Bayrou et Hollande précisent leur vision pour l’économie en 2012

Le 18 août est un jour important pour les deux hommes politiques. Le patron du Modem, François Bayrou, affine sa réflexion sur la production et l’industrie, sujets majeurs de son livre "2012 : Etat d’urgence", publié chez Plon. Quant à François Hollande, il contre-attaque dans une tribune axée sur le thème de la fiscalité.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Bayrou et Hollande précisent leur vision pour l’économie en 2012

François Bayrou, à la tête du Modem, appelle à "se concentrer sur l’essentiel pour sortir la France de la crise" dans laquelle elle est. Pour ce faire, il estime dans son livre "2012 : Etat d'urgence" qu’il faut retrouver "notre force de production". Il consacre son troisième chapitre à ce seul thème et estime que "tous les sujets de notre avenir sont dépendants de la production". "Si l’on doit aider un secteur de l’économie, c’est celui de la production afin qu’il répondre à la demande", explique le patron du Modem et probable candidat à la présidentielle de 2012.

Plus précisément, François Bayrou estime qu’il faut "permettre aux productions de la France d’exister à nouveau sur le marché intérieur et sur les marchés du monde. Toutes les productions. Il faut soutenir les points forts (aviation, pharmacie) et les améliorer si possible. Il faut aider les points en fragilité (agriculture) et reconquérir les espaces où nous n’existons plus".

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

L’atout de la haute technologie

Pour renforcer la production industrielle, il suggère par exemple la "création d’un label produit en France". Il propose aussi d’instaurer une agence de développement de la production. Un moyen selon le président du Modem de "soutenir les PME, de refonder la confiance sociale et de favoriser l’offre plutôt que la demande".

François Bayrou assure que la France a des "atouts qu’aucun des pays en difficulté autour d’elle n’a au même degré". Et notamment dans les hautes technologies. "Notre chance est que désormais la haute technologie sera la condition même des productions y compris celles qui semblent banales", précise-t-il.

Il profite de son livre pour revenir sur la comparaison souvent mise en avant entre la France et l’Allemagne. Selon lui, "on ne connait pas dans le monde deux pays dont les économies soient aussi proches, aussi profondément imbriquées, qui ont des échanges soient aussi intimes que France et l’Allemagne". Il compare la perte de compétitivité de l’industrie française avec les gains obtenus outre-Rhin dans le même secteur. "L'Allemagne aujourd'hui si prospère était au fond du trou économique il y a à peine sept ans. Donc le chemin pour qu'un peuple s'en sorte est accessible", rappelle-t-il.

Réforme fiscale : le point commun des deux hommes

A l’heure où la crise de la dette est dans tous les esprits, François Bayrou revient sur le thème majeur de sa campagne de 2007. Il estime qu’il faudra "réduire les dépenses, les interventions de l'Etat et récupérer en même temps 20 milliards d'euros sur les niches fiscales, augmenter la TVA de deux points et la contribution des tranches les plus aisées". Il se prononce sur ce dernier thème sous les feux de l’actualité pour une "tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu à 50% pour les revenus élevés".

C’est pour préciser ses idées sur le thème de la réforme fiscale que François Hollande, candidat à la primaire socialiste, tient une tribune ce 18 août dans le Nouvel Observateur. Selon lui, il y a trois défis à relever dans le cadre d’une réforme fiscale, qui serait "l'acte premier, la condition préalable à la formation d'un cercle vertueux en cas d’élection".

Son projet passerait donc par le rééquilibrage des finances publiques, le rétablissement d'une offre compétitive, la réduction des inégalités. Autant de mesures qui selon lui, "permettront de dégager des recettes, de conforter l'investissement et de redistribuer du pouvoir d'achat".

L’instrument fiscal pour soutenir l’innovation

Pour mettre en place ce plan, François Hollande prévoit des "économies sur des dépenses improductives et une révision complète de l’ensemble des prélèvements". Un effort qui ne pourra "se résumer à un concours Lépine" sur la réduction des niches fiscales, estime-t-il. Il prône donc une assiette plus large pour toutes les impositions, y compris celles des entreprises.

"L’instrument fiscal reste pertinent pour soutenir l'innovation et faire grandir nos PME", précise le candidat à la primaire. Dans le détail, il se dit par exemple favorable à un abaissement de moitié de l'impôt sur les sociétés pour les très petites entreprises.

Dans sa tribune du 18 août, François Hollande n’en oublie pas les investissements d’avenir et souhaite les financer à travers une nouvelle taxe. En effet, il propose de sanctionner la spéculation et les banques, et de réutiliser ces ressources tant pour les universités, la recherche que pour l’écologie.

Sur le plan social, il estime qu’il n’est "plus possible d’alourdir le coût du travail quand la balance commerciale est à ce point dégradée". Il propose donc un basculement des cotisations de la branche famille vers les prélèvements d’Etat. Lui aussi se dit prêt à engager une redistribution des ressources en faveur des salariés et au détriment des plus hauts revenus et des fortunes les plus importantes.

La publication de cette tribune intervient quelques semaines après l’interview accordée par François Hollande à L’Usine Nouvelle. Il assurait alors qu’il comptait passer un contrat avec l’industrie s’il était élu. Le candidat à la primaire entend par exemple sanctuariser le crédit impôt recherche dans son principe et son montant global ou encore mettre en avant des stratégies industrielles. "Il faut que la France sache où elle va pour avoir une bonne base productive", selon lui.

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS