[Avis d'expert] Industrie 4.0, gare à l'emballement !

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Tribune Si les derniers chiffres de l'industrie française sont encourageants, notamment dans le secteur des nouvelles technologies, Philippe Billet, directeur Ascom France et Europe du Sud assure que l'industrie 4.0 nécessite d'abord moderniser l'ensemble de l'écosystème industriel. 

[Avis d'expert] Industrie 4.0, gare à l’emballement !
Philippe Billet, directeur Ascom France et Europe du Sud

Selon l'indice IHS Markit publiée lundi 2 septembre, l’industrie française a retrouvé le chemin de la croissance en août ! En effet, l’indice a dépassé le seuil 50,0, synonyme « d’expansion ». Une première depuis mars. A contrario, les chiffres de la zone euro se sont « contractés » pour le septième mois consécutif, son deuxième plus faible niveau depuis avril 2013.

Portée notamment par une appétence pour le 4.0, notre industrie s’est donc résolument tournée vers le futur. L’industrie française gagne du terrain grâce aux nouvelles technologies. Suffisamment de terrain ? Il existe un doute. Pire, une crainte. Selon une étude du cabinet Coleman Parks l’année dernière, 70% des dirigeants d’industrie pensent que le coût des technologies et le manque de compétences sont les principaux freins à l’adoption de l’industrie 4.0.

Le 4.0 : une volonté managériale et une ambition collective qui nécessitent un accompagnement

Une transition numérique réussie repose d’abord sur une volonté managériale. Néanmoins, il n’existe pas de plan tout fait. Toutes les industries sont concernées par l’usine 4.0, quelle que soit la taille de l’entreprise mais le rythme et le coût de cette transformation doivent être adaptés de façon pragmatique.

Muter vers le 4.0 nécessite d’impliquer tout l’écosystème industriel : du décideur au travailleur isolé lequel va se servir des nouvelles technologies, en passant par la DSI ou les RH qui posent un cadre de travail réglementé. L’usine du futur est donc une ambition collective : entre les managers et les salariés où le devoir de communication et d’explication est nécessaire pour favoriser l’adoption des nouvelles technologies, mais aussi entre ces mêmes managers et les prestataires technologiques pour établir une transition pragmatique.

Les managers ne sont pas donc pas seuls pour établir ce « plan personnalisé » ! Le soutien apporté par un prestataire technologique a pour objectif de diminuer les craintes du manager face au changement, en lui apportant une expertise pointue et adaptée à sa structure.

4.0 : gare à l’effet Waouh !

« Usine du futur », « usine 4.0 », « usine technologique »… Le vocabulaire pour désigner l’usage de nouvelles technologies pour favoriser la croissance de notre industrie peut être très attrayant. De même que les dispositifs technologiques en vogue : Intelligence artificielle, réalité augmentée, Blockchain, objets connectés…
Des innovations sexy sur le papier ! Mais gare à la tentation. Le rôle des fournisseurs de technologies est aussi de rappeler aux managers les bases sur lesquelles construire une mutation solide.

L’introduction des nouvelles technologies doit poursuivre un objectif : augmenter la productivité tout en diminuant les coûts de production. Ce défi doit être relevé pas à pas. Il ne faut pas négliger l’essentiel, à savoir un système informatique et de communication robuste sur lequel repose le développement des autres technologies, pour d’abord répondre à un besoin essentiel : assurer la sécurité des sites industriels. La garantir pour les salariés naturellement (et légalement !) - on parle alors des dispositifs PTI (Protection du Travailleur Isolé) et DATI (Dispositif d’Alarme pour Travailleur Isolé) - mais aussi pour les machines à l’ère du 4.0, à travers un système d’alarmes et de remontée intelligente d’informations.

Les grands groupes industriels comme ceux des PME doivent comprendre l’importance et l’intérêt d’investir dans la sécurité. Un accident ou une catastrophe peuvent signifier la faillite d’une entreprise. Selon le rapport de l’association internationale de la sécurité sociale (AISS), les entreprises peuvent espérer un retour potentiel de 2,20€ pour chaque euro investi dans la sécurité. Il s’agit d’un facteur de réussite pour l’entreprise, qui nécessite un accompagnement.

Encore une fois, chaque industriel doit aller à son rythme pour muter vers le 4.0, qui amènent de formidables opportunités de développement pour notre économie. Mais gare à ne pas perdre l’essentiel de vue, commun à chacun : la sécurité.

Philippe Billet, Directeur Ascom France et Europe du Sud

Les avis d'expert sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle

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