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Baud, le futur conjugué au présent

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Le groupe haut-savoyard Baud Industries utilise une cellule robotisée autonome unique en son genre, sans intervention humaine.

Baud, le futur conjugué au présent
Dans l’îlot de production autonome de Baud Industries, la machine contrôle elle-même les pièces fabriquées et pilote les corrections en temps réel.

Avant de pénétrer dans l’usine de Baud Industries à Vougy (Haute-Savoie), un coup d’œil aux alentours révèle un environnement de pleine nature. Nous sommes dans la vallée de l’Arve et, en ce mois de juin, la montagne est verdoyante et fleurie. Le site est situé à proximité des grandes stations de ski et à moins d’une heure de Chamonix. Une fois la porte franchie, nous entrons dans le décolletage et l’usinage de pièces de précision : de larges allées délimitées par une ligne jaune et des îlots de production identifiés.

L’un de ces îlots est isolé par une paroi vitrée, derrière laquelle des pièces d’horlogerie sont fabriquées, puis lavées, dépoussiérées, séchées, contrôlées et évacuées vers le magasin de stockage sans aucune intervention humaine. Un cycle complet dure dix à quinze minutes. Un robot de marque Stäubli transfère la pièce à chaque étape du processus. La partie dédiée au contrôle dimensionnel est climatisée pour garantir la stabilité thermique des pièces et instruments. Pendant cette phase de contrôle, les informations sont envoyées à un micro-ordinateur central qui les analyse et renvoie les corrections si besoin.

Piloter la production et non pas la subir

« Ce contrôle en temps réel nous permet d’avoir une meilleure régularité au niveau dimensionnel, explique Renald Baud, le directeur de la coordination industrielle du groupe et l’un des fils de Marcel Baud, le fondateur de l’entreprise en 1978. Nos clients horlogers ont observé une amélioration de l’étanchéité des ensembles dans lesquels nos pièces sont intégrées. » Dès que la phase de contrôle débute, la fabrication d’une nouvelle pièce est engagée sans interruption de cycle. In fine, le prix de revient des pièces a reculé, conformément à l’objectif de cet îlot de production autonome qui occupe 25 mètres carrés dans cette usine de 12 000 mètres carrés.

Cette cellule fonctionne jour et nuit depuis un an et la production a déjà doublé. Elle est issue du programme Usitronic lancé en 2010 par le Cetim-Ctdec et labellisé par le pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries. Renald Baud est à l’origine du cahier des charges : « Nous avions besoin d’une machine capable de produire des pièces conformes sans interruption, avec une intervention humaine très réduite. Le numérique fait donc partie intégrante de la cellule, car il s’agit de ne pas subir la production mais de la piloter. » Le groupe a investi 1,2 million d’euros dans cet îlot qui couple une machine de production et une cellule de contrôle dimensionnel et sait détecter l’usure d’un outil à l’aide de capteurs et le changer, diminuant les dépenses d’outillage. Résultat, l’entreprise peut faire des tests de matière et définir les conditions optimales de coupe. Les temps de montage sont optimisés et les changements de production très rapides.

« C’est un véritable laboratoire de mise au point. Lorsque le pilotage dimensionnel a été validé, le process peut être dupliqué sur les autres machines du groupe, précise Renald Baud. C’est la machine qui permet une simulation avant production, le pilotage dimensionnel avec validation de conformité et les corrections en temps réel, ainsi que l’optimisation des conditions de coupe, le tout sans intervention humaine. » Rien n’est laissé au hasard, comme dans la formule 1, une analogie que Renald Baud affectionne. Depuis l’installation de la cellule Usitronic qui fonctionne 24 heures sur 24, l’usine a renforcé ses compétences en réglage, en informatique, en contrôle et, surtout, en méthodes, ce qui a nécessité une réorganisation en interne et beaucoup de formations.

Trente à quarante nouveaux îlots dans les deux ans

Outre les pièces d’horlogerie fabriquées par la cellule autonome, Baud Industries produit ici des pièces d’injection et de boîtes de vitesse pour le marché automobile. Ce groupe familial emploie 500 personnes, dont 400 en France, dans dix usines. L’an passé, il a réalisé un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros. Baud Industries produit des pièces de précision pour la connectique (le marché historique du groupe), l’automobile, les équipements électriques et électroniques et l’horlogerie. Cette année, la poursuite du développement de l’îlot Usitronic devrait permettre de le faire fonctionner le week-end et de l’utiliser pour produire des pièces pour l’aéronautique, marché que le groupe vise dans un proche avenir. « Dans les deux ans, nous allons implanter 30 à 40 machines similaires dans tous les sites du groupe. Ce qui représente un investissement de 3 à 4 millions d’euros, à 100 000 euros l’unité, précise Renald Baud. Cette cellule nous confère une puissance commerciale énorme. Nous avons ainsi capté l’un des plus gros horlogers suisses. » 

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