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Avec son plan de raffinage, Total "espère" payer des impôts en France

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L’investissement de 600 millions d’euros sur deux raffineries françaises devrait permettre à Total de renouer avec des un chiffre d’affaires positif dans l’Hexagone. De quoi verser sa dîme à l’Etat.

Avec son plan de raffinage, Total espère payer des impôts en France © D.R.

Total va investir 600 millions d’euros dans ses deux raffineries déficitaires en France ; 200 millions d’euros à la Mède (Bouches-du-Rhône) pour la convertir en bio-raffinerie et 400 millions d’euros à Donges (Loire-Atlantique) pour l’équiper d’une unité de désulfuration. Le directeur général de Total, Patrick Pouyanné, a présenté jeudi 16 avril à quelques journalistes, les détails de ce plan industriel. "Globalement, notre résultat en France va s’améliorer... Et grâce à cela, Total pourra payer des impôts sur les sociétés", non sans ironie, lance-t-il. Une allusion aux reproches, souvent faits à Total, de payer peu d’impôts en France alors qu’il en verse beaucoup dans les pays où il produit du pétrole.

Patrick Pouyanné refuse une nouvelle épée de Damoclès

Avec ce plan de restructuration, le directeur général de Total, Patrick Pouyanné, estime avoir une vision de l’organisation de son outil raffinage en France, à horizon de 10 ans. Mais il refuse à se s’engager de nouveau dans un moratoire sur la fermeture de nouvelles raffineries comme en 2010. A cette date, Total avait fermé l’unité de Dunkerque et avait dû s’engager auprès de l’Etat à ne pas fermer de nouveau site avant cinq ans. "Ce moratoire a eu un effet psychologique négatif sur le personnel. C’était vécu comme une épée de Damoclès, et on ne peut pas vivre avec une épee de Damoclès au de dessus de nos têtes". Il ajoute : "L’énergie bouge tout le temps et le concept de moratoire est opposé à la réalité".  

Un point mort sous 20 euros la tonne

Derrière la boutade, se cache une véritable amélioration des résultats. Donges et La Mède enregistraient des déficits importants depuis plusieurs années. Leur rentabilité demande un point mort inférieur à 20 euros par tonne... Or la première sort la tonne à 25-30 euros, la seconde au-dessus de 40 euros par tonne. Ainsi, la raffinerie de Donges perd aujourd’hui 30 à 50 millions d’euros par an. Après l’investissement, elle devrait générer 50 millions d’euros par an. Quant à La Mède, ses pertes s’élèvent à 150 millions d’euros par an. Après sa reconversion, elles devraient passer à 20 millions d’euros par mois.

Le "rêve" de Margerie

Fort de ses résultats positifs, Total espère payer des impôts à l’avenir. L’ancien PDG de Total, Christophe de Margerie, décédé en octobre dernier, répétait à l’envie que "son rêve était de payer des impôts en France". Sa réalisation risque toutefois de demander un peu de temps. En effet, la mise en service de la bio-raffinerie de la Mède est prévue pour 2017 et celle des équipements de Donges attendra 2019.

Ludovic Dupin

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