ajoute à l'image de marque du produit, mais il y a un risque à trop encombrer le conducteur avec toutes ces aides à la conduite et autres fonctions que l'on veut afficher sur le pare-brise. Pour bien régler son siège, il reste toujours plus prudent de s'arrêter. D'autant que le confort, cela se ressent avec son corps, cela ne se regarde pas sur un écran ! "

USINE NOUVELLE N°2569

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