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Quotidien des Usines

Becker industrie fait main basse sur blancomme

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Publié le

Le spécialiste suédois des peintures industrielles a enfin décidé l'entreprise familiale française Blancomme à lui céder ses activités. Dont les marchés très convoités du ferroviaire et des poudres.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer


Ralph Kabalo est un homme heureux. Le P-DG de Becker Industrie, branche française du spécialiste suédois des peintures industrielles, vient en effet de conclure avec succès trois ans de négociations pour la reprise des peintures iséroises Blancomme, une référence dans l'industrie et les transports. " Les discussions ont effectivement été longues et difficiles, reconnaît son interlocuteur, Claude Waysman, actuel président du directoire de Blancomme, qui doit bientôt lui passer la main. Nous avions bien une nécessité absolue de trouver un partenaire important pour aller à l'international, mais nous tenions à la pérennité de l'entreprise et des emplois. "

Des positions renforcées sur les marchés européens

Becker, entreprise familiale elle aussi, s'est engagée dans ce sens pour mener à bien une opération qui lui tenait à coeur. Avec un chiffre d'affaires de 300 millions de francs, les activités de peintures industrielles, de peintures pour le ferroviaire et de poudres du français lui permettent de prendre fermement pied sur les marchés hexagonal et européen. Et d'accomplir son véritable retour dans la poudre, un secteur dont le groupe suédois s'était désengagé en 1990 en cédant Bichon à Herberts. Or les poudres sont de plus en plus prisées comme solution de rechange aux peintures solvantées. L'achat de Blancomme et la reprise du site poitevin de Thouars offrent au suédois l'opportunité de doubler sa production en passant de 5 000 à 11 000 tonnes par an. Becker conquiert ainsi la troisième place sur le marché européen (150 000 tonnes par an), loin derrière DuPont et Akzo Nobel, qui produisent deux fois plus. Mais Ralph Kabalo compte y remédier : " Nous voulons rejoindre les deux grands. Nous comptons donc investir 15 millions de francs pour augmenter les capacités de Thouars, et passer, dans trois ou quatre ans, à près de 20 000 tonnes annuelles. " L'autre grand marché apporté par Blancomme est l'accès au ferroviaire, un domaine dans lequel l'on ne pénètre pas facilement. " Blancomme nous donne l'assise dont nous rêvions, note Ralph Kabalo. C'est une référence dans l'industrie ferroviaire, avec 43 % du marché français, de l'ordre de 70 millions de francs. Et Blancomme est aussi le fournisseur de Virgin, au Royaume-Uni, et de Deutsche Bahn, en Allemagne. C'est la raison pour laquelle nous allons garder la marque. " Enfin, l'apport des peintures industrielles de Blancomme, qui pèsent 180 millions de francs, devrait permettre à Becker Industrie de rétablir la balance entre ses différentes activités. En effet, les prélaqués, fabriqués sur le site historique de Montbrison, dans la Loire, représentent aujourd'hui 70 % du chiffre d'affaires annuel (près de 300 millions de francs) de Becker Industrie. Un déséquilibre que voulait corriger Ralph Kabalo, qui souhaite que les peintures industrielles restent au coeur des activités de son entreprise. Il compte d'ailleurs injecter 15 millions de francs pour automatiser et moderniser l'équipement du site de Pont-de-Claix, près de Grenoble, qui sera désormais spécialisé dans ce domaine. Ces investissements n'empêchent pas Becker de voir plus loin. L'entreprise lorgne les marchés américains, sur lesquels Becker est un peu faible, multipliant partenariats et acquisitions en ce sens. Et se tourne surtout vers les nouvelles technologies, comme l'" In Mold Coating " (IMC), qui consiste à injecter de la peinture directement lors de la fabrication des pièces plastiques sous presse. Becker travaille ici en étroite collaboration avec l'américain Sherwood Williams. Ralph Kabalo en est fier : " Cette technologie est déjà utilisée, en France, à Theillay (Loir-et-Cher), où Matra Automobile la teste sur des pièces de portes arrière de l'Espace Renault, avant de passer en production avec l'Avantime, le nouveau monospace coupé du constructeur. "



Des partenariats serrés dans l'automobile

La vente d'une partie des activités de Blancomme ne sonne pas le glas de la marque, qui sera conservée par Becker. En revanche, la structure mise en place par la famille Waysman, qui comportait deux entités, Blancomme et Vernis Soudée, va laisser la place à Vernis Soudée seule. Celle-ci intégrera les activités peintures pour automobiles, véhicules agricoles ou industriels et engins pour la défense, exclues de la cession. La firme iséroise garde donc ses contrats de référence avec, notamment, Massey-Ferguson, Caterpillar, Giat, Aérospatiale ou Peugeot. Des noms prestigieux avec lesquels Becker négociera lui aussi. Car les deux spécialistes de la peinture ont établi des accords de partenariat pour de la sous-traitance croisée et, surtout, en vue d'une recherche commune sur les poudres pour l'automobile et les peintures pour matériaux composites.
 

 

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