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L'Usine Aéro

Bell compte reconquérir sa place de numéro un mondial des hélicoptères, devant Airbus

Olivier James , , ,

Publié le

Alors que le marché des hélicoptères connaît une passe difficile, l’américain Bell Helicopter cherche à reconquérir le secteur civil. Il ambitionne de passer devant le numéro un mondial, Airbus Helicopters.

Bell compte reconquérir sa place de numéro un mondial des hélicoptères, devant Airbus © DR

Les ambitions sont clairement affichées. "Nous avons longtemps été numéro un mondial et il n’y a aucune raison pour que Bell ne reprenne pas cette place". Par la voix de Patrick Moulay, vice-président des ventes et du marketing international, Bell Helicopter (groupe Textron) ne fait pas mystère de sa stratégie : le groupe compte dans les prochaines années récupérer le sceptre de numéro un mondial du secteur des hélicoptères, détenu par son rival européen Airbus Helicopters. Un objectif expliqué lors d’une rencontre organisée par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE), mardi 17 mai.

Un but ambitieux : en 2015, Airbus Helicopters détenait 45% du marché civil en nombre d'appareils vendus, contre 19,5% pour Bell qui se situait en deuxième position. Mais qui traduisent avant tout la volonté de Bell de revenir sur un terrain civil délaissé plus de dix années durant aux profits du militaire, alimenté par de grands contrats passés avec l’armée américaine. "Nous sommes encore trop tournés vers le militaire, qui représente 62% de notre chiffre d’affaires", admet Patrick Moulay.

Un rééquilibrage qui pourrait très vite grignoter des parts de marché du côté d’Airbus Helicopters, d’autant que l’hélicoptériste européen fait face à plusieurs accidents graves impliquant ses appareils. Une tendance que confirme des données obtenues auprès du cabinet Boston Consulting Group. La répartition des parts de marché en chiffre d'affaires est évaluée en 2015 à 36% pour Airbus Helicoptres et 15% pour Bell. En 2014, le cabinet prévoit un recul de l'européen (34%) au profit de l'américain (19%).

Le 525 introduit une rupture technologique

Comment Bell espère réussir sa reconquête, alors même que le secteur connaît une chute historique des commandes en raison des affres de l’industrie pétrolière ? Par le lancement simultané de plusieurs appareils. Dans le civil, Bell s’apprête d’ici la fin de l’année à livrer les premiers exemplaires de son 505 Jet Ranger X, successeur de bestseller du groupe, justement dénommé Jet Ranger. Un appareil dans la catégorie des légers monomoteurs qui cumule 380 lettres d’intention d’achat. Il vise à concurrencer l’EC120 d’Airbus Helicopters grâce à un prix de vente qui se veut compétitif, approchant le million d’euros.

Surtout, Bell est engagé dans un programme plus ambitieux d’hélicoptère de dimensions supérieures, le 525, pouvant embarquer jusqu’à 18 passagers. "La certification et les premières livraisons sont toujours prévues pour 2017, assure Patrick Moulay. Nous avons enregistré 80 lettres d’intention. Surtout, cet hélicoptère représente une rupture technologique". Explication : il s’agit du premier hélicoptère civil muni notamment de commandes de vols électriques, à l’image de l’A320 dans l’aviation commerciale.

Offensives commerciales et marketing

De quoi moderniser la manière de piloter les hélicoptères. Une technologie qu’Airbus Helicopters n’a finalement pas intégré à son H160 en cours de développement. Elle le sera dans le futur X6 en gestation. Le pari d’un appareil hi-tech comme le 525 sera-t-il payant ? Il est trop tôt pour le dire. Mais Patrick Moulay se veut confiant qui met en avant les avantages au niveau de la sécurité. Et qui manie coup de pression et diplomatie. "Le 525 n’est pas le concurrent du Super Puma d’Airbus Helicopters. C’est son remplaçant".

A cette offensive commerciale de l’américain s’ajoute une volonté de se rapprocher des clients européens, quelque peu délaissés jusque-là car trop americano-centré. Bell possède déjà quatre implantations en Europe, à Prague (République Tchèque), Valence (Espagne), Amsterdam (Pays-Bas) et Warminster (Royaume-Uni). En Espagne, le groupe va ouvrir dans les prochains mois un centre de formation des pilotes muni de simulateurs de vol.

"Nous réfléchissons à l’opportunité d’ouvrir un autre centre de formation en mer du Nord, dédié au 525 pour les besoins de l’industrie pétrolière et gazière", précise Patrick Moulay. C’est aussi sur le plan marketing que Bell compte gagner du terrain. Le groupe a lancé il y a deux mois des contrats de ventes d’hélicoptères avec des coûts garantis. Ce qui permet à un client d’évaluer à l’avance ses coûts de fonctionnement. Bell avance ses pions sur un terrain de jeu qu’il a laissé en friches. Airbus Helicopters, mais aussi la division hélicoptère de l’italien Leonardo (ex-Finmeccanica), ne manqueront pas d’avancer les leurs.

Olivier James

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