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Face à la fin du diesel, Bercy veut mettre en place un plan d'action pour aider la filière automobile

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Le ministère de l'Economie avait réuni des représentants de syndicats, d'entreprises et de régions afin de discuter de la transition énergétique en cours, et notamment le déclin rapide de la part de diesel dans les ventes de voitures neuves.

Face à la fin du diesel, Bercy veut mettre en place un plan d'action pour aider la filière automobile
Le déclin rapide du diesel menace plus d'une dizaine de de millier d'emplois en France, selon le président de la plateforme automobile (PFA), Luc Chatel.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Comment accompagner la filière automobile française dans la transition énergétique en cours ? C’était, en résumé, l’objet de la réunion qui a rassemblé au ministère de l’Economie à Paris, lundi 11 mars, plusieurs représentants de régions, des grandes entreprises du secteur (PSA, Renault, Toyota, Faurecia, Michelin, Valeo, Plastic Omnium) et des syndicats. Avec un sujet de préoccupation majeur : la rapidité de la décroissance du diesel, une spécialité française.

Entre 2014 et 2018, la part de véhicules particuliers roulant au diesel dans le total des ventes en France est passée de 64% à 39%. Une chute rapide qui touche directement les fournisseurs de technologies destinées à équiper les moteurs fonctionnant au gazole. L’usine de Bosch à Rodez (Aveyron), positionnée sur la production d’injecteurs pour moteurs diesel, en est une illustration. Les fonderies Saint Jean Industries et Fonderie Fonte (Vienne) subissent pour leur part la baisse des commandes de leur principal client, Renault, toujours sous l’effet de la décroissance du diesel.

"La fonte d’acier et d’aluminium, l’usinage et l’assemblage de pièces mécaniques spécifiques aux moteurs diesel sont directement confrontés à des baisses de commandes de la part des constructeurs", résume une étude réalisée par l’Observatoire de la Métallurgie fin 2018. "Une centaine, le nombre d’entreprises touchées par la diminution du diesel, dont 35 sites directement, précisait en début d’année Luc Chatel, directeur de la plateforme automobile (PFA). Sur les 37 000 emplois que compte la France dans le diesel, 15 000 sont menacés à court terme".

Etude sur les émissions de CO2 et NOx

Dans un tel contexte, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a appelé dans un communiqué à "la mobilisation générale pour accompagner les évolutions de la filière automobile". "S'il y a bien une chose qui est ressortie de cette réunion, c'est l'urgence et le fait que la course dans la transition à l'oeuvre ne fait que commencer", a mis en avant Gabriel Artero, président de CFE-CGC Métallurgie. Parmi les éléments de réponse apportés à l’issue de la réunion organisée lundi 11 mars, Bercy a annoncé la mise au point d’une cartographie des sites menacés pour en assurer le suivi, ainsi qu’un recours renforcé à l’appel à projets "Innovation et diversification d’entreprises spécialisées dans le diesel" et doté d’une enveloppe de 18 millions d’euros.

En parallèle, "une étude scientifique sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’oxyde d’azote (NOx) en conditions réelles des véhicules récents tant diesel qu’essence" doit être mise en place. Une décision qui intervient alors que de nombreuses voix s’élèvent en faveur de l’attribution de la vignette Crit'Air 1 pour les diesel les plus récents. Pour l’heure, les véhicules fonctionnant au gazole ne peuvent pas prétendre à cette vignette, car considérés comme plus émetteurs de dioxyde d’azote (NOx) et de particules fines, problématiques sur le plan de la qualité de l’air.

Une position sur laquelle le ministère de l’Economie semble vouloir revenir. Début février, Bercy aurait ainsi proposé en réunion interministérielle la possibilité d’accorder la vignette "Crit’Air 1" aux véhicules les plus récents fonctionnant au gazole. De quoi satisfaire certains industriels comme Bosch. "Avec la nouvelle homologation WLTP et les nouvelles motorisations diesel qui arrivent, le niveau d’émission de CO2 des véhicules diesel est si faible que je ne vois pas de raison de réserver la vignette 1 à l’essence", expliquait il y a peu Heiko Carrie, patron France-Benelux de Bosch. 

 

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1 commentaire

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28/04/2019 - 17h36 -

la France a toujours un train de retard les constructeurs français se sont voilés la face en pensant bêtement que le tout diesel continuerai éternellement et que le mouvement pour l'hybride ou le tout électrique serait une lubie d'écolos malheureusement c'est irréversible et on aura du mal a combler notre retard dans ce domaine
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