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L'Usine Maroc

Azdine El Mountassir Billah : "La 4G au Maroc pour début 2015"

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Publié le

L'Usine Nouvelle a demandé au directeur général de l'Agence nationale marocaine des règlementations des télécommunications (ANRT) Azdine El Mountassir Billah de dresser l'état de la téléphonie au Maroc et les défis que le régulateur doit relever. Une rencontre en marge de la table ronde organisée à l'Institut du monde arabe le 11 mars à Paris sur le thème " Le monde arabe dans l'économie numérique et le rôle des télécoms dans la croissance à venir ".

Azdine El Mountassir Billah : La 4G au Maroc pour début 2015
Azdine El Mountassir Billah, directeur général de l'Agence nationale marocaine des règlementations des télécommunications (ANRT)
© anrt

L'Usine Nouvelle : Où en est le projet de développement de la 4G au Maroc ?

Azdine El Mountassir Billah : L'appel d'offre concernant la 4G va être publié dans les mois à venir. Nous pourrons voir déployer les services de la 4G en 2015 au plus tard, au début de l'année prochaine. Le Maroc a 12 à 18 mois de décalage par rapport à ce qui se passe en Europe.

"un rythme quadriennal de publication"

A côté de la 4G, le gouvernement prépare un nouveau projet de loi sur les télécommunications qui provoque de vifs débats. Pourquoi ce projet ?

Dans un monde en mouvement, le Maroc se doit de réactualiser ses textes. A l'origine, le projet de cette loi a été élaboré en 2011. Le calendrier a été retardé suite à la mise en place de la nouvelle constitution et des élections législatives de 2011. Nous tenons un rythme quadriennal de publication de notes d'orientations générales du secteur pour donner un maximum de visibilité au marché.

Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement marocain aurait donné son feu vert à l'ANRT pour le lancement des appels d'offre pour l'octroi de licences d'exploitation de la quatrième génération de la téléphonie mobile 4G selon une information du site Media 24 publiée le 14 mars dans l'après-midi. 

 

Quels sont les axes du projet de loi?

Ce texte comprend trois volets. Le premier concerne le consommateur. Il porte sur la clarification des relations entre l'abonné et son opérateur par exemple sur la facturation à la seconde. C'est un volet important pour le régulateur. Il faut que le consommateur sache exactement ce qu'il achète comme service en toute transparence. Le deuxième volet porte sur la problématique du partage des infrastructures. Pour nous, cela ne sert à rien de démultiplier les infrastructures quand elles existent déjà. Il vaut mieux dans ce cas utiliser ces investissements dans les zones où l'infrastructure est absente ou insuffisante. Il faut bien sûr respecter la rentabilité des investissements déjà opérés. Nous nous inspirons pour ce faire des standards internationaux, des directives européennes et dans le respect des accords de libre-échange internationaux conclus par le Maroc.

"un pouvoir de sanction"

Et le troisième volet ?

C'est celui qui plaît le moins aux opérateurs. Il concerne le pouvoir de sanction en cas d'infraction. Le régulateur dispose d'un pouvoir de sanction pécuniaire en cas de non-respect des règles. Il ne s'agira en aucun cas d'un abus de position de force de notre part. C'est un moyen dissuasif qui ne serait utilisé qu'en dernier recours.   

Quel calendrier est prévu pour l'adoption de cette loi ?

Le texte est déjà passé en conseil de gouvernement. Il se trouve en ce moment au Parlement. Il sera discuté en commission probablement lors de la session d'avril. J'ai bon espoir pour que la loi soit promulguée au début de l'été.

En France, avec la bataille pour SFR, le nombre d'opérateurs en téléphonie fait l'actualité. Combien d'opérateurs préconisez-vous au Maroc ?

La note d'orientation 2004-2008 confirmée par la celle de 2009-2013 articule le marché autour de trois opérateurs globaux… jusqu'à nouvel ordre. Je suis conscient d'être face à un secteur fortement capitalistique alors que le pays a besoin d'opérateurs capables d'agir aussi bien dans une grande métropole comme Casablanca que dans un petit village reculé d'une centaine de familles.

L'ANRT tient à ce que ces opérateurs se déploient sur la totalité du territoire marocain et pas seulement en milieu urbain. Pour cela, seules des sociétés ayant une taille suffisante peuvent répondre à l'exigence de l'Etat qui leur impose de se déployer sur l'ensemble du territoire. L'ANRT n'a pas pour le moment de stratégie de développement d'opérateurs de niche. Elle ne cherche pas non plus à désorganiser ce marché articulé autour de trois opérateurs.

"le régulateur a un droit de regard sur le dossier Etisalat"

Vivendi va céder à Etisalat, la participation qu'il détenait dans Maroc Télécom. L'ANRT va-t-elle avoir un droit de regard sur l'arrivée prochaine de l'opérateur émirati au Maroc ?

Bien sûr. Nous intervenons à deux niveaux, en tant qu'autorité de la concurrence et en tant que régulateur du secteur des télécom. Maroc Telecom détient plus de 40% de part de marché. Tout changement de capital supérieur à 5% est soumis à notre autorisation. Par conséquent, le régulateur a un droit de regard sur le dossier Etisalat et un avis à donner.

Est-ce qu'en tant que régulateur, vous avez un droit de regard sur les prix pratiqués par les opérateurs ?

Indirectement, oui car les prix ne sont pas réglementés.  L'ANRT agit sur plusieurs leviers de façon à stimuler la concurrence et favoriser la démocratisation de l'accès grâce à la baisse des prix. En 2008-2009, les prix pratiqués sur le marché des mobiles étaient élevés. Le régulateur a alors autorisé l'entrée d'un troisième opérateur [NDLR : INWI]. Il a veillé à la baisse des tarifs d'interconnexion de telle sorte que le prix du mobile a connu près de 55% de baisse en 3 ans. Dans le même temps, l'usage du mobile a plus que doublé en nombre.
 
Le Maroc est-il mûr par la fibre optique et le wifi outdoor ?

Evidemment. La fibre fait partie du challenge de l'infrastructure fixe dont nous nous sommes saisi. A ce niveau, notez qu'il n'y a pas que la fibre optique qui va jusqu'à l'abonné.  Il y a aussi celle qui transporte les données de l'opérateur. Nous avons besoin de cette infrastructure fixe. Concernant le Wifi outdoor, nous avons attribué des fréquences aux trois opérateurs qui ont déjà commencé à le déployer.

"un enjeu de société majeur"

A quel type d'investissement donnez-vous la priorité concernant les télécoms ?

Pour le moment, l'investissement dans ce secteur est purement du ressort des opérateurs. L'Etat fournit cependant des subventions pour la couverture des zones non rentables à travers le plan du service universel. Nous continuerons sur ce modèle privé. On ne pourrait imaginer des partenariats public-privé qu'en dernier recours. Si le privé ne parvient pas à assumer ses missions, il serait toujours possible d'imaginer ce type de partenariat public privé car les télécoms représentent un enjeu de société majeur pour le Maroc.

En résumé, quels sont les priorités de l'Etat marocain pour le secteur ?

Une des plus importantes est de réduire la fracture numérique entre l'urbain et le rural. Le challenge est de permettre à 100% de la population d'accéder à Internet avec un débit minimum de 2 Mb par accès d'ici à 2022. Nous avons besoin de développer les infrastructures fixes et de déployer celles liées au mobile.

Et pour les zones isolées qu'elles sont les alternatives ?

Il existe des solutions satellitaires pour atteindre les zones les plus reculées. Notre position géographique proche de l'Europe nous permet d'être dans une zone bien couverte par les satellites des pays de l'Europe du sud.

Par ailleurs, notre deuxième priorité est faire en sorte que les télécoms génèrent un écosystème pour en intensifier l'usage et impacter le développement économique et social de notre pays.

Propos recueillis à Paris par Nasser Djama

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