Bataille de chiffres entre l’Etat et les fabricants sur les médicaments génériques

Le plan de promotion des médicaments génériques, lancé il y a un an par le gouvernement, est-il efficace ? Oui, affirme une agence de l’Etat, l’Igas. Faux, rétorque le syndicat regroupant les fabricants, qui s’oppose à de nouvelles baisses de prix.

Partager

Il y a un an, le gouvernement promettait un ambitieux plan impliquant médecins, pharmaciens, hôpitaux et industriels pour promouvoir les génériques, ces copies peu onéreuses de médicaments dont le brevet a expiré. Objectif, faire économiser à la Sécurité Sociale 350 millions d'euros en augmentant - de cinq points en volume entre 2015 et 2017 - la prescription par les médecins de médicaments faisant partie du "répertoire", qui regroupe l'ensemble des traitements ayant perdu leur brevet. Ceux-ci sont actuellement substitués en pharmacies à hauteur de 78% par des génériques.

La volonté du gouvernement était de rendre ainsi les docteurs français moins dépendants des médicaments toujours protégés et onéreux, ou non éligibles à la substitution.

Où en est-on un an plus tard ? La pénétration du répertoire a progressé de 2,1 points sur les dix premiers mois de 2015, atteignant en octobre 42,9% du marché total des médicaments en France en volume. Le signe des "multiples avancées" réalisées par le plan, se félicite un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié il y a quelques jours.

La campagne de communication se fait toujours attendre

Faux, rétorque le syndicat des fabricants de médicaments génériques, le Gemme. "Le rapport de l’Igas mentionne l’amélioration du taux de pénétration, mais l’impact du plan n’en explique que la moitié !, assure Catherine Bourrienne-Bautista, déléguée générale du Gemme, à L’Usine Nouvelle. L’autre moitié provient des médicaments dont le brevet a expiré. Ce plan est important mais on en attend toujours la traduction dans les volumes. Pour rattraper notre retard, on doit avoir des objectifs plus ambitieux. Le lancement de la campagne de communication promise par Marisol Touraine n’aura lieu qu’au second semestre 2016. Elle est pourtant très importante pour reconstruire la confiance des patients et des professionnels de santé dans le médicament !"

Le syndicat parti en pleine réunion

Selon le Gemme, la pénétration des génériques reste "en quasi-stagnation" en France, où moins d'une boîte de médicaments remboursable sur trois est un générique, contre "trois sur quatre dans d'autres pays européens". Le syndicat est tellement remonté qu’il a quitté une réunion organisée ce 24 mars avec le CEPS, l’organisme qui fixe le prix des médicaments remboursables en France, au moment où ce dernier s’apprêtait à lui demander de nouvelles baisses de prix sur ses produits, représentant environ 200 millions d’euros sur deux ans.

"Nous avons demandé un groupe de travail afin d’échanger avec l’ensemble des acteurs autour de la rénovation du modèle économique des génériques, justifie Catherine Bourrienne-Bautista. Les industriels estiment que pour 2016, les mesures économiques qui pèsent sur les génériques permettent déjà au gouvernement de remplir ses objectifs. Le CEPS envisage d’imposer de nouvelles baisses, sans justification et sans élément chiffré : ce n’est pas possible pour les laboratoires !"

Les génériques, fabriqués à plus de 50% en France

Le Gemme rappelle qu’il s’est déjà vu imposer 290 millions de baisses de prix cette année via le budget de la Sécurité Sociale (PLFSS), qui consacre par ailleurs 210 millions au plan pour le développement des génériques. Le syndicat rappelle, au passage, que les médicaments génériques vendus en France sont fabriqués à 95% en Europe et à plus de 50% dans l’Hexagone, assurant plus de 12 000 emplois directs et indirects…

Du côté de l’Igas, qui pilote le plan aux sept axes et plus de 80 actions, on préfère se réjouir des mesures mises en œuvre "pour agir sur les achats hospitaliers,(...) pour améliorer l'utilisation des logiciels d'aide à la prescription" ou encore pour rendre le nom des molécules – et non plus le nom commercial du produit - plus visibles sur les boîtes de médicaments. Prochaine étape : l’organisation d’un Hackathon.

Gaëlle Fleitour

Sujets associés

NEWSLETTER Santé

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Tous les événements

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un écosystème résilient, composé essentiellement...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe.

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos sociétés.

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu ses installations.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez des produits et des fournisseurs

Industrie pharmaceutique

VALVES SOUDABLES

OPS PLASTIQUE

+ 240 000 Produits

Tout voir
Proposé par

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

BUREAU VERITAS

Inspecteur Equipements sous Pression en Service (F-H-X)

BUREAU VERITAS - 22/11/2022 - CDI - Saint-Paul-Trois-Châteaux

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

62 - Boulogne-sur-Mer

Démolition de bâtiments et de hangars à Capécure - Port de Commerce

DATE DE REPONSE 26/12/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS