Bénéteau dans la course au moteur

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Bénéteau dans la course au moteur

Le leader mondial de la voile est encore un petit acteur sur le marché des bateaux à moteur. Son ambition : figurer parmi les trois premiers européens à l'horizon 2010.

On ne peut pas être au « top » partout. Leader mondial incontesté de la voile, toutes tailles de bateaux confondues avec ses marques Bénéteau, Jeanneau, Wauquiez, Lagoon et CNB, le champion vendéen est beaucoup plus timide dans les bateaux à moteur, un secteur sur lequel il ne réalise que 250 millions d'euros de chiffre d'affaires. Huit fois plus important en volume que le marché de la voile, le motonautisme constitue « le » terrain de conquête pour Bénéteau. Bruno Cathelinais, le président du directoire, a clairement fixé le cap : figurer dans les trois premiers européens d'ici à 2010.

Le groupe devra élargir son catalogue en l'enrichissant de bateaux plus grands. Focalisé sur les petites unités (5 à 9 mètres), plus facilement industrialisables, il fait encore figure de « second couteau » à côté des grands spécialistes américains du bateau de lac (Genmar ou Brunswick), ou encore des italiens Ferretti ou Azimut, qui ratissent le marché avec une offre très large appuyée par des dizaines de marques chacun.

Pour le français, qui est resté à l'écart du boom des yachts de grande plaisance aux fortes marges et relativement peu influencés par les aléas de conjoncture, il est temps de passer à l'offensive. La conquête du marché européen passera par celle des bateaux de 9 à 15 mètres. Avant d'attaquer la grande plaisance de luxe. Une opération de croissance externe sur ce dernier segment constituerait une perspective intéressante pour celui qui voudrait grandir rapidement. En septembre, Bruno Cathelinais s'est dit prêt à mobiliser 600 millions d'euros pour un éventuel rachat. Bénéteau opérerait alors comme il l'a fait sur la voile : après avoir mis la main sur CNB, le spécialiste des voiliers de très grande taille, le groupe s'est attaché à combler progressivement sa gamme avec des bateaux de taille intermédiaire. Sauf que sur les grands yachts à moteur, les affaires restent chères, compte tenu des perspectives de croissance qu'elles offrent. « Tous les dossiers que nous avons regardés jusqu'à présent étaient survalorisés. Dans ces conditions, nous préférons investir dans des projets de développement interne, plus lents, mais plus sûrs », indique le président du directoire.

Une forte diminution du temps de conception

Le niveau de rentabilité du groupe - l'objectif de marge nette a été fixé à 8,8 % pour l'exercice en cours - l'autorise à compter sur ses propres capacités de développement. Sa nouvelle organisation industrielle a déjà permis une forte diminution du temps de conception des derniers modèles. Cette année, Bénéteau et Jeanneau ont lancé 14 nouveaux modèles dont un 42 pieds Jeanneau Prestige (13 mètres). Un record. Dans les usines, les temps d'assemblage ont baissé grâce à la standardisation des modes opératoires sur les lignes et à la multiplication d'éléments et de sous-ensembles communs entre chaque bateau. Sur les ensembles de bloc moteur, par exemple, le nombre de références à été divisé par 5 en deux ans.

Ce travail de standardisation, encore en cours, a été confié au nouveau centre de recherche-développement du groupe, basé à Dompierre-sur-Yon (Vendée) et baptisé BJ Technologies. Son credo : accélérer le « cross over » en mettant en commun tout ce qui peut l'être au sein du groupe, à la fois en termes d'ingénierie, de méthodes et de pièces. Et de respecter les impératifs de coûts fixés par la direction : limiter à 15 % la part de main- d'oeuvre dans la fabrication d'un bateau de 9 à 15 mètres. Sans per- dre l'identité des marques. Un vrai défi.


Y. D.

Publié la semaine du 6 au 13 Décembre 2007

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