[Avis d'expert] Les métiers évoluent, il est temps que nos formations changent

Ceux qui rentrent sur le marché du travail en cet automne 2021 peuvent d’ores et déjà avoir une certitude : un métier pour la vie, c’est fini. Rares seront ceux qui réussiront à n’avoir qu’une seule profession tout au long de leur vie. La majorité d’entre nous connaîtra de multiples carrières, explique Florence Verzelen, la directrice générale adjointe de Dassault Systèmes.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

[Avis d'expert] Les métiers évoluent, il est temps que nos formations changent
Florence Verzelen, la directrice générale adjointe de Dassault Systèmes, prône des certifications de compétences élaborées conjointement par les industriels, les institutions académiques et les professionnels de la formation.

Le monde bouge. Les exigences de digitalisation et de développement durable sont en train de transformer les entreprises, leur business model et leurs besoins en compétences. Qui aurait imaginé, il y a dix ans, que des métiers tels que technicien du jumeau numérique, designer en production additive, formateur de cobots ou cybertesteur existeraient aujourd’hui ?

Si la nouvelle répartition des tâches entre l’homme et la machine, liée à la digitalisation croissante des entreprises, va entrainer 85 millions de suppressions de postes d’ici à 2025, 97 millions de nouveaux emplois devraient aussi être créés d’après un rapport du World Economic Forum. Reste à savoir quels seront ces « nouveaux emplois ».

Adapter nos formations aux métiers de demain

Comment former nos collaborateurs de demain, alors que nous n’avons, encore aujourd’hui, qu’une vue parcellaire de leur future activité ? Une question pour l’heure laissée sans réponse, qui va sans doute de pair avec celle des formations et dont dépend la croissance de nos entreprises.

Un constat sans appel se dessine toutefois outre-Atlantique. On remarque que les Gafam ont cessé de croire à la capacité du système éducatif de leur pays pour leur fournir les bonnes compétences. Google est en train de développer ses propres certifications, nommées « Grow with Google », disponibles en ligne pour les métiers d’analyste de données, de designer d’expérience utilisateur ou de support IT.

Le géant du numérique s’est lié à un consortium de 150 entreprises, dans des secteurs aussi divers que ceux de Verizon (télécommunications), Bayer (pharmacie et agrochimie) ou Accenture (conseil et technologies) pour que leurs certifiés trouvent des emplois parmi les membres du consortium. Un système de formation concurrent de celui des universités américaines est en train de voir le jour.

Alors quelle doit être notre stratégie, en Europe, pour nous préparer aux métiers de demain ? Risquons-nous de devenir dépendants des Gafam pour nos certifications, comme nous le sommes d’ores et déjà pour certains de nos usages en ligne ?

Proposer des certifications co-construites avec les industriels

Nous savons dès à présent qu’un certain nombre de compétences seront critiques, comme celles liées au digital, à l’intelligence artificielle, à la fabrication additive, à l’ingénierie système ou encore aux jumeaux numériques.

Si nous ne savons pas exactement quels seront les métiers dont nous aurons besoin en 2025, nous savons dès à présent qu’un certain nombre de compétences seront critiques, comme celles liées au digital, à l’intelligence artificielle, à la fabrication additive, à l’ingénierie système ou encore aux jumeaux numériques.

Plutôt que de se focaliser sur les métiers, pourquoi ne pas se concentrer sur les compétences ? En valorisant par exemple chaque acquisition de compétences par des certifications, qui pourraient être co-construites avec des industriels. L’adaptation de ces compétences co-construites serait beaucoup plus simple, au fur et à mesure de leur évolution.

Des initiatives de ce type ont déjà commencé à émerger en France, illustrant le rapprochement entre industriels, institutions académiques et professionnels de la formation. L'objectif est de répondre aux besoins de recrutement dans les métiers de l’industrie (continuité numérique, maintenance et robotique, fabrication additive, etc.) en offrant une formation non pas à un métier, mais à des compétences.

Les formations de demain seront co-construites ou ne seront pas.

Florence Verzelen, directrice générale adjointe de Dassault Systèmes

Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

0 Commentaire

[Avis d'expert] Les métiers évoluent, il est temps que nos formations changent

Tous les champs sont obligatoires

Votre email ne sera pas publié
0 Commentaire

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS