Bernard Larrouturou, tête chercheuse

Il dit en avoir envie depuis longtemps. Et le fait. L'ex-directeur général du CNRS rejoint l'industrie en tant que directeur innovation du leader mondial de la distribution électrique.

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Un physique de rugbyman, un mental de bête à concours, un patronyme difficilement prononçable... Bernard Larrouturou, le nouveau directeur de l'innovation de Schneider Electric, est de ceux qu'on n'oublie pas près l'avoir croisé. Du Béarn, le berceau de sa famille - lui même est né à Clermont-Ferrand, il y a 48 ans, il a hérité d'un caractère bien trempé. Avec de la suite dans les idées. Premier à l'entrée de Polytechnique, il l'était aussi à la sortie... Par la suite, ce scientifique de haute volée, spécialiste de la modélisation numérique et de la mécanique des fluides, a enchaîné les missions de recherche et d'enseignement.

Puis les responsabilités,toujours au service de l'Etat : direction du Cermics(lire ci-contre) en 1990, présidence de l'Inria et de sa start-up Simulog en 1996. « L'un des rares moments où j'ai mal dormi, confie-t-il. Simulog était mal en point et il m'incombait d'y remettre de l'ordre, ce que j'ai fait. » En juillet 2003, il est nommé directeur général du CNRS par la ministre Claudie Haigneré. Il sera limogé en janvier 2006 par son successeur François Goulard, alors qu'il tentait de réformer l'organisme public. Son seul échec.
« Le CNRS a été mis sous pression, reconnaît-il. Mais la recherche a surtout de la peine à admettre l'intérêt du management.» Quoi qu'il en soit, ces deux années et demie passées à la tête du CNRS lui auront beaucoup apporté. « Elles ont fait de moi un dirigeant, et plus seulement un chercheur. » Ce dont Eric Pilaud, directeur général de Schneider Electric, en charge de la stratégie,est lui aussi convaincu.
« L'idée de créer une direction de l'innovation n'est pas nouvelle, nous cherchions seulement la bonne personne. En attirant des collaborateurs du calibre de Bernard Larrouturou, nous avons l'ambition de booster la créativité de Schneider dans tous les domaines. Pas seulement dans les produits mais aussi dans les procédés de fabrication, la commercialisation, les business models, les services... »

Sa mission : la multiplication des partenariats techniques et l'animation du fonds d'investissement Schneider Electric Ventures (30 millions d'euros et 17 startup en gestion). Responsable d'une équipe légère, Bernard Larrouturou devra faire jaillir les idées, les sélectionner, réfléchir à leur financement. En consultant si besoin des ethnologues, des sociologues, des spécialistes de la consommation... Un changement assez radical, presqu'un retour sur terre, qui n'est pas pour déplaire à ce père de huit enfants,lui-même issu d'une fratrie de six garçons, parmilesquels plusieurs dirigeants ou personnalités. « Les réunions familiales sont assez animées, voire houleuses lorsqu'il s'agit de discuter avec mon frère Pierre - économiste et homme politique - partisan de la semaine de quatre jours, dont je ne partage pas les idées ! » Au moins Schneider Electric ne s'est pas trompé de Larrouturou...

J. G


Ses datent clés :

1980 Major de l'Ecole polytechnique.
Lauréat du prix Laplace décerné par l'Académie des sciences.

1982 Ingénieur des Ponts et Chaussées.

1983 Chargé de recherche à l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique).

1987 Directeur de recherche à l'Inria.

1990 Directeur du Cermics (Centre d'enseignement et de recherche en ,informatique et calcul mathématiques scientifique). Habilitation à diriger des recherches.

1993 Professeur de mathématiques à l'Ecole polytechnique.

1996 Présidence de l'Inria et de Simulog, sa première start-up.

Juillet 2003 à Janvier 2006 Direction générale du CNRS.

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