"Belfort restera un site majeur", assure le directeur général de General Electric France

General Electric (GE) justifie sa décision. Dimanche 2 juin, dans un entretien, le directeur général de GE France assure que le site de Belfort (Territoire de Belfort) restera "le premier site industriel de GE Power en Europe". L'entreprise a annoncé le 28 mai son souhait d'y supprimer un millier d'emplois, soit un quart des salariés.

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Ce plan était attendu depuis plusieurs mois, le marché de l'énergie et notamment des turbines à gaz traversant une période difficile à l'échelle mondiale. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

Belfort (Territoire de Belfort), où General Electric veut supprimer un millier d'emplois, restera un site majeur du groupe américain, promet le directeur général de GE France, Hugh Bailey, dans un entretien accordé dimanche 2 juin au Journal du Dimanche.

Le conglomérat a annoncé l'ouverture à la mi-juin de négociations sur ces suppressions d'emplois. Ce plan était attendu depuis plusieurs mois, le marché de l'énergie et notamment des turbines à gaz traversant une période difficile à l'échelle mondiale.

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"Belfort ne fermera pas"

"Belfort ne fermera pas. Il restera le premier site industriel de GE Power en Europe. Nous y avons des compétences d'excellence", déclare Hugh Bailey. "Belfort restera un site majeur de GE. Mais pour cela, nous devons nous adapter."

"Présenter ce projet, c'est une décision difficile, mais qui nous permettrait d'assurer la pérennité de l'outil industriel, des savoir-faire et de l'emploi", poursuit-il.

Hugh Bailey reconnaît que le groupe n'a pas tenu sa promesse de créer 1000 postes en France, faite lorsqu'il a racheté la division énergie d'Alstom en 2015. "Dans un contexte difficile, nous avons recruté près de 3000 personnes en trois ans. Mais nous ne sommes pas parvenus à la création des 1000 emplois nets", dit-il, en précisant que le groupe avait "une forte ambition dans le renouvelable, qui n'est que décalée dans le temps", dans l'attente en particulier du démarrage de chantiers dans l'éolien en mer.

Le DG France, qui était dans les cabinets d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et d'Emmanuel Macron, ministre de l'Économie au moment de la vente d'Alstom à GE, déclare ne pas avoir travaillé à l'époque sur ce dossier "qui était hors de [son] champ de compétence".

Bruno Le Maire à Belfort le 3 juin

Le gouvernement "prendra au mot" le DG France de GE, a fait savoir dimanche 2 juin la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, sur Europe 1.

"Il s'engage à maintenir l'outil industriel, les savoir-faire et l'emploi. C'est splendide. On sera derrière lui et on s'assurera que ces trois belles propositions soient mises en oeuvre concrètement dans les mois qui viennent", a-t-elle dit.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, doit se rendre sur le site de Belfort lundi 3 juin pour "être aux côtés des organisations syndicales, des salariés et des élus locaux", et pour "montrer qu'on ne se laissera pas faire", ajoute-t-elle. "On ne se laissera pas embobiner par de belles paroles mais on sera, emploi par emploi, à demander des explications et des développements industriels", ajoute-t-elle.

Les syndicats de GE en France ont contesté mercredi 29 mai le plan social envisagé dans l'activité turbines à gaz, y voyant une volonté de délocalisation.

Avec Reuters (Jean-Baptiste Vey, avec Caroline Pailliez, édité par Pierre Serisier)

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