Bataille difficile face à Microsoft

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Sur les postes de travail, la migration vers des logiciels libres peut entraîner des coûts qui peuvent dissuader les entreprises souhaitant s'affranchir de Microsoft.

Microsoft sera présent encore un bon moment sur les postes de travail informatiques dans les entreprises. Son système d'exploitation Windows et sa suite bureautique Office ne seront pas massivement remplacés par leurs équivalents en logiciel libre, Linux et OpenOffice. Pourtant, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à réaliser des études d'opportunité. Avec parfois des surprises.

Les coûts de migration, les problèmes de compatibilité avec les outils existants et la conduite du changement peuvent faire tellement grimper la facture, que les gains escomptés par l'absence de coût de licence sont parfois engloutis. « Le libre n'est pas toujours moins cher », prévient Pascal Pujol, consultant chez Atos Origin. Mais une migration en plusieurs étapes est envisageable.

Il est ainsi possible d'étudier une migration vers OpenOffice tout en conservant le système d'exploitation Windows comme l'a fait Nicolas Duroc, le directeur du système d'infor- mation du groupe de maintenance aéronautique Sabena Technics. Suite à une acquisition, il a opté pour OpenOffice. Ce qui coûte entre 50 à 200 euros par poste, soit jusqu'à 200 euros de moins qu'une solution Microsoft.

On peut aussi limiter la migration à certains services. Ainsi, mieux vaut laisser leur environnement habituel aux financiers qui sont très gros consommateurs de « macros » Excel, ces développements spécifiques réalisés avec le langage Visual Basic de Microsoft pour automatiser certaines fonctions de calculs ou d'analyses. Le passage à OpenOffice oblige en effet de redévelopper ces « macros », même si des éditeurs comme Novell ou RedHat proposent des outils de migration dans leurs solutions pa- ckagées (30 à 60 euros par poste et par an), mais qui ne permettent que de récupérer 90 % des développements. Pour contourner le problème, des technologies permettent de déporter l'affichage d'un poste à un autre. Il suffit alors de réserver quelques postes avec Excel.

La migration est aussi envisageable si l'entreprise utilise des applications accessibles via les navigateurs web, même s'il faut quand même prévoir de redévelopper les interfaces pour les rendre compatibles avec le navigateur FireFox, alors qu'elles sont généralement optimisées pour Internet Explorer de Microsoft. L'autre grand poste de coût réside dans la conduite du changement. Si la formation à OpenOffice et Linux ne prend que quelques heures, les interfaces étant très proches de celle des outils Microsoft, « il faut faire oublier aux utilisateurs les réflexes Microsoft », explique Cyril Pierre de Geyer, le responsable du pôle formation chez le prestataire spécialisé Anaska.

anticiper les réticences

Surtout, il faut expliquer que ce n'est pas parce que l'on installe des logiciels gratuits que ce sont des outils au rabais, moins performants. Le salarié ne doit pas se sentir déconsidéré.

« Finalement, les premières entreprises qui ont osé Linux l'ont réservé à des postes techniques avec des applications compatibles Linux », reconnait Franz Meyer, le directeur Europe de RedHat, premier distributeur de versions Linux packagées. Les PME, plus agiles, font plus facilement passer la pilule. Pour autant, certains grands comptes s'apprêtent quand même à franchir le pas

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