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Bébés nés sans bras, les dessous d’une enquête difficile à mener

Coralie Lemke

Publié le

Santé Publique France essaye d'établir le lien entre tous les signalements de bébés nés sans bras à travers la France. Mais les cas rares et les expositions à des substances nocives, qui remontent à longtemps, ne lui facilitent pas la tâche.

Bébés nés sans bras, les dessous d’une enquête difficile à mener
Plusieurs cas de bébés nés sans bras on été signalés en France.
© PIXABAY

Quel est le point commun entre les 18 enfants nés sans bras en France à quelques années d’intervalle ? Voilà l’épineuse question à laquelle tente de répondre Santé Publique France, une agence nationale dédiée à la santé des Français, placée sous la tutelle du ministère de la Santé.

L’agence a débuté ses investigations en identifiant trois espaces géographiques au sein desquels ces cas sont survenus : 3 cas en Loire-Atlantique pour des naissances entre 2007 et 2008, 7 cas dans l’Ain entre 2009 et 2014, et enfin 4 cas dans le Morbihan d’enfants nés entre 2011 et 2013.

UN QUESTIONNAIRE REMPLI AVEC TOUTES LES FAMILLES

"Chaque signalement a été étudié et fait l’objet d’une investigation selon un protocole standardisé : une vérification pour savoir s’il s’agissait de cas identiques puis une analyse de l’excès de cas par rapport à un nombre attendu", explique Santé Publique France dans un communiqué. "Une enquête sur chacun des cas signalés, menée en interrogeant les familles sur leurs habitudes de vie, leur consommation alimentaire et l’environnement de vie au cours de la grossesse. Cette enquête repose principalement sur un questionnaire détaillé rempli en face à face avec les parents concernés."

 

Toutes les familles ont répondu au même questionnaire et les bases de données environnementales ont également été interrogées, dans le but de rechercher des facteurs communs à tous ces cas. Malheureusement, ces investigations n’ont pas permis d’identifier une exposition commune qui pourrait être à l’origine de ces malformations graves.

Un échec qui s’explique de plusieurs façons, notamment le faible nombre de cas qui limite la puissance des méthodes d’analyse. Outre cela, "les expositions au cours de la vie sont multiples et diversifiées (habitudes de vie, alimentation variable, expositions environnementales multiples…). Il est donc difficile de toutes les retracer a posteriori", précise le dossier. Et les longues années qui se sont déroulées entre le moment de l’exposition et l’enquête compliquent encore la tâche.

Toutefois, Santé Publique France poursuit son enquête, en continuant de cibler l’exposition à des particules dangereuses. "La survenue de ces 3 clusters [ndlr : ces trois groupes géographiques], dont les investigations n’ont pas été concluantes quant à une exposition commune, ne veut pas dire que des facteurs environnementaux ne sont pas impliqués. En effet, et contrairement aux épidémies, l’investigation des clusters vise à valider un excès de cas mais ne permet que très rarement d’identifier une source commune." L’agence entend maintenant poursuivre son enquête grâce au dispositif de surveillance européen Eurocat et en analysant les données hospitalières de toute la France.

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