AXA et 17 autres entreprises se sont retirées du projet d'oléoduc Nord Stream 2

Face à la pression des États-Unis, 18 entreprises ont réduit leur participation dans le projet d'oléoduc Nord Stream 2. Parmi ces sociétés, on retrouve l'assureur français AXA.

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AXA et 17 autres entreprises se sont retirées du projet d'oléoduc Nord Stream 2
Nord Stream 2 doit acheminer du gaz naturel de la Russie vers l'Allemagne.

Le groupe d'assurance français AXA, le parapétrolier américain Baker Hughes et seize autres sociétés ont progressivement réduit leur participation au projet de construction de l'oléoduc Nord Stream 2 qui doit relier la Russie à l'Allemagne. Ces entreprises ne seront donc pas sanctionnés par le gouvernement américain, selon un document transmis par l'administration Biden et que Reuters a pu consulter le 24 février.

Un "mauvais accord" pour l'Europe, selon Joe Biden

Gazprom, le géant gazier détenu par l'État russe et principal promoteur de Nord Stream 2, s'évertue avec ses partenaires occidentaux à finaliser au plus vite l'oléoduc, qui doit acheminer du gaz naturel de la Russie vers l'Allemagne. Ils espèrent boucler les travaux en 2021. Mais le nouveau président des États-Unis Joe Biden a dit en janvier qu'il considérait ce projet comme un "mauvais accord" pour l'Europe, et il s'y était déjà opposé lorsqu'il fût le vice-président de Barack Obama.

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De nombreux représentants et élus aux États-Unis voient dans le projet une manière pour la Russie d'accroître son influence économique et politique sur l'Europe, en rendant celle-ci plus dépendante de son gaz. Nord Stream 2 permettrait à Moscou de fournir deux fois plus de gaz qu'à l'heure actuelle tout en contournant l'Ukraine, la privant d'importantes recettes de transit. Premier producteur de pétrole au monde, les États-Unis aimeraient aussi constituer une alternative à la Russie en exportant vers l'Europe du gaz naturel liquéfié.

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Les sanctions utilisées pour contrecarrer Nord Stream 2

Le département d'Etat américain a déclaré vendredi 19 février au Congrès qu'il avait listé le pétrolier russe Fortuna et son propriétaire, KVT-RUS, dans le cadre d'une nouvelle loi prévoyant des sanctions pour toute collaboration aux travaux de Nord Stream 2. Des élus du Congrès opposés au projet ont toutefois souligné que les deux entités avaient déjà été sanctionnées par l'administration Trump et que de nouvelles sanctions n'empêcheraient pas l'oléoduc de voir le jour.

S'exprimant devant la presse, le porte-parole de la diplomatie américaine a déclaré que le fait que les entreprises abandonnent le projet face à la menace de sanctions "démontre que les objectifs législatifs et nos mesures sont efficaces". Ned Price a dit que le département d'État continuait de surveiller des entités "impliquées dans des activités potentiellement sanctionnables", indiquant que les sanctions étaient seulement l'un des "nombreux outils" pouvant être utilisés face au projet Nord Stream 2.

Baker Hughes a dit n'avoir aucun commentaire. Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès des autres entreprises. Certaines des entreprises mentionnées dans le document de l'administration Biden, dont l'entreprise norvégienne DNV GL ou l'assureur suisse Zurich Insurance, avaient indiqué par le passé qu'elles se retiraient du projet Nord Stream 2 du fait des pressions américaines.

Voici la liste des entreprises citées dans le document de l'administration Biden :

- AEGIS Managing Agency Ltd,

- Arch Insurance Ltd,

- Aspen Managing Agency Ltd,

- AXA Group,

- Baker Hughes,

- Beazley Furlonge Ltd,

- Bilfinger,

- Canopius Managing Agents Ltd,

- Chaucer Syndicates Ltd,

- Chubb Underwriting Agencies Ltd,

- DNV GL,

- Hiscox Syndicates Ltd,

- Markel Syndicate Management Ltd,

- MS Amlin Underwriting Ltd,

- Munich Re Syndicate Ltd,

- Tokio Marine Kiln Syndicates Ltd,

- Travelers Syndicate Management Ltd,

- Zurich Insurance Group.

Avec Reuters (Timothy Gardner, version française Jean Terzian, édité par Nicolas Delame)

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