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[Avis d'expert] Une stratégie Cloud nationale : le gouvernement pose les bases d’un vaste projet ambitieux

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Tribune Au début de l’été, Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique a esquissé une stratégie cloud pour la France. Une chose est sûre, l’annonce a de quoi séduire, estime Ivan Smets, patron de la France et de l'Europe du Sud de la start-up Snowflake Computing.

[Avis d'expert] Une stratégie Cloud nationale : le gouvernement pose les bases d’un vaste projet ambitieux © ra2 studio/Fotolia

Pour la première fois, le gouvernement a posé des bases solides pour un vaste projet dédié au cloud en déterminant des axes concrets de développement, des domaines d’applications et des offres de prestataires. Au regard de l’annonce faite, il semble que l’État veuille s’affirmer comme un cloud broker pour ses différents organes et institutions. Et c’est une bonne chose !

Une de ses missions clefs est d’améliorer la productivité et la performance de ses services tout en réduisant les coûts de fonctionnement tant au niveau national que local. Dans la cadre de sa mission de péréquation territoriale, à savoir s’assurer que chaque échelon administratif ait accès aux ressources adéquates, la posture de cloud broker semble être le meilleur compromis. Elle va permettre de réduire les cycles de déploiement et les coûts. De plus, grâce à cette caractéristique fondamentale qu’est l’élasticité, le Cloud garantira l’accès aux mêmes services avec le même niveau d’exigence à tous. Dans ce cadre-là, l’État doit toutefois se limiter à la définition des besoins métiers et des moyens mis en œuvre. Mieux vaut ne pas imposer de caractéristiques techniques ni tenter de développer ses propres outils. Et c’est là que va se jouer la réussite, du projet : dans les choix faits lors de sa mise en œuvre.

Définir les besoins métiers et les moyens, pas la technique

Premièrement, et le projet semble aller dans ce sens là, il est préférable de ne pas chercher à redéfinir des standards existants, ni à réinventer les offres déjà disponibles sur le marché. Le plus important est d’abord de définir des besoins métier et des moyens. Se pencher sur les aspects techniques et exiger des adaptations spécifiques risqueraient de complexifier le projet. Le cloud apporte en effet une flexibilité et une scalabilité jamais vues. Il serait dommage de la tuer dans l’œuf en tentant de réinventer des technologies ayant déjà fait leurs preuves. Et au-delà de l’intention de base, la mise en œuvre va aussi avoir un grand rôle à jouer.

Le pragmatisme et la patience seront les principaux facteurs de réussite du projet. Le choix d’une approche locale dite "test and learn" au détriment d’un grand déploiement national est tout indiqué dans le cadre d’un projet comme celui-ci. Concrètement, cette approche passe par la définition d’un besoin, le test d’une brique à petite échelle et enfin la mise en place de sa scalabilité progressive au niveau national. Et c’est les collectivités qui en seront à l’initiative. C’est d’elles que doit venir l’initiative et c’est tant mieux puisque ce droit à l’expérimentation est inscrit dans la constitution. En termes de gouvernance, le rôle de l’État n’est d’ailleurs pas de tout contrôler, ce serait illusoire. Mieux vaut plutôt mettre en place des standards fondamentaux immuables et immutables accompagnés de best-practices tout en laissant une flexibilité aux différents acteurs territoriaux. 

Une offre technique déjà bien fournie

Techniquement, les offres nécessaires à la réalisation du projet sont en tout cas toutes disponibles, ce qui va d’ailleurs obliger l’État à faire des choix parmi les différents acteurs présents. Pour son cloud privé, basé sur openstack, il va pouvoir compter sur les OVH, Outscale ou encore Thales pour composer une infrastructure sécurisée. En matière de cloud hybride des solutions comme Nutanix, VMware, Citrix, etc. permettent déjà la mise en place des couches d’abstractions amène d’assurer la portabilité des données et des applications tant souhaitée par l’État. Enfin, pour l’offre de cloud public dédiée aux applications et aux données les moins critiques, on devrait voir entrer dans la danse les géants américains comme Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud Platform, mais aussi d’autres acteurs comme Snowflake et Athena, chargées d’assurer les échanges au niveau de la donnée.

En conclusion, la stratégie cloud de l’État est bien née tant dans les intentions que technologiquement. La grande question concerne maintenant sa mise en œuvre. Il faudra se montrer pragmatique et patient quant au déploiement des différentes briques qui composeront ce vaste projet. Et comme pour chaque projet de transformation sa réussite passera immanquablement par l’accompagnement et la formation des agents publics dans la maîtrise de ces nouvelles technologies.

Ivan Smets, patron de la France et de l'Europe du Sud de la start-up Snowflake Computing

 

Les avis d'experts sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs et n'engagent pas la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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