Avtovaz : Renault cède à la pression de Poutine

Le constructeur français, qui détient 25% d’Avtovaz, accepte de renflouer l’entreprise pour ne pas voir sa part du capital diluée.

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Le chantage de Vladimir Poutine a fonctionné. Menacé d’une réduction de sa part dans le capital – Renault détient 25% d’Avtovaz – s’il n’acceptait pas de prendre part aux côtés de l’Etat russe au sauvetage du constructeur en injectant des fonds, Renault s’est déclaré prêt à investir.

A moins d’abandonner ses ambitions sur le marché russe, Renault est contraint de céder au conditions de Vladimir Poutine dans ce dossier éminemment politique. L’adossement à un partenaire local est pour lui une nécessité, et au contraire de desserrer ses liens avec Avtovaz, Renault comptait bien accroître les synergies avec son allié, notamment sur les équipements. Mais si le marché local ne se redresse pas et que les pressions politiques prennent le pas sur la stratégie industrielle, l’aventure russe de Renault pourrait se transformer en cauchemar.

L’investissement de Renault pourrait également être un moyen d’éviter qu’Avtovaz ne se rapproche d’Opel, dans le cadre du rachat de l’allemand par Magna et la banque russe Sberbank, qui cherche un partenaire parmi les constructeurs russes. Autre parallèle avec le dossier Opel : tout comme la Russie met la pression à GM pour que les technologies d’Opel soient transférées en Russie, Vladimir Poutine a souhaité que Renault cède à Avtovaz des technologies ou des licences.

L’industrie automobile russe a besoin de se moderniser, et elle essaie par tous les moyens d’y parvenir avant que la crise ne mette fin brutalement à ses projets. Avtovaz a déjà annoncé qu’il devait se séparer du quart de ses effectifs, et Gaz prévoit 14.000 destructions d’emplois.

Dossier : Automobile, le crash

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