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L'Usine de l'Energie

[Avis d'experts] Et si on pensait la transition énergétique autrement…

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Publié le

Thorium, sobriété, hydrogène... L’association Icam Alumni a réuni 500 ingénieurs le 7 avril 2017, autour d’une table ronde permettant de faire le point sur les opportunités qui permettront de réussir la transition énergétique. Et les propositions et avis des scientifiques donnent matière à penser la transition énergétique autrement.

[Avis d'experts] Et si on pensait la transition énergétique autrement…
En 2050, l’énergie qui sera la plus consommée en France sera la biomasse.
© D.R.

Selon la littérature scientifique, nous disposons déjà de technologies qui peuvent nous permettre de réussir la transition énergétique. Avec, cependant, des conséquences économiques, écologiques et sociétales. Tous les experts s’accordent à dire qu’il est urgent de sortir du schéma des hydrocarbures, ce qui implique de bouleverser les transports, le bâtiment, l’urbanisme, l’agriculture, etc. Dans tous les cas, les solutions envisagées sont très high-tech. Voici un condensé des grandes idées débattues lors de cette table ronde organisée par Icam Alumni.

Ne pas uniquement se focaliser sur l’énergie

Telle sera la clé de la réussite selon Benoit Lebot, directeur exécutif de l’IPEEC (International Partnership for Energy Efficiency Cooperation). Chaque semaine se construit l’équivalent de la ville de Paris, partout dans le monde, et ce sans aucune considération pour le changement climatique. Alors que les choix d’infrastructures, de matériaux et d’intelligence des systèmes sont la clé pour rendre des bâtiments durables. "Le choix des énergies est l’étape qui vient juste après", selon lui. Il rappelle également que nous avons surtout besoin des services que nous rend l’énergie : il faut donc d’abord aller vers plus de sobriété, en s’engageant individuellement et collectivement à moins consommer d’énergie.

Nouvelles énergies : quelles pistes ?

Pierre Papon, physicien et spécialiste de physique thermique, identifie différentes opportunités : le photovoltaïque, très sûr, mais qui exige de trouver des alternatives au silicium pour de meilleurs rendements ; la bio-énergie (biocarburants, bioéthanol) en perfectionnant de nouvelles techniques ; et dans le nucléaire, il faut peut-être sortir de l’uranium et envisager d’autres filières, comme le thorium, qui aurait l’avantage de s’abstraire de l’utilisation de l’eau à haute température comme fluide caloporteur.

Pour la question des batteries électrochimiques, une alternative au Li-ion est nécessaire : Lithium-oxygène ? Sodium ? Zinc ?... Un pari technique est à relever, car elles doivent être en mesure de stocker plus de 200 Wh par kilo. Sachant que l’usage de ces métaux dits "terres rares" risque de poser, à terme, des problème d’approvisionnements. Les gisements ne sont pas exploitables à l’infini ! Des solutions de recyclage devront donc être imaginées. Benoît Lebot rappelle qu’en 2050, l’énergie qui sera la plus consommée en France sera la biomasse et que les agrocarbures peuvent donc être une piste toute aussi intéressante que l’électricité.

"Décarboner l’amont et électrifier l’aval" : la piste hydrogène

L’hydrogène possède d’excellentes propriétés : il produit de l’électricité dans une pile à combustible et peut se recharger en quelques minutes. Il fait l’objet de nombreuses initiatives dans le monde, notamment dans le domaine des transports. Aujourd’hui, l’un des grands problèmes soulevés par les énergies renouvelables est la capacité de stockage, pour pallier les irrégularités de production, spécialement dans les pays de l’hémisphère nord qui subissent des contraintes climatiques fortes. Le mix "hydrogène-électricité" est notamment le fer de lance de Pierre-Etienne Franc, président du CA d’Air Liquide Advanced Technologies. Ce mix pourra aussi être employé dans l’industrie et permettre de "décarboner" des process très gourmands en énergie. Selon lui, ce changement énergétique "doit être porté collectivement, par les gouvernements, pour le convertir en opportunité d’emploi et de croissance économique".

En lien avec le digital

Le digital a un rôle crucial à jouer dans la transition énergétique. En effet, les énergies renouvelables replacent le consommateur au cœur du système : l’énergie est produite près de chez soi (voire chez soi !) et cela implique donc de repenser tout le réseau de distribution, avec des unités plus petites de production, stockage et diffusion. Le numérique sera le pilier de tout cela, mais Jean-Marie Dauger, co-chair du conseil mondial de l’énergie, met en garde sur deux choses : la nécessité de se protéger des cyber-attaques, et l’exigence d’assurer la stabilité du réseau. Cependant, chacun sait que le numérique est, aussi, source d’émissions de GES. Pierre Papon rappelle que la blockchain consomme 50 TWh par an, soit l’équivalent de 10% de la production d’électricité française. L’impact du numérique sur la consommation énergétique est donc "une inconnue qui se superpose à d’autres scénarii". Et Pierre-Etienne Franc souligne que dans le domaine des transports, la part toujours plus importante du digital dans les véhicules va impliquer de trouver des solutions de batteries extrêmement performantes.

Les ingénieurs ont un rôle crucial à jouer

Les intervenants sont unanimes : les besoins en ingénieurs vont de pair avec les enjeux de la transition écologique. Ces derniers devront relever les défis techniques permettant de décarboner les industries, stocker l’énergie de façon stable et sécurisée, trouver des alternatives à l’épuisement des terres rares, étendre l’usage de l’hydrogène ou encore construire des bâtiments efficients… Un "re-engineering" complet est en marche et, comme le souligne Pierre-Etienne Franc, "l’industrie a pu être longtemps pointée du doigt, mais c’est elle, grâce à son génie technologique, qui parviendra à nous sortir des difficultés".

Les avis d'experts sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle

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1 commentaire

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25/04/2018 - 11h16 -

Nouvelles énergies : quelles pistes ? Pierre Papon, physicien et spécialiste de physique thermique, identifie différentes opportunités : le photovoltaïque, très sûr, mais qui exige de trouver des alternatives au silicium pour de meilleurs rendements." NON - MAUVAIS raisonnement ! Ce qui pose problème n‘est pas le rendement mais les COÛT d’investissement et recyclage versus durée de vie-énergie produite. SI simplement le coût de fab et de recyclage baissaient alors on SE MOQUERAIT du RENDEMENT CAR l’énergie incidente EST GRATUITE. Autour de 18 % on a largement de quoi faire ! Penser rendement c’est penser énergie primaire coûteuse, pétrole uranium. Une pensée inadaptée, hors contexte !
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