Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'usine Agro

"Beaucoup d’entreprises se situent dans une logique de niche en bio", accuse José Bové

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Agriculture biologique, engagement des industriels de l’agroalimentaire… A l’occasion du Salon de l’Agriculture, L’Usine Nouvelle a recueilli le point de vue de José Bové, député européen Europe-Ecologie-Les Verts, agriculteur et syndicaliste.

Beaucoup d’entreprises se situent dans une logique de niche en bio, accuse José Bové © R. Terzian / Divergence

L’agriculture biologique, opportunité ou menace pour la France?

Pour moi, c’est une nécessité ! Car cela touche à la fois le sol, les consommateurs et le métier des agriculteurs. Ce n’est pas simplement une niche comme certains la perçoivent, mais bien une orientation nouvelle de l’agriculture, qui n’oppose pas les enjeux de production et de l’environnement. C’est une vision - et c’est ce que ressent le consommateur, qui se tourne en premier vers le bio pour des questions de santé et de qualité -, mais aussi un maintien des paysans et une construction tout à fait différente du territoire.

Comment répondre au marché ?

Face à une demande en très forte croissance, l’offre ne suit pas. Il faut donc augmenter très fortement les reconversions ou installations d’agriculteurs bios, mettre en place de nouvelles organisations de filières et producteurs. Cela reterritorialise les agriculteurs et permet de raccourcir le circuit entre l’offre et la demande, et de définir de nouveaux types de contrats.

Que manque-t-il à la France?

Côté formation, il faut que l’agriculture biologique devienne prioritaire dans l’enseignement agricole, cela évolue dans le bon sens. Et que la recherche, celle de l’Inra en particulier, aide à définir des outils permettant à la bio de se développer : comment faire face aux problèmes de gestion des sols, à la lutte contre les maladies, sortir de la logique « il faut toujours produire plus et le plus vite possible »…

Les aides doivent également être réorientées en priorité vers ce mode de production, afin qu’un agriculteur puisse vivre de son installation ou sa reconversion en bio. Enfin, il faut une volonté du secteur en aval.

Comment jugez-vous l’implication de l’industrie agroalimentaire?

Sur le terrain, on voit que toutes les entreprises ne sont pas prêtes à passer le pas. Beaucoup se situent dans une logique de niche, et veulent avoir toute une gamme de produits : du bas de gamme au bio ! Alors qu’ils pourraient transformer plus en bio, les grands groupes ne font pas cet effort.

Le coût élevé n’est-il pas un frein pour le développement de la filière ?

Certaines collectivités recourent à la bio depuis des années, et ont vu la question du prix réglée par la diminution des volumes liés aux gaspillages. Car cela amène aussi à une façon complétement différente de gérer les produits et leur transformation. Mais il est illusoire de croire que la bio doit être proposée au même prix que le conventionnel, et que la part consacrée à l’alimentation doit continuer à diminuer dans le panier de la ménagère...

Jusqu’à quel niveau de bio peut-on arriver?

L’idéal c’est 100%, car c’est là que l’on intervient sur le long terme ! Afin de produire dans les générations futures, la question de la fertilité des sols est fondamentale. Or c’est une problématique très sérieuse pour la France, l’Europe, mais aussi à l’international. Sans compter la pollution de l’eau avec les nitrates, azotes ou pesticides. Si on prenait en compte tous les coûts externalisés de ces traitements, on arriverait à une balance économique de l’agriculture négative.

Mais ce projet n’est pas que franco-français : il doit se voir au niveau européen, car beaucoup de pays se posent les mêmes questions que nous. Et c’est une vraie opportunité.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus