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[Avis d'expert] Pourquoi les entreprises font marche arrière dans le cloud

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Tribune Dans le cloud, les solutions de stockage intelligentes font face aux limites d’une solution miracle, estime Jean-Philippe Pouquet, Entreprise Sales Manager pour la France chez l'entreprise de systèmes de stockage de données Infinidat.

[Avis d'expert] Pourquoi les entreprises font marche arrière dans le cloud
Stocker les données en dehors du cloud permettrait de réduire les coûts et risques de sécurité

La « solution miracle » qu’est devenue le cloud cette dernière décennie a permis à de nombreuses entreprises de répondre rapidement aux défis posés par la demande de mise à disposition rapide d’infrastructures : en 2018, 70% (1) des entreprises ont investi dans le cloud public et 69% dans le multi-cloud pour accélérer leur transformation numérique. Il faut toutefois noter que bon nombre de celles ayant déjà franchi le pas tentent aujourd’hui de faire marche arrière, notamment pour la partie qui concerne le stockage des données. Ce retour en arrière porte un nom : le « rapatriement des données du cloud ». Deux raisons à cela : souvent, le cloud ne tient pas ses promesses en matière de réduction des coûts, et l'inquiétude quant à la sécurité reste vive en raison des violations de données à grande échelle. Notons également que les coûts mensuels du cloud augmentent rapidement pour les entreprises. Conséquence : les DSI sont de plus en plus nombreux à se demander si cette migration des données vers le cloud est vraiment nécessaire. Il existe néanmoins des solutions de stockage de données intelligentes et agiles qui permettent de conserver la souveraineté des données.

Coûts cachés et risques de sécurité : les mauvaises surprises du cloud

Le passage d'un fournisseur cloud à un autre ou la migration d'un environnement cloud vers un environnement on-premise font partie des obstacles que rencontrent les entreprises déjà présentes sur le cloud. À titre d'exemple, les fournisseurs de services cloud facturent des frais de sortie prohibitifs pour supprimer les données, créant ainsi une dépendance à leur égard. À l'inverse, les fournisseurs proposent souvent de meilleurs tarifs aux nouveaux clients au détriment des clients actuels. La mise en place d'une stratégie multicloud peut aider à atténuer certains de ces risques. Toutefois, elle augmente les coûts, tout en complexifiant le rapatriement des données. A noter que le déplacement des données présente à lui seul un risque, car il faut les sécuriser lors de chaque migration.

La sécurité peut poser également problème en raison du manque considérable de compétences en la matière. Celles permettant de sécuriser le périmètre sont en revanche bien plus répandues, abordables et faciles à obtenir. La souveraineté des données demeure également une préoccupation pour de nombreux marchés verticaux (tels que les secteurs financier, public et de la santé) car il est presque impossible de conserver un contrôle total des données une fois qu'elles sont dans le cloud. Le CLOUD Act américain, adopté en 2018, concède aux autorités des Etats-Unis l’accès aux données stockées sur des clouds de fournisseurs américains, même si les serveurs sont situés à l'étranger. Cette loi a relancé les efforts français et européens en faveur de la préservation de la souveraineté des données. Le RGPD, également entré en vigueur en 2018, a néanmoins ajouté des difficultés à la sécurité dans le cloud public.

L'ensemble de ces risques et de ces coûts doivent être associés afin d'obtenir une vision précise du coût total de possession (total cost of ownership) d'une solution de stockage cloud. La réponse à ces problématiques prend ici sa source : alors que l'exploitation des ressources de calcul des fournisseurs cloud offre plus d'agilité, stocker les données en dehors du cloud permet de réduire les coûts et risques de sécurité.

Le cloud pour tous, mais pas pour tout

Bien entendu, une partie des données finiront dans le cloud, comme celles provenant des applications, logiciels et services exécutés à partir du cloud. Toutefois, la migration de toutes les données on-premise vers le cloud augmentera les coûts, sans engendrer d'économies. Par ailleurs, si les besoins tendent vers l'élasticité, la flexibilité et l'agilité, vous trouverez en réalité votre bonheur on-premise, sans ces coûts supplémentaires.

Intégration de l'intelligence dans le stockage de données

Les solutions logicielles et de stockage de données intelligentes peuvent rendre le stockage de données encore plus rentable, tout en maintenant la souveraineté des données et en fournissant d'autres avantages du cloud. Ces solutions permettent aux équipes informatiques de déplacer des charges de travail vers le cloud pour une meilleure agilité, sans avoir à déplacer les données. L’entreprise bénéficie ainsi d'un environnement à haute disponibilité et à hautes performances qui élimine les coûts cachés du stockage cloud.

En stockant des données dans un référentiel unique et en fournissant en parallèle un accès à plusieurs services de cloud public, les entreprises peuvent avoir le meilleur des deux mondes. Les applications d'entreprise peuvent être exécutées de façon native sur un cloud privé virtuel, alors que le stockage d'entreprise adjacent assure sécurité, fiabilité et haute disponibilité. Les données sont sécurisées et les frais de transfert évités : une solution idéale pour les entreprises de secteurs variés.

En fin de compte, tout le monde pourrait utiliser le cloud, mais le cloud n’est définitivement pas la réponse à tous les besoins. En fonction de l'entreprise et des données stockées, le cloud n'est pas toujours l'option la plus sensée ou rentable. Avant de décider de migrer les données de l’entreprise dans le cloud, les CIO doivent très sérieusement déterminer les vraies bonnes raisons et les résultats attendus, faute de quoi, la démarche pourrait s'avérer à la fois bien plus couteuse et moins efficace que prévue et surtout, rendre extrêmement difficile le retour arrière.

Jean-Philippe Pouquet, Entreprise Sales Manager pour la France chez l'entreprise de systèmes de stockage de données Infinidat.

 

(1) selon Kevin Casey, récipiendaire d’un Azbee Award

Les avis d'expert et tribunes sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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3 commentaires

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28/01/2020 - 02h20 -

En tant qu'architecte, je n'ai jamais autant ri. Continuez à négliger le coût exorbitant de maintien d'un on-premise et continuez également d'abstraire totalement les petits coûts cachés que vous n'auriez pas sur le cloud, continuez enfin de négliger le fait que le service offert par les géants du web en matière de performance et de sécurité sont inférieurs à ce que vous pourriez avoir on-premise... Oui oui continuez de croire que vous pouvez faire mieux que Microsoft ou Amazon... J'ai encore eu un client me soutenant mordicus que leur infra est plus résiliente que celle d'Amazon l'autre jour... Les chevilles et les français...
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Nom profil

27/01/2020 - 09h30 -

Très bel article. Je suis un ingénieur cloud, développeur et revendeur de service cloud. Nous avons l'habitude de dire tout le bien du cloud à nos clients. Mais il serait aussi juste qu'on leur parle des difficultés en toute transparence
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Nom profil

27/01/2020 - 08h44 -

C'est écrit par un "expert" qui vend du stockage physique... Forcément l'article n'explique pas comment les coûts d'un cloud public "seraient" plus élevés. Bref, un expert loin d'être neutre sur le sujet. Vers du multi-cloud oui, mais revenir sur du on-premise et dire que les données souveraines sont plus sécurisées : non. Ne pas oublier qu'un contrat cloud sur le rapatriement des données se négocie.
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