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L'Usine Santé

Avis de la Haute Autorité de Santé, une nouvelle étape vers un déremboursement de l'homéopathie ?

Nathan Mann

Publié le

La Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé doit se prononcer ce 15 mai 2019 sur le déremboursement de l’homéopathie. Les industriels du secteur pourront ensuite faire valoir leurs arguments avant la publication du rapport final en juin.

Avis de la Haute Autorité de Santé, une nouvelle étape vers un déremboursement de l'homéopathie ?
Les médicaments homéopathiques pourraient bientôt ne plus être remboursés par la Sécurité Sociale.
© Iosif Szasz-Fabian - Fotolia

Est-ce l’avant dernier épisode dans la saga du déremboursement de l’homéopathie en France ? La Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) adopte ce 15 mai un avis sur le bien-fondé ou non du remboursement des médicaments homéopathiques. L'avis ne sera pas rendu public avant que les industriels n'aient pu présenter leurs contradictions, mais d’après les informations du journal Libération, la Commission devrait soutenir le déremboursement.

Une polémique ancienne

Le principe de dilution infinitésimale, base de l’homéopathie, date de la fin du XVIIIe siècle. Il est inventé à l’époque par l’allemand Samuel Hahnemann. Depuis, aucune étude clinique à grande échelle n’a pu faire preuve de l’efficacité médicale du médicament, et malgré sa popularité en France, sa pertinence est fréquemment remise en question. En 2017 encore, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes déclarait qu’il n’existait aucune preuve scientifique de l’efficacité de ces préparations.

En mars 2018, le débat est relancé dans Le Figaro, qui publie une tribune de 124 médecins s'opposant clairement à l’homéopathie, écrivant que "l’homéopathie n’a rien de scientifique". A la suite, la polémique s’enflamme et en août 2018, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, saisit  la HAS sur la question de l'opportunité d'un déremboursement des médicaments homéopathiques.

Possibilité de rendre un avis commun

La Commission de la Transparence de la HAS, composée notamment de médecins et de pharmaciens, mais aussi de membres d’associations de patients, a pour rôle est d’évaluer la pertinence de l’inscription des médicaments sur la liste des médicaments remboursables.

Alors qu'elle traite habituellement les médicaments de manière individuelle, un décret publié en mars 2019 lui permet de rendre un avis commun sur l’ensemble des quelques 1200 médicaments (souches) concernés, en prenant en compte “leur efficacité et leurs effets indésirables, leur place dans la stratégie thérapeutique (notamment au regard des autres traitements disponibles), la gravité des affections auxquelles ils sont destinés et leur intérêt pour la santé publique.“ Spécificité justifiée par le fait que les souches homéopathiques, en raison de l’absence d’indication thérapeutique précise et de leur innocuité, sont dispensées d’autorisation de mise sur le marché (AMM) au profit d’un simple enregistrement auprès de l’Agence nationale de Sécurité du médicament.

Pour établir son avis, la Commission a donc analysé l’ensemble de la littérature clinique disponible, et a largement consulté les parties prenantes depuis la fin 2018. L’ampleur de ce travail qui l’a d’ailleurs conduit à reporter la publication de son avis, initialement prévu pour fin février.

Fin de partie pour l’homéopathie ?

Dans ce contexte, les derniers résultats publiés par le laboratoire Boiron semblent de mauvais augure : fin avril, le laboratoire annonçait  une chute de 9,3% de ses chiffres de vente en France – son premier marché, représentant 83,4 millions d’euros de ventes – pour le premier trimestre 2019.

Pour contre-attaquer, les laboratoires produisant des médicaments homéopathiques visés par le déremboursement : Boiron, Lehning et Weleda, mènent depuis avril une campagne de lobbying intense contre le déremboursement autour du slogan “Mon Homeo Mon Choix“ et du site internet éponyme. L’objectif étant de mobiliser professionnels de santé et patients contre le déremboursement dans un pays où 77% des Français affirment faire confiance à l’homéopathie selon une étude Ipsos de 2015.

Une fois l’avis de la HAS arrêté, les laboratoires concernés bénéficieront d’une phase pouvant durer jusqu’à 55 jours pour formuler leurs contradictions, avant publication de l’avis définitif en juin. La ministre de la Santé prendra ensuite sa décision.

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