Economie

Bernard Arnault, les patrons et la France

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Bernard Arnault, les patrons et la France © P.G.

Finalement, la question que nous pose Bernard Arnault dans sa volonté de faire allégeance au roi des Belges, c’est celle de notre attachement à notre pays. Pensons-nous que la France vaut encore le coup d’être vécu ? Les impôts trop élevés et les administrations trop tatillonnes, les entreprises d’Etat trop protégées et leurs trains jamais à l’heure, les salaires trop bas et le coût du travail trop élevé… Qui n’a jamais pesté contre l’une au moins de ces images d’Epinal ?

Râler, on le sait, est une spécialité nationale et tout irait bien si l’on en restait là. Mais, ces dernières semaines, ce mécontentement s’est cristallisé fortement auprès des élites économiques de notre pays. La révélation du projet de Bernard Arnault (qui a précisé vouloir rester en France) a alors désinhibé tous ceux qui jusque-là se plaignaient discrètement du changement de majorité et de son programme. Des discussions qui étaient restés tapies dans les couloirs feutrés des entreprises se trouvent aujourd’hui étalées sur les réseaux sociaux. Les dirigeants s’inquiètent de tous ces projets de taxation supplémentaire. Ils se vivent comme les bouc-émissaires du gouvernement. La tranche d’imposition à 75 %, le nouvel impôt sur les sociétés, la fin des exonérations sur les heures supplémentaires… ils pensent honnêtement que les mesures de redressement ont été conçues spécialement contre eux. Et ils menacent : si ces projets passent, je quitte la France.

Cette fuite des entrepreneurs –comme ils se nomment eux-mêmes- est une vraie menace pour l’économie. Ce sont eux qui font la richesse de notre nation, eux qui créent des emplois, qui investissent et fondent des usines. Et, pour cela, il faut les préserver. Mais, si l’on veut être tout à fait juste, on ne peut pas non plus faire totalement abstraction du contexte dans lequel se trouve notre pays et sanctuariser les chefs d’entreprise. Lorsque le premier poste de dépenses de l’Etat est le remboursement de la dette, chacun d’entre nous peut comprendre que le redressement du pays exige des efforts. Et si l’on juge ces prélèvements confiscatoires et iniques, on peut aussi estimer qu’ils sont un juste retour sur la réussite que notre pays nous a permis de réaliser.

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