Avions ravitailleurs : une décennie de compétition

La bataille entre EADS et Boeing pour le marché des ravitailleurs de l'armée américaine est une saga qui dure depuis 2002. Retour sur les étapes importantes de cette guerre commerciale.

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Avions ravitailleurs : une décennie de compétition

2002 Le Pentagone lance un appel d'offres pour l'achat de 100 avions ravitailleurs, un contrat de 28 milliards de dollars. EADS est autorisé à concourir, c'est la première fois qu'un groupe européen peut espérer devenir fournisseur de l'armée américaine. Mais la compétition est déséquilibrée: Boeing travaille sur le sujet depuis des mois, EADS n'a que deux semaines pour présenter une offre. Le consortium européen est écarté.

2003
John McCain, alors sénateur de l'Arizona, milite pour une plus grande transparence des contrats d'armement. Il met à jour une affaire de corruption, qui touche les dirigeants de Boeing et le service des aquisitions de l'US Air Force. Le PDG de Boeing, Phil Condit, démissionne.

2004 Suite à cette affaire, le Pentagone annule le contrat des avions ravitailleurs. L'armée US juge qu'il n'y a "pas de raison matérielle ou financière impérative" pour remplacer son équipement en place.

2005 Un nouvel appel d'offres est lancé. En jeu, la construction de 179 avions, pour un montant de 35 à 40 milliards de dollars. EADS s'associe à Northrop Grumman pour y participer, et prévoit de produire le futur avion aux Etats-Unis, en Alabama.

2008 A la surprise générale, EADS remporte l'appel d'offres. Boeing conteste cette décision, et porte l'affaire devant la cour des comptes américaine. Cette juridiction donne raison à Boeing: plusieurs erreurs discréditent l'évaluation des offres. Le contrat est à nouveau annulé.

2009
Barack Obama, fraîchement élu, promet que tout sera mis en oeuvre pour que les candidats au troisième appel d'offres bénéficient de conditions équitables. Mais EADS accuse le Pentagone de favoriser Boeing, et menace de retirer sa proposition.

2010 L'armée US publie les termes définitifs de l'appel d'offres. Northrop Grumman jette l'éponge, considérant que Boeing est favorisé et que le risque est trop grand. Le coût de la soumission d'une offre est évalué à une centaine de millions de dollars. Début Mars, EADS renonce à participer seul à la compétition.

Le premier avril, le Pentagone annonce un report de la date de clôture de l'appel d'offres, pour permettre à EADS de travailler à une nouvelle proposition. Le 21 avril, EADS revient dans la course, et dépose son offre le 8 juillet. Fin novembre, coup de théâtre : le Pentagone envoie par erreur l'évaluation technique du projet concurrent à EADS et Boeing. Les deux candidats jurent qu'ils n'ont pas lu les dossiers, mais cette erreur pourrait servir de justification pour un futur recours contre la décision finale.

2011 Le 16 février, EADS dépose une ultime offre, avec une réduction du prix. La décision finale doit être rendue publique le 24 février.

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