[Avis d'expert] Pourquoi il est urgent de développer l’employabilité

Pour lutter contre la fuite des compétences et le désamour des talents, Philippe Bazin, co-fondateur de Mon CDI, estime qu'il faut que les entreprises investissent dans l'employabilité des salariés. 

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[Avis d'expert] Pourquoi il est urgent de développer l’employabilité
Philippe Bazin, co-fondateur de Mon CDI.

À l’heure des réouvertures progressives, et de la reprise d’activité pour de nombreux secteurs, la question des compétences se pose avec d’autant plus de force que celles-ci semblent faire défaut là où l’on en a le plus besoin : on en parle à propos de la restauration, mais les secteurs de la construction, du numérique, de l’industrie et des services à la personne sont également touchés. Bien sûr, il y a la conjoncture. Mais au désamour des talents, peut-être temporaire, s’ajoute la fuite des compétences, elle bien réelle, de salariés qu’il faut accompagner, par de la formation, pour aller au-devant des pénuries actuelles et futures. Les entreprises, qui disposent de dispositifs pour les y aider, doivent jouer leur rôle et investir dans l’employabilité.

Œuvrer au maintien des compétences

Les pénuries de main-d’œuvre ne datent pas d’aujourd’hui. Avant la crise, déjà, certaines branches d’activité avaient du mal à recruter, du mal à trouver des candidats avec les bonnes compétences. Mais les secteurs les plus durement touchés par la crise ont vu les vocations et les candidatures fondre comme peau de chagrin. Si le plan de relance va sans doute aider de nombreuses entreprises à repartir du bon pied, elles vont de toutes façons avoir à faire face à une pénurie sans précédent. Or la formation, c’est du temps. Du temps long, parfois des centaines d’heures pour acquérir des compétences spécifiques. Ces compétences, si elles ne sont plus immédiatement disponibles, il faut donc les développer et permettre par là-même à des salariés, dont les métiers ont été ou sont impactés par la crise, de se reconvertir et d’évoluer vers des métiers d’avenir.

Voir son activité ralentir, ou s’arrêter, à cause de la pandémie a été terriblement frustrant pour de nombreux entrepreneurs qui ont heureusement pu recourir au chômage partiel et conserver ainsi leur main d’œuvre, tout du moins en partie. Alors que l’activité économique reprend, il est encore plus frustrant de ne pas être en mesure de fonctionner à 100% faute de main d’œuvre qualifiée. Après la crise, donc, les effets de la crise : le carnet de commandes (ou de réservations) se remplit, mais on manque de personnel pour répondre à la demande. Dans ce parcours contre la montre, il faut paradoxalement miser sur des moyens de temps long : car il y a l’urgence du jour et celle du lendemain. Pour assurer la pérennité de son activité, et sortir de cette pénurie main d’œuvre, il faut investir dans l’employabilité de ses salariés.

Des dispositifs dédiés

Depuis le 15 janvier 2021, dans le cadre du plan France Relance, le dispositif « transitions collectives » (dit « Transco ») permet aux employeurs d’anticiper les mutations économiques de leur secteur et aux salariés d’être accompagnés pour se reconvertir sans passer par une période de chômage. Concrètement, les salariés peuvent prétendre à une formation certifiante sans rien perdre de leur rémunération pendant toute la durée de la formation (vingt-quatre mois maximum) et évoluer vers un métier porteur dans le même bassin d’emploi. En fonction de la taille de l’entreprise, l’Etat prend en charge l’intégralité ou une partie du financement, c’est-à-dire la rémunération du salarié partant et le coût pédagogique des formations.

Cet accompagnement par la formation professionnelle vise les secteurs d’activité les plus fragiles, mais aussi à répondre aux besoins de recrutement des entreprises engagées sur des métiers porteurs, comme la transition écologique, le numérique, la santé ou les soins. Quand la pénurie de main d’œuvre tient à la pénibilité du métier, on ne peut pas faire grand-chose, sinon travailler sur l’image et l’attractivité de ces métiers. Quand elle tient à la fuite ou au maintien des compétences, de tels dispositifs d’accompagnement se révèlent précieux, à la fois pour lutter contre le chômage et relancer l’activité économique.

Plus de formation pour une meilleure employabilité

L’employabilité des salariés n’est donc pas abandonnée aux seules ressources des entreprises qui méconnaissent pourtant souvent les dispositifs d’accompagnement existants, à l’instar du CDI d’employabilité, qui s’attaque lui aussi directement aux problématiques du temps en donnant aux travailleurs les moins qualifiés (donc les plus fragiles) la possibilité de se former à long terme sur des métiers d’avenir. En effet, les entreprises de travail à temps partagé, qui signent en CDI des salariés qu’elles placent pour des missions longues dans des entreprises clientes, s’engagent à doubler les droits à la formation de leurs salariés. Pareil dispositif, rendu possible par la loi du 5 septembre 2108 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », permet de développer l’employabilité et de répondre à la fois aux besoins en compétences des hommes et des organisations. Des besoins complémentaires, qui ne demandent qu’à s’accorder.

par Philippe Bazin, cofondateur de Mon-CDI

Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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