Berlin veut rapidement monter au capital d'EADS

L'Allemagne est pressée d'augmenter sa participation dans EADS, de crainte de voir Daimler vendre une partie de la sienne sur le marché, montre un document gouvernemental que s'est procuré Reuters. Berlin souhaiterait en effet conserver son influence sur la gestion du groupe d'aéronautique et de défense.

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Berlin veut rapidement monter au capital d'EADS

Dans ce rapport destiné à la commission du Budget du Bundestag, la chambre basse du parlement, et daté du 23 octobre, le ministère de l'Economie avertit que Berlin risque de perdre au profit de Paris la bataille en cours pour le partage équitable du contrôle exercé par les Etats sur la stratégie et la gouvernance d'EADS.

Cette démarche intervient moins de deux semaines après l'annonce de l'échec des pourparlers de fusion entre la maison mère d'Airbus et le britannique BAE Systems, échec attribué pour une bonne part aux réticences du gouvernement allemand.

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Selon le projet détaillé dans le rapport, la banque publique KfW devrait porter sa participation dans EADS de 1% à 13% en deux étapes d'ici la fin de l'année.

Elle rachèterait dans un premier temps 4,5% du capital à sept institutions financières regroupées au sein du consortium Dedalus, puis la moitié de la participation de 15% actuellement détenue par Daimler.

"L'opération dans son ensemble doit être réalisée rapidement; dans le cas contraire, il existe un risque concret de voir Daimler vendre ses titres sur le marché. Dans ce cas, l'équilibre franco-allemand serait rompu au détriment de l'Allemagne", explique le document du ministère.

Il demande donc au Bundestag de débloquer 1,65 milliard d'euros pour financer la reprise des parts de Daimler. Dans une note, le rapport précise qu'un milliard supplémentaire est nécessaire pour reprendre la participation de Dedalus.

UN DÉSÉQUILIBRE INÉVITABLE

Le gouvernement allemand et KfW ont refusé de commenter ces informations.

Même si Berlin parvenait à mettre ce projet à exécution, le gouvernement d'Angela Merkel risquerait de voir réduite son influence sur EADS à cause d'un pacte d'actionnaires qui empêche de fait KfW de jouir de la totalité des droits de vote liés aux actions qu'elle prévoit de racheter.

Si elle venait à obtenir ces droits, la banque publique serait en principe contrainte de lancer une offre publique d'achat sur le reste du capital pour se conformer au droit boursier néerlandais, qui régit les statuts d'EADS.

"A la lumière de la réglementation néerlandaise sur les OPA et de l'objectif d'éviter une offre d'achat résultant de l'entrée de KfW dans le pacte d'actionnaires, il est inévitable que nos droits de participation diffèrent de ceux de l'Etat français", constate le ministère.

"Le gouvernement fédéral souhaite limiter autant que possible cette différence."

Selon le ministère, KfW a besoin de l'accord du gouvernement français pour rejoindre le pacte d'actionnaires d'EADS. Le rapport précise que les négociations avec Paris avaient atteint une stade très avancé en juillet, avant d'être interrompues début septembre par l'annonce des pourparlers entre EADS et BAE.

"Depuis (l'échec du projet de fusion), les négociations avec la France et Daimler concernant le rachat d'actions ont été vigoureusement poursuivies", ajoute-t-il.

Un porte-parole de Daimler a réaffirmé la volonté du groupe de réduire sa participation dans EADS avant la fin de cette année et précisé que les discussions avec le gouvernement allemand étaient constructives.

Le constructeur automobile possède actuellement 15% du capital d'EADS et exerce les droits de vote sur 7,5% supplémentaires détenus par Dedalus.

(Avec Reuters, par Matthias Sobolewski, Marc Angrand pour le service français, édité par Cyril Altmeyer)

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