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L'Usine de l'Energie

[Avis d'expert] Éolien en mer français : du vent dans les pales

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Publié le

Tribune À la suite de plusieurs décisions administratives, les premiers parcs éoliens maritimes seront enfin prochainement installés dans les eaux territoriales françaises. Un pas décisif pour cette filière renouvelable, dont le développement pourrait permettre d’accélérer la transition du mix énergétique français, plaide Olivier Durin, Directeur de la publication Le Monde de l'énergie.

[Avis d'expert] Éolien en mer français : du vent dans les pales © D.R.

La filière de l’éolien maritime connaît un véritable boom ces dernières années en Europe. Si la France pâtit d’un retard certain - on ne compte qu’une seule éolienne en mer installée aujourd’hui, au large du Croisic (Loire-Atlantique) - d’autres pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou le Danemark ont déjà mis en service plusieurs parcs.

Et pour cause, avec un facteur de charge de 35 % à 40 %, bien supérieur à celui des éoliennes terrestres (de 20 % à 25 %), l’éolien en mer présente des atouts considérables pour décarboner notre mix énergétique. Les éoliennes en mer sont en effet en moyenne deux à quatre fois plus grandes que leurs cousines terrestres, produisant ainsi plus d’énergie. Et en profitant de vents très favorables, elles fonctionnent aussi deux fois plus.

Dotée d’espaces maritimes particulièrement vastes, la France détient un potentiel de développement de l’éolien maritime parmi les plus importants d’Europe ! Le pays a toutes les cartes en main pour accélérer la croissance de cette énergie inépuisable et toujours plus compétitive.

En témoigne le prix au MWh proposé par EDF Renouvelables pour son projet de parc éolien à Dunkerque (Nord). En 2025, 45 éoliennes fourniront de l’électricité à 500 000 foyers pour moins de 50 euros du mégawattheure. Un prix inférieur "au prix actuel du marché de gros de l’électricité en France, hors coûts de raccordements à la côte" a souligné Bruno Bensasson, directeur exécutif groupe énergies renouvelables chez EDF.

Feu vert de la juridiction européenne

De fait, l’année 2019 est une année décisive pour l’éolien en mer. Le Conseil d’Etat a validé le 24 juillet 2019 les autorisations administratives pour l’installation de trois parcs éoliens en mer : deux en Normandie, au large de Fécamp (Seine-Maritime) et de Courseulles-sur-Mer (Calvados), et un en Bretagne, à quelques kilomètres de Saint-Brieuc (Cotes-d'Armor).

Le feu vert de la juridiction suprême du droit administratif français intervient après celui accordé au parc de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) le 7 juin 2019. Les travaux devraient débuter dans les prochains mois, pour une mise en service prévue d’ici deux à trois ans environ. Ces trois centrales éoliennes maritimes produiront respectivement entre 450 et 500 MW, soit l’équivalent par parc éolien des besoins en consommation électrique de plus de 500 000 personnes. Impulsant le développement d’une véritable filière, l’Etat avait attribué 6 premiers parcs éoliens en mer par appel d’offres en 2012 et 2014.

Des projets qui démarrent enfin !

Le 26 juillet, un communiqué de la Commission européenne, conjointement signé par le ministère de la Transition écologique et solidaire, approuvait l’aide d’État attribuée à ces six premiers parcs éoliens maritimes français. Pour la Commission, ces aides permettront à la France de réduire ses émissions de CO2, conformément à la Directive 2009/28/CE sur les énergies renouvelables. Élisabeth Borne s’est réjouie de cet avis : "L’éolien en mer est une énergie majeure pour la transition écologique", a déclaré la ministre de la Transition écologique.

Les parcs en cours de déploiement comprendront plusieurs dizaines d’éoliennes. En baie de Saint-Brieuc par exemple, 62 éoliennes de 216 mètres seront implantées par l’espagnol Ailes Marines (SAS détenue à 70% par Iberdrola).  Les projets permettront par ailleurs de créer des emplois localement, une bonne nouvelle pour les territoires.

Favorisés par ces vents porteurs, les projets d’éoliens en mer devraient en toute logique se multiplier. Et la Normandie accueillera peut-être bientôt de nouveaux parcs éoliens. Un débat public aura lieu à ce sujet à l’automne-hiver 2019. A suivre !


Olivier Durin, Directeur de publication Le Monde de l'énergie

Les avis d'expert sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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4 commentaires

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10/09/2019 - 11h47 -

Soyons clair l'éolien est le scandale de ce début de siècle. Tout ce que l'on nous vend est des mensonges. Une raison toute simple, c'est que ce gigantisme par rapport au coût est démesuré. La production est bien moindre que celle annoncée. En ce basant sur une consommation de 4Mw/h par foyers ces éoliennes ne produiront que 3066Mw/h à 35% de taux de charges par Mw. donc comment le journaliste peut-il s'avancer sur ces 500 000 personnes alors que ces par foyers ? La somme des GES par centaines de tonnes de co2 pour ces 45 éoliennes est délirant, pensez à toute l'énergie qu'il a fallut pour fondre, transportez de Chine, Allemagne, Danemark, implanter, démanteler ? Pour une terrestre c'est 1300 tonnes de béton nécessitant 70 camions toupies,cest 600kg de terre rares qui ce sont vu extraite par des milliers de m3 de terre et d'eau dans des conditions écologique catastrophiques. Pas besoin de cette énergie dont le scandale se fera jour et ne fera fermer aucune centrale nucléaire.
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10/09/2019 - 19h27 -

4Mw/h par foyer !!!! Vous êtes sérieux ? Crédibilité 0... J'aimerai bien vous expliquez en quoi vous vous trompez, mais ce serai trop long et vous semblez borné...
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10/09/2019 - 10h46 -

Selon son Linkedin, l'auteur de cette tribune a une formation en communication et sciences sociales. En quoi son avis sur ce sujet technique est-il pertinent ? (Il ne semble même pas maîtriser le concept d'intermittence, de coût complet ou de CO2 par MWh...) L'Usine Nouvelle s'honorerait de faire intervenir des experts compétents dans leur sujet.
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09/09/2019 - 21h35 -

Questions : 1/Quelle durée de vie de ces grandes éoliennes 2/Quel est le coût de démantèlement RÉEL et à la charge de qui ? 3/Que font les poissons dans le proche environnement 4/Que font les pêcheurs pro dans cette immense zone interdite ou impropre à la pêche 5/Si on annonce 40% de temps de production, c’est donc une production à 40% de la puissance... Ainsi, c’est quoi la réalité, qui est de ce fait différente de la publicité trompeuse d’approvisionnement réel ...
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10/09/2019 - 19h36 -

1/25 à 30 ans 2/inférieur au cout de démantèlement des autres type d'infrastructure produisant de l'énergie électrique. A la charge des consommateurs comme pour à peu prêt tout. 3/ on s'en tape... Tu ne te poses pas la question des poissons quand tu mets ton plein d'essence 4/les "no go zone" pour les pêcheurs permettront de créer des reserves, des lieux ou les poissons pourront vivre tranquillement r comme vous et moi. 5/pas compris la question
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09/09/2019 - 17h36 -

Les définitions des mots "énergie" et "électricité" ne semblent pas être maitrisées dans cette tribune. Les éoliennes maritimes produisent de l'électricité. Il n'est pas possible de produire de l'énergie. On ne peut que transformer une énergie (de l'énergie éolienne par exemple) en une autre (de l'énergie électrique). Le concept de "mix énergétique" n'est pas maitrisé non plus. Le mix énergétique de la France comporte (not.): de l'électricité à 90% décarbonée (voir electricitymap.org), du gaz (notamment pour le chauffage), du pétrole (pour se déplacer principalement), du charbon (pour les cimenteries et les aciéries notamment). L'auteur a peut-être voulu écrire "pour décarboner notre mix [électrique]" et non énergétique. "En 2025, 45 éoliennes fourniront de l’électricité à 500 000 foyers pour moins de 50 euros du mégawattheure." Ces éoliennes fourniront cela quand il y aura du vent à la vitesse optimale. Si la vitesse du vent est divisée par deux, la puissance fournie l'est par 8...
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10/09/2019 - 08h10 -

Il est triste de voir que nos talentueux ingénieurs français cèdent aux sirènes du nucléaire, en remettant toujours en cause les énergies renouvelables. Au vu des leçons que vous donnez, pouvez-vous nous dire quel est le coût de démantèlement RÉEL des centrales nucléaires?
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10/09/2019 - 15h13 -

@un ingenieur qui passait par là. Toutes vos remarques sont tout à fait juste. Petit bémol cependant pour votre dernière phrase: les 500.000 foyers alimentés en électricité intègrent le nombre d'heures de production réelle. Les études de vent et les modèles de productibles simulent la production annuelle totale (qui, divisée par la capacité nominale, donne le % théorique d'heures de vent, ici 40%), et cette production totale annuelle est divisée par la consommation annuelle d'un ménage. En clair, ce champ éolien produit annuellement l'équivalent de ce que consomment 500.000 foyers en une année (et non à chaque instant)
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