BCE : Mario Draghi, dans le sillage du Jean-Claude Trichet

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La rumeur le donnait gagnant mais, depuis le vendredi 24 juin, c’est officiel. Mario Draghi remplacera le Français Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Portrait du prochain président de l'institut monétaire de Francfort.

BCE : Mario Draghi, dans le sillage du Jean-Claude Trichet © DR

L'Italien Mario Draghi a été nommé, vendredi 24 juin, président de la Banque centrale européenne (BCE). Le gouverneur de la banque centrale d’Italie, âgé de 63 ans, succédera au Français Jean-Claude Trichet le 1er novembre. Un mandat qui devrait s’inscrire dans une certaine continuité.

Comme son homologue français, Mario Draghi affiche un attachement sans faille à la stabilité des prix. Il est opposé à toute solution pour la Grèce qui ressemblerait à un défaut de paiement. Il souhaite aussi des sanctions automatiques en cas de dérapage des finances publiques, sur fond de crise de la dette. Pour lui, la zone euro traverse "l'épreuve la plus difficile depuis sa création". Epreuve difficile même pour un économiste qui a fait ses preuves. "Super Mario", comme on le surnomme, est déjà réputé pour son sérieux et sa détermination. Mais sera-t-il à la hauteur?

Ce diplômé en économie de l'Université de Rome et titulaire d'un doctorat du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a l'expérience nécessaire pour une fonction de haut rang dans l'économie mondiale. Il a commencé sa carrière dans l’enseignement supérieur en tant que professeur d'économie dans différentes universités italiennes. Dès 1984, Mario Draghi représente l'Italie à la Banque Mondiale jusqu'en 1991. Puis, il fait un détour dans le privé et devient vice-président et directeur général de Goldman Sachs International (2002-2005). Cette banque tristement célèbre pour avoir conseillé la Grèce dans l'utilisation de produits dérivés pour masquer ses déficits budgétaires.

Ce passé au sein de la banque américaine aurait pu lui coûter sa place à la tête de la BCE. Mais ses positions sur la stabilité des prix ont rassuré les pays membres de la zone euro. Notamment l’Allemagne, pointilleuse sur le sujet. De plus, sa réputation à la tête des institutions de son pays compense cette ombre au tableau. Après avoir été directeur général du Trésor italien (1991-2001), Mario Draghi fut nommé à la tête de la Banque d'Italie en décembre 2005.

Il a su rapidement redorer le blason de l’institution, qui avait été ruinée et décrédibilisée par son prédécesseur Antonio Fazio, impliqué dans un scandale bancaire. Puis, la crise lui a donné l’opportunité de se faire connaître à l’international. En avril 2006, il a été élu président du Forum de stabilité financière, devenu Conseil de stabilité financière lors de la réunion du G20 à Londres en avril 2009. Ce poste démontre sa compétence à gérer des crises au-delà des fontières nationales. Une compétence clé pour faire face à la crise actuelle de la zone euro.

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