[Avis d'expert] Digital, bien-être et environnement: les trois fers de lance de la logistique

Livrer toujours plus vite et toujours mieux : tel est le credo de la supply chain. Et pourrait-on même ajouter, livrer toujours plus vert. Dans notre société du "tout livrable", qui enregistre près de trois commandes par seconde chaque jour selon les chiffres journal Revue Stratégique 2019 publiés par Food Service Vision, le secteur de la logistique a eu ces dernières années du pain sur la planche. 
Tribune de Joseph Nunes, responsable grands comptes transport et logistique de la division ToughBook de Panasonic Business

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[Avis d'expert] Digital, bien-être et environnement: les trois fers de lance de la logistique
Joseph Nunes, Responsable Grands Comptes Transport et Logistique de la division ToughBook de Panasonic Business

Dans le contexte actuel de crise sanitaire, le secteur de la logistique est plus essentiel que jamais : il assure l’approvisionnement des ménages et des entreprises et permet une continuité de la vie économique du pays. Il a du gagner en rapidité, en disponibilité et en fiabilité pour suivre les demandes exponentielles du e-commerce, en digitalisant notamment l’intégralité de sa chaîne d’approvisionnement. Il a du assurer aux salariés en entrepôt un meilleur confort des conditions de travail ainsi qu’une montée en gamme de leurs compétences. Mais le secteur a aussi du intégrer une meilleure responsabilité environnementale pour dessiner les contours d’une supply chain plus vertueuse : la Green Supply Chain.

La numérisation de la supply chain

Le secteur de la logistique opère depuis quelques années sa transformation digitale. En entrepôt, il y a déjà longtemps que la gestion papier en portfolio a tiré sa révérence. Des chariots élévateurs munis de terminaux numériques, aux lecteurs de code barre Bluetooth en passant par les solutions débarquables connectées, la technologie numérique est devenue monnaie courante. Il faut dire que le secteur devait nécessairement opérer une mue digitale pour répondre à la demande croissante du commerce en ligne. En 2019, le secteur du e-commerce enregistrait 407 millions de transactions pour un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros, selon une étude de la Fevad.

La digitalisation de la partie livraison n’est pas non plus en reste. Elle répond à des enjeux de fluidité, de fiabilité et de traçabilité dans une chaîne logistique qui se déroule de plus en plus en temps réel et où les vagues de vente s’envisagent désormais en "direct to consumer". Dans ce processus, le recueil des données et leur analyse jouent un rôle essentiel sur les derniers kilomètres. La data permet de limiter les erreurs de commande, de gérer les impondérables et éventuels accidents, et de connaître avec une précision accrue l’état des stocks. Sa circulation joue un rôle essentiel entre tous les acteurs de la chaîne : fournisseurs, transporteurs et clients.

Bien-être et compétences des salariés

Pour autant, la digitalisation du secteur logistique n’a pas eu que des vertus productives. Les solutions numériques implantées en entrepôt ont apporté un confort de travail supplémentaire aux salariés. Il faut dire que les outils ont gagnés en ergonomie. Les terminaux mobiles, par exemple, se portent désormais au bras ou à la ceinture, les rendant plus facilement manipulables. Les écrans ont, quant à eux, gagné en confort de lecture, devenant imperméables ou lisibles même avec une luminosité importante. Des lecteurs de codes barre à angle ont contribué à réduire les blessures aux poignets des manutentionnaires.

De manière générale, les outils numériques ont permis de réduire les TMS (trouble musculo-squelettiques). Pour rappel, en 2017, ces derniers étaient responsables de 87 % des maladies professionnelles en France.

De plus, ces nouveaux outils donnent l’opportunité aux salariés de monter en compétences en interagissant avec les systèmes numériques. Ils permettent aussi de porter une meilleure attention au travail rendu, en gommant les aspects organisationnels contraignants et inutiles. Le cas du voice picking ou "commande vocale" est, en ce sens, révélateur : la prise de produit via l’écoute au casque renforce l’efficacité du personnel.

Une logistique plus vertueuse

Enfin, le secteur logistique est passé à l’acte en matière de responsabilité sociétale et environnementale. Pour ses professionnels, elle passe avant tout par l’inscription d’une Green Supply Chain dans la stratégie d’entreprise, soit une démarche logistique plus durable, à toutes les étapes d’acheminements : du sourcing des matières premières, au recyclage des déchets, en passant par la réduction de l’empreinte carbone des livraisons.

Plus concrètement, la transition écologique passe par de multiples actions. A commencer par de nouvelles normes de motorisation moins consommatrices en carburant, tel que le gaz naturel, du côté des transporteurs ou bien par la réorganisation des circuits de collecte et de distribution moins émetteurs de CO2. Le transport fluvial fait aussi son grand retour dans les plateformes multimodales comme sur le nouveau port de Genneviliers via des bateaux entrepôts, ou bien le projet du Canal Seine Nord Europe. La data est également au service d’une meilleure gestion thermique et énergétique. D’autres initiatives voient le jour. L’accent est mis sur la végétalisation des entrepôts : création de jardins potagers ou de carré de vignes dont la culture bénéficie aux collaborateurs et clients.

A court terme, la numérisation des pratiques, le confort de travail et l’instauration d’une supply chain plus responsable sont les trois défis auxquels doivent répondre aujourd’hui les acteurs logistiques. Demain des outils comme l’IA, la blockchain, la livraison par drones ou bien par véhicule autonome feront progressivement leur entrée dans le secteur pour acheminer les entreprises vers davantage de rapidité d’exécution, vers des évolutions sociales majeures ainsi que vers une résilience environnementale décisive pour les années à venir.

Tribune de Joseph Nunes, responsable grands comptes transport et logistique de la division ToughBook de Panasonic Business

Les avis d'expert sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent pas la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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