Avec Tech in Fab, digital et industrie main dans la main

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Lancée ce printemps, la plateforme digitale Tech in Fab de Bpifrance entend mettre en relation deux univers d’apparence éloignés : l’industrie et les technologies numériques.

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Avec Tech in Fab, digital et industrie main dans la main

Qui a dit que les geeks et les cols bleus n’avaient rien en commun ? Depuis le 1er avril dernier et le lancement du portail d’information et de mise en relation entre les start-up, les PME et ETI industrielles Tech In Fab par Bpifrance, l’usine et les technologies numériques n’ont jamais été aussi proches. Alors que la French Tech peut s’enorgueillir du statut de premier écosystème numérique de l’Union européenne, près de 10 % des 15 000 entreprises hexagonales du secteur sont des start-up dites « à vocation industrielle », et forment donc un terreau fertile à l’innovation. Un atout capital pour refaire de la France une grande nation manufacturière dans le monde de l'après crise sanitaire. À condition de rapprocher ces deux univers trop souvent éloignés comme l'explique Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance. « Alors que cette transformation numérique peut apparaître complexe pour les industriels, bon nombre de start-up ne disposent pas des clés pour pénétrer le biotope de l’industrie. » Pour y remédier, il fallait donc développer les passerelles et les opportunités de collaboration entre acteurs de l’industrie et de l’innovation digitale, afin que chacune des deux familles y gagne en compétitivité, en attractivité et en croissance. « Créer de la transversalité et inciter les acteurs à jouer collectif, c’est tout l’enjeu de la plateforme Tech in Fab », résume Nicolas Dufourcq.

Mutualiser les forces

En pratique, Tech In Fab se veut plus qu’un simple portail d’information et de mise en relation entre start-up et PME et ETI industrielles. Il est aussi un outil de référencement des acteurs de la Tech (qui maximisent ainsi leur visibilité), pouvant accompagner les industriels dans leur processus de modernisation. À cela s’ajoutent divers contenus : articles qui expliquent comment et pourquoi se moderniser, webinaires, vidéos pédagogiques ou agenda d’évènements qui mettent en avant les opportunités commerciales entre le digital et l’industrie. Mais l’idée principale de la plateforme est avant tout que les deux univers mutualisent leurs forces de façon concrète. En quelques mois, Tech in Fab a ainsi déjà attiré près de 35 000 visiteurs uniques pour une cinquantaine d'intermédiations réalisées. Soit autant d'opportunités de partenariats innovants et créateurs de valeurs entre structures des deux mondes.

Des exemples pionniers à suivre

Une fois en contact grâce à Tech In Fab, start-up innovantes et industriels parviendront-ils à parler le même langage ? La réponse semble être oui. À l'image d'exemples récents de collaborations entre jeunes pousses soutenues par Bpifrance et entreprises industrielles. Citons ici, la start-up de robotique logistique Balyo qui, dès 2012, a équipé de ses robots AGV innovants les entrepôts du géant de l’emballage métallique Massilly. Ou encore la jeune société dionysienne Tekyn (née en 2017) qui propose aux grands groupes du textile des services d'optimisation basées sur le numérique. Ses fondateurs se sont en effet lancés pour défi de mettre fin aux stocks d’invendus, principal ennemi des industriels de la filière, en plus d’être un non-sens écologique. Comment ? En rendant possible la production à la demande, via deux technologies. La première concerne la digitalisation du suivi de la production. « La Covid a exacerbé la question centrale des stocks dans le textile, qui revêt par ailleurs un enjeu environnemental très important, appuie Agnès Vernier, Chief Marketing Officer de la start-up. Le digital permet de se doter des moyens pour réajuster chaque semaine l’exacte quantité de vêtements à produire, en fonction de la demande réelle, et de réduire in fine les achats basés sur du prévisionnel, cause du surstock. » La seconde technologie proposée par Tekyn s’articule autour de machines de coupe connectées à une plateforme digitale. Cette dernière se charge ensuite de faire remonter en temps réel les données de production centralisées. « Dans la production de prêt-à-porter, les enseignes doivent jongler avec les fameux MOQ (minimum of quantity) à produire avec les ateliers. Grâce à notre technologie, nous sommes en mesure de réduire ces minimums à 25 pièces, alors que l’usage en vigueur leur imposait de produire 200 ou 300 exemplaires de tel pantalon ou telle robe. Nous permettons ainsi aujourd'hui à de nombreux industriels de rendre leur chaîne de production plus souple, et nous leur apportons une visibilité qu’ils n’avaient pas l’habitude d’avoir. » Un bel exemple de complémentarité possible entre le monde de l'industrie et de la French Tech. Aucun doute : avec Tech in Fab, les geeks et les cols bleus ont désormais un grand avenir en commun.

Contenu proposé par Bpifrance

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