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L'Usine Energie

[Avis d'expert] Pour que la sobriété énergétique des logiciels devienne un enjeu global

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Publié le

Tribune Il est urgent de développer les outils permettant aux développeurs de prendre ne compte la consommation des logiciels, selon Joël Bentolila, CTO chez Talentsoft.

[Avis d'expert] Pour que la sobriété énergétique des logiciels devienne un enjeu global © cc Roiji Ikeda - Flickr

L’impact énergétique du numérique est trop souvent réduit à la consommation électrique des data centers. Quasi invisible pour le grand public, encore trop ignorée des professionnels de la Tech, la consommation énergétique des logiciels pèse pourtant lourdement sur l’environnement.

Un data center, même peu utilisé, consomme de l’énergie. Toutefois sa consommation électrique est amplifiée par l’usage des logiciels, présents sur les appareils des utilisateurs, mais aussi au sein même des data centers.

Une consommation non mesurée

En cumul, les chiffres deviennent vite vertigineux : recharger un smartphone coûte moins d’un dollar par an. Une somme dérisoire pour le consommateur, mais prohibitive pour l’environnement à l’échelle des 7,7 milliards de lignes téléphoniques dans le monde. Quant aux data centers, chacun consomme chaque année une énergie comparable à celle d’une ville de 200 000 habitants. Le numérique serait à l’origine de 10 % de la consommation énergétique mondiale et de 5 % des émissions de gaz carbonique.

La communauté a déjà bien intégré la gestion énergétique liée au matériel et à l’infrastructure des data centers. Cependant le volet logiciel est encore trop souvent ignoré dans les efforts d’optimisation énergétique. En 2016, moins d’un développeur sur cinq en tenait compte dans ses travaux et seulement un sur dix mesurait la consommation de ses logiciels, et ce de manière artisanale (researchgate 2017).

Quelques initiatives

Si la prise de conscience est récente, quelques initiatives modestes, incomplètes mais intéressantes commencent à voir le jour. On trouve des outils de mesure de la consommation énergétique de logiciels, soit essentiellement sur plateforme mobile (ex : Greenspector), soit tournés vers la capture de données de base difficile à exploiter pour un développeur (ex : Open Hardware Monitor).

Il existe dans les processeurs une série d’instructions très primaires conçues à l’origine pour calculer la chaleur dégagée par le processeur, donc indirectement l’énergie consommée (Intel). L’Ademe a investi dans divers projets d’écoconception l’an passé.

Des règles de bon sens

La communauté des développeurs a commencé à partager quelques règles logicielles de bon sens pour réduire la consommation électrique d’une application : optimiser les requêtes base de données, réduire le nombre d’appels aux serveurs dans le cloud à sa juste nécessité, etc.

Pour autant, il n’existe aucune méthode éprouvée et aucun outil permettant aux développeurs professionnels de travailler sur la consommation électrique de bout en bout, en intégrant des mesures fiables prises au niveau du matériel, des outils de profiling spécialisés sur la consommation énergétique et des pratiques éprouvées par une large communauté pluridisciplinaire (développeurs, architectes, qualité, expérience utilisateur).

Besoin d'une approche globale

Une approche plus globale s’avère nécessaire. Celle-ci doit à mon sens intégrer trois éléments clés : capturer les données de consommation au niveau du matériel, sans que cette mesure influe exagérément sur la consommation ; proposer des outils d’aide à la conception logicielle permettant aux développeurs de détecter les sources de consommation excessive dans leur design et de faire les bons choix d’architecture ; et développer et diffuser des pratiques de conception frugale, tout comme il existe aujourd’hui des méthodes et recommandations pour concevoir des logiciels plus sécurisés, plus performants, ou plus maintenables.

Ainsi, il me semble indispensable de construire un cadre commun entre les fabricants de processeurs, les fournisseurs de systèmes d’exploitation et les concepteurs de logiciels, tant dans le domaine des outils d’aide au développement que dans celui des applications utilisateurs. Même si elle s’inscrit forcément dans le long terme, cette approche donnera des résultats durables en matière d’optimisation énergétique des logiciels.

 

Par Joël Bentolila, CTO chez Talentsoft

Les avis d'expert sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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