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[Avis d'expert] L’industrie aéronautique doit - et peut - réduire son empreinte carbone

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Tribune Depuis des millénaires, les échanges culturels, d’idées, de biens et de services constituent le moteur du progrès humain. L’aviation a permis d’accélérer les échanges entre les continents et a, de ce fait, largement contribué au développement économique mondial.

[Avis d'expert] L’industrie aéronautique doit - et peut - réduire son empreinte carbone
Rolls-Royce va développer pour le Tempest, futur avion de combat de la Royal Air Force britannique, un nouveau système de démarrage des turboréacteurs, électrique et intégré.
© Royal Air Force

Notre industrie a su développer, depuis bien longtemps, des technologies qui ont diminué drastiquement la consommation de kérosène et donc des émissions de CO2. Notre activité représente 2 à 3% des émissions globales. Aujourd'hui, l'industrie aéronautique est confrontée à un défi d’une toute autre envergure. Si le transport aérien augmente en ligne avec les projections, alors que d'autres secteurs réussissent à se décarboner plus rapidement, les émissions de l'industrie aéronautique représenteront alors une part accrue des émissions globales.

Notre industrie doit à la fois continuer à innover, sans pour autant ajouter davantage de CO2 dans l'atmosphère. Il n'existe pas une solution unique pour y parvenir. Une véritable collaboration au-delà des frontières industrielles est requise. Contrairement au secteur automobile où plusieurs alternatives peuvent évoluer dans une zone géographie donnée, l'aviation nécessite une solution à l’échelle mondiale. La France, avec sa riche histoire d'aviation, a l’opportunité de montrer la voie, avec le soutien d’un gouvernement engagé dans la lutte contre le changement climatique.

Peu d'entreprises sur la planète sont mieux placées que Rolls-Royce pour relever ce défi. Le mois dernier, nous nous sommes engagés aux côtés d’autres industriels à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La réalisation de cet objectif est sur la bonne voie pour ce qui concerne nos sites de production, qui l’atteindront en 2030 ; en revanche, réduire l’impact de nos moteurs constitue un autrement plus grand challenge.

La complexité du défi et la multiplicité des technologies de décarbonation entraînent d’inévitables divergences d’opinion et débats sur la voie à emprunter par et pour le secteur. La chose la plus importante à retenir est l’importance d’arriver à un consensus sur l’objectif zéro carbone et la nécessité d’y arriver le plus rapidement possible.

Avec cet objectif en tête, Rolls-Royce doit faire œuvre de pionnier sur trois fronts différents.

Premièrement, en redoublant ses efforts pour améliorer le rendement énergétique de ses turbines et en développant de nouvelles technologies permettant de baisser les émissions de ses moteurs. Les réacteurs vont continuer à être la forme prédominante de motorisation sur les années à venir, notamment pour les vols transatlantiques, du fait de la densité énergétique du kérosène. C’est pourquoi il est crucial d’établir de nouveaux standards d’efficacité pour ce type de propulsion, ce à quoi nous nous efforçons avec notre concept UltraFan, qui vise à économiser 25% de carburants par rapport à la première version de notre famille de moteurs Trent.

Deuxièmement, en travaillant main dans la main avec l'industrie des carburants pour augmenter de manière significative la disponibilité de carburants durables pour l’aviation (SAF). Pour ce faire, une nouvelle forme de collaboration est nécessaire à travers l'ensemble du secteur - des compagnies aériennes, exploitants d'aéroports, constructeurs d'avions, compagnies pétrolières, aux institutions financières, pouvoirs publics, et représentants de la société civile.

Enfin, nous devons accélérer le développement de technologies de rupture, telles que l'énergie hybride électrique, le tout-électrique, et explorer l'utilisation de nouveaux carburants tels que l'hydrogène.

Dans 20 ans - la durée de vie d'un avion commercial - il y aura quatre fois plus d’habitants sur terre qu’il y a cent ans. Cette croissance démographique s’accompagne d’une pression sans précédent sur notre écosystème. Jamais l'humanité n'a été confrontée à un plus grand défi. Et, pour nous, il n’a jamais été aussi important de faire partie de la solution.

Par Michel Dubarry, président Europe et Afrique du Nord, Rolls-Royce

Les avis d'expert et tribunes sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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