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Beck-Crespel, des boulons pour tous

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Installée en plein cœur de la ville d’Armentières, cette entreprise s’affiche comme le leader européen de la boulonnerie pour l’énergie, l’exploitation pétrolière, la chimie et la mécanique.

Beck-Crespel, des boulons pour tous © L’entreprise prévoit 90 millions de chiffres d’affaires cette année, dont 60 % à l’export.

Nous sommes en 1918. La Grande Guerre vient de prendre fin. La ville d’Armentières est détruite à plus de 90%. Hélène et Georges Beck, boulangers de leur état, ont perdu leur outil de travail. Mais ils ne vont pas reconstruire leur commerce. À l’initiative d’Hélène, le couple se lance dans la mécanique. Par passion, mais aussi par pragmatisme : les marchés de la reconstruction sont prometteurs, dans l’industrie textile, la brasserie et dans les mines de charbon distantes d’une quarantaine de kilomètres. L’entreprise Beck-Crespel (nom de jeune fille d’Hélène) est créée et se spécialise peu à peu dans la boulonnerie.

Quatre-vingt-seize ans plus tard, Beck-Crespel demeure une entreprise familiale. À sa tête, une fois encore un couple : Karine, la quatrième génération de Beck, mariée à Hugues Charbonnier. Tous deux diplômés d’HEC, ils codirigent depuis 2005 la holding Beck Industries, maison mère du groupe, après avoir fait leurs preuves en occupant des postes de cadres pendant dix ans. « C’étaient nos années d’apprentissage sous la conduite de Christian Beck, mon beau-père. L’apprentissage est une évidence en industrie, et même pour nous, qui étions à l’époque futurs codirigeants », explique Hugues Charbonnier.

C’est sous leur impulsion que Beck-Crespel a considérablement renforcé sa présence à l’international. Les premiers pas de cette ouverture avaient été prudemment engagés au début des années 1970, dans un contexte très favorable à l’industrie pétrolière et au nucléaire. « Nous avons d’abord commercialisé des pièces simples de boulonnerie en grand volume. Puis, une fois bien implantés, nous avons alors proposé des composants plus complexes », rappelle Hugues Charbonnier.

Une offre de services offensive

Cette démarche s’est progressivement structurée pour finalement se transformer en une stratégie globale de développement. « À l’international, nous ne pouvions pas être compétitifs sur le prix face aux pays à faible coût de main-d’œuvre. Mais nous pouvions l’être avec des produits spéciaux et une offre de services offensive portant sur la rapidité, la réactivité et une très grande diversité de nos gammes d’éléments filetés d’assemblage. Pour cela, nous avons mis en place une organisation de la production très flexible qui nous permet de produire de petites séries dans un court délai », souligne Hugues Charbonnier

Pour consolider cette stratégie, la société familiale a réalisé une série d’acquisitions à partir de 1986, constituant un large réseau de filiales : BC Basco à Lokeren, dans les Flandres belges, BC Deutschland à Hamm en Allemagne, Cousin et Malicet à Bogny dans la Meuse, Beck Technologies à Aillevillers-et-Lyaumont en Haute-Saône ou encore Beck Prosper à Kingswinford et à Aberdeen en Grande-Bretagne. Chacune d’entre elles apporte sa technologie dans le traitement de surface, la production d’écrous, le forgeage à chaud, les alliages de nickel, les technologies sous-marines pour le pétrole ou encore le serrage par extension.

Ce réseau réalise le petit export depuis chaque pays d’origine de ses filiales. Ainsi, BC Deutschland couvre l’Allemagne ainsi que la Scandinavie et la Pologne. Au cœur de ce dispositif, le site d’Armentières occupe une place essentielle : il réapprovisionne ses entreprises selon leurs besoins. Il stocke en permanence 5 000 tonnes d’acier, de produits finis et semi-finis. Et il réalise le grand export hors d’Europe. Depuis 2012, la société fournit en Chine Beck Haobo, une coentreprise bâtie avec Haobo, le spécialiste chinois de la boulonnerie dédiée au génie civil et aux industries mécaniques. « Cela nous ouvre le marché local de la boulonnerie pour le pétrole et les autres secteurs énergétiques, tout en apportant un service à nos clients occidentaux présents sur place, comme Total et General Electric », explique Hugues Charbonnier. Prochaine étape, l’Asie du Sud-Est, via la Malaisie. Beck Industries vient d’envoyer dans ce pays un commercial, dont la mission est d’ouvrir les premiers marchés et de déceler, à terme, les opportunités de partenariat avec un industriel local ou de création d’entreprises.

Face à ses concurrents, Beck Industries a réussi à conforter son leadership en Europe. Cette année, la société prévoit de réaliser 90 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 60% à l’export. Elle emploie aujourd’hui 630 salariés, dont 300 sur le seul site d’Armentières.

Les autres champions

Ecodas (Roubaix, Nord), autoclaves de traitement des déchets d’activités de soins à risques infectieux. 6,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 80% à l’export. 25 salariés.

Bozel (Grande-Synthe, Nord), additifs en poudres (silico-calcium) utilisés en aciérie. 20,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 85% à l’export. 26 salariés.

AFR Titagarh (Douai, Nord), ex-Arbel Fauvet Rail, wagons de fret. 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 70% à l’export. 133 salariés.

Fonderie et Aciérie de Denain (Nord), pièces uniques destinées à l’industrie des mines, de l’énergie, de la cimenterie et de la sucrerie, 26,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 98% à l’export. 180 salariés.

Mader (Lille, Nord), peintures industrielles pour l’aéronautique, le ferroviaire et de l’automobile. 185 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 73% à l’export. 850 salariés.

Florimond Desprez règne sur les semences de betteraves

Dans un marché très concentré, dominé par l’américain Monsanto, le groupe Florimond Desprez s’est installé à la treizième place des semenciers mondiaux. Outre la betterave à sucre, pour laquelle il est le leader mondial de semences, le groupe nordiste développe son expertise dans dix autres variétés végétales (du blé à la luzerne, en passant par le lupin ou le triticale). L’entreprise est installée depuis 1830 à Cappelle-en-Pévèle, dans la périphérie rurale du sud de la communauté urbaine de Lille Métropole. Elle emploie aujourd’hui 800 salariés dans le monde, dont 250 au siège social, et affiche un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros via dix filiales directes à l’étranger. Le semencier réalise 65% de son chiffre d’affaires à l’international (dont 40% hors d’Europe). Il est actuellement dirigé par François et Bruno Desprez, tous deux issus de la cinquième génération familiale. Ils ont décidé de consacrer 17% du chiffre d’affaires du groupe à la R & D.

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Usine Nouvelle N°3385-3386

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