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L'Usine Agro

Bel veut du temps pour dialoguer avec les producteurs de lait

Publié le

Le camembert Président et les Vache qui rit étiquetés, et les groupes Lactalis et Bel, leurs fabricants, qui n’ont pas le sourire. Depuis quelques semaines, les acteurs du marché du lait sont en désaccord sur la fixation des tarifs. Un désaccord qui a pris un tournant protestataire et juridique.

Bel veut du temps pour dialoguer avec les producteurs de lait © DR

« Nous ne sommes pas fermés au dialogue, mais il faut du temps », assure Guillaume Jouët, chargé de la communication pour le groupe laitier Bel. Il répond ainsi à un ultimatum déposé par les fabricants de lait en colère depuis plusieurs semaines.

Au cœur de la contestation : l’impasse dans la fixation des prix du lait. Selon l’accord signé entre les différents acteurs du marché le 3 juin 2009, des négociations régulières doivent permettre de définir les indicateurs économiques utiles à la définition des prix du lait par secteur et produits. Parmi ces indices se trouvent entre autres la tenue du marché ou l’indice de compétitivité entre la France et l’Allemagne. Dans ce dernier pays, les prix du lait sont en effet 30 à 40 euros de moins qu’en France pour 1000 litres.

Or, en juillet, après neuf réunions depuis début 2010, les acteurs n’ont pas trouvé de consensus. « Il existe deux positions dans le débat : celles des industriels, qui voudraient coller au marché allemand, et celles des producteurs de lait qui veulent s’en détacher et voir les prix s’indexer sur le marché français », précise Guillaume Jouët.

Des indices à définir


Les producteurs de lait réclament en effet aux industriels l’indexation des prix du lait sur le marché, qui a repris en 2010. « En 2009, au moment où cela n’allait pas, les prix ont chuté, et nous avons subi, avec des perte de revenus de 50% pour certains, explique la Fédération nationale des syndicats d’exploitations agricoles (FNSEA).  Mais maintenant que cela repart, l’indexation dans l’autre sens n’est pas faite par les industriels ». Selon les syndicats de producteurs, cette situation permettrait aux groupes industriels de revenir sur l’accord du 3 juin 2009 et de « refaire leur trésorerie ». « On ne peut pas imposer le prix allemand sans condition, puisque les producteurs bénéficient là-bas d’un accompagnement fiscal et social de la part du gouvernement », a protesté la section lait de la FRSEA Bretagne, l’un des importants bassins laitiers français.

Chez Bel, on explique avoir proposé des prix du lait autour de 322 euros pour 1000 litres pour les mois de juillet et août, avant d’effectuer un lissage sur tout le second semestre à définir lors de rencontres en septembre. « Pour l’été, il fallait bien qu’on se positionne. Mais nous voulons tout redéfinir lors de nos discussions de septembre », détaille le responsable communication de Bel.

Etiquettage et ultimatum

Face à la position des industriels, les producteurs de lait ont lancé des opérations coup de poing en étiquetant les produits laitiers des marques Bel, Bongrain ou Lactalis dans les supermarchés, tendant au boycott de ces marques par les consommateurs. Une opération qui « entache l’image du groupe », selon Lactalis (fabricant des camemberts Président), qui a déposé plainte le 10 août contre la Fédération départementale des syndicats agricoles (FDSEA) et les Jeunes agriculteurs (JA) dans l’Orne.

Plus encore, la montée en puissance du mouvement a conduit les producteurs de lait a déposé un ultimatum aux industriels le 12 août. A cette date, des délégations d’une quinzaine de personnes se rendront aux sièges sociaux des groupes Bel, Bongrain, Lactalis, Sodiaal et Laïta. « L’idée étant de repartir avec la confirmation d’une réunion dans les prochains jours réunissant toute la profession pour reparler du prix du lait, assure la FNSEA. Ce que nous voulons, c’est ouvrir le dialogue ». En cas d’échec, ils promettent de taper plus fort et réfléchissent actuellement aux méthodes à employer.

12 août versus septembre

Dans un communiqué le groupe Bel a expliqué ne pas comprendre cette attitude, alors même qu'il avait anticipé la situation et proposé aux parties de se réunir en septembre. Une date trop éloignée, selon la FNSEA. « Nous ne rejetons pas le dialogue, nous n’avons jamais fermé la porte à nos producteurs. Mais il faut prendre du temps pour poser les bases d’une réflexion qui donnera plus de visibilité à tout le monde. Huit jours, c’est trop court », explique-t-on chez Bel.

Du côté du ministère de l’Agriculture, on réclame que les parties trouvent un accord. « Je souhaite que les producteurs soient correctement rémunérés, a expliqué le ministre Bruno Lemaire le 4 août sur RTL. Et au-delà sur le long terme je souhaite qu’on sorte de ce système où tous les trois mois il y a une crise sur le prix du lait ».  Suite au 12 août.


 

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1 commentaire

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11/08/2010 - 07h35 -

Comment les industriels expliquent que d'un prix d'achat de 17 centimes le litre de lait, le consommateur le retrouve à 1 euros, voire plus ??? comme d'habitude ce sont toujours les mêmes qui se gavent!!
aussi, je suis entièrement d'accord avec les producteurs ..il FAUT IMPERATIVEMENT BOYCOTTER tous les produits laitiers sans exception..
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